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Le chien volant de Madame Connasse

Du soir au matin. Du matin au soir. Et même la nuit. Et le dimanche à 6h du mat quand, toi, tu as besoin de beaucoup de sommeil et que tu veux faire ta grasse mat’ peinard. Non, pas possible, cette  saloperie de clebs de la voisine du dessus, alias Madame Connasse, te poursuit avec ses aboiements continus et suraigus qui te vrillent les oreilles. Et ça fait plus d’un an que tu tiens sans rien dire.

Bon, tu te l’ai déjà emplafonnée Madame Connasse, à cause d’un putain de dégât des eaux que tu es parvenue à régler sans son aide vu qu’en plus d’être maniacodépressive, folle à lier, bonne pour l’asile, bulgare et avec une voix de chimpanzé qu’on égorge, elle est insolente, la connasse. Elle t’emmerde. Elle t’ouvre pas la porte, elle te laisse gueuler derrière comme une conne et quand tu la croise dans l’escalier, elle te dit avec sa voix de merde « mais non, mademoiselle, je ne vois pas de quoi vous parlez, je n’ai pas de dégât des eaux moi, ça ne vient pas de chez moi… » T’es au troisième, je suis au second, ça vient direct de ton couloir, tu te foutrais pas un peu de ma gueule CONNASSE???? Je lui ai presque dit ça, sans l’insulte, mais j’ai bien failli la gifler la grosse vache. Mais nous avons gardé notre sang-froid, et l’humidité à disparu comme par magie. Alléluia.

On en discutait hier soir avec des amis, c’est dingue comment les problèmes de voisinage, les bruits incessants (soirées, musique TOUS les soirs, hurlement, cassage d’objets, portes qui claquent, chien qui jappe) peuvent de faire totalement péter les plombs et t’amener à commettre toi-même des actes irréversibles et que tu n’aurais jamais fait en temps normal, dans ton état normal.

Je n’en suis pas encore là. Mais ce matin, au moment où je me rends compte que ce putain de clébard est en train d’aboyer non stop depuis une demi-heure (tu sais, ton cerveau fait barrière, et pis tout à coup, tu te rends compte à quel point ça t’es insupportable), et que la pensée de faire de ce chien un chien volant et de m’en débarrasser une fois pour toutes, elle descend le promener.

Ni une ni deux, j’ouvre la porte avec fracas et je lui dis : « Madame, j’en peux plus, ce chien aboie sans arrêt, tôt le matin, tard dans la nuit, toute la journée, faites quelque chose. »

Elle avec sa voix de merde (qui lui donne un air encore plus neuneu, mais faussement neuneu, car je suis sûre que c’est une perverse narcissique) :

« Mais que voulez-vous que je fasse »?

– Ben lui dire d’arrêter, je sais pas moi, ça s’éduque un chien. Surtout quand vous n’êtes pas là, il faut lui apprendre à ne pas aboyer. (La pute le laisse attachée au radiateur tout la journée aussi)

– Mais comment-voulez vous que je lui dise d’arrêter d’aboyer si je ne suis pas là?

AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!

– Ecoutez, il est tout mignon, tout gentil, mais ses aboiement sont très forts, faites quelque chose, je vais devenir folle (comme ça on sera potes à Saint-Anne connasse)

– Mais, je ne vais pas le piquer quand même parce qu’il vous dérange ?

La pute, elle me fait culpabiliser maintenant, en jouant sur la victimisation de la pauvre bête, comme elle se victimise quand tu oses lui demander d’arrêter de hurler et de pleurer pendant 8 heures les fenêtres ouvertes. Elle insinue que je suis une pauvre fille sans cœur qui rêve de voir son chien crever.

C’était pas faux avant que je regarde le chien pour de bon et que j’y fasse attention. C’est pas vraiment un roquet, il est tout blanc, assez grand et me regarde avec des yeux tristes car il sait qu’on parle de lui. Il ne dit plus rien, n’émet pas un son.

« Mais je lui dis d’arrêter d’aboyer (elle lui parle tout doucement à son chien, pas comme avec les humains, elle hurle cette psychopathe), il m’écoute souvent, mais je ne peux rien vous promettre. Et si ça vous gêne, je peux vous le donner et vous vous en occupez la journée… »

LA PUTE. Insolente je vous dis, elle retourne tout à l’envoyeur, saloperie de boomerang de merde.

« Je travaille la journée, connasse » (j’ai encore pas dit connasse, mais ça soulage à l’écrit).

Et là, à nouveau le chien qui me regarde avec ses yeux de chien battu.

Je lui redemande une dernière fois de faire un effort, la remercie d’avance (suis folle ou quoi, je l’ai vraiment remercié pour toutes les saloperies qu’on endure de sa part?), et claque la porte. Elle ne s’est jamais départie de son demi-sourire niais et pervers à la fois. Une connasse j’vous dis. On peut rien lui dire, elle s’arrange toujours pour avoir le dernier mot. Un croche patte dans l’escalier est si vite arrivé pourtant. Et comme ça, je garderai le chien.

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Eloge des voisins

J’avais dit dans un précédent post que je reviendrais sur les voisins, vaste sujet, et plus particulièrement sur mon litige avec la mienne, alias Madame Connasse, mais elle me saoule vraiment trop, rien que d’y penser j’ai envie de lui mettre mon poing dans la figure. Il est donc plus raisonnable que je traite le sujet de façon plus globale et beaucoup moins subjective.

Je viens de terminer la lecture du livre de Jean-Baptiste Gendarme sur ce sujet, Petit éloge des voisins (Folio 2€), offert par l’éditrice de cette même collection (la classe), que je salue au passage.

Au fil des pages de ce précieux petit bouquin, on revit les pathétiques fêtes des voisins, on se revoit partager bien malgré nous les conflits des autres au gré des portes qui claquent et des objets brisés, compatir (ou pas) aux aléas que réserve la vie à chacun (Madame Connasse nous a bien fait comprendre sa douleur et son désespoir à la perte d’un être cher en hurlant/sanglotant au téléphone à 7h du mat 3 week-ends de suite, et en pleurant bien fort la fenêtre ouverte), on se revoit aussi fantasmer sur le voisin/la voisine du dessus/dessous/d’à côté, mettre des petits mots lorsqu’on organise une soirée que l’on sait insupportable pour les voisins, même si l’on prend soin de les convier et eux de ne jamais s’y montrer…

En résumé, ce livre est un joli florilège de tous les mythes et légendes se rapportant aux voisins, en milieu urbain ou à la campagne (où l’on retrouve la dimension angoissante de l’absence de voisinage proche, et la menace du rôdeur).

Il donnerait même envie de mieux connaître nos voisins à nous, qui se dépêchent pourtant avec force bruits de clés de verrouiller leur porte dès qu’ils nous entendent fermer la nôtre et se précipitent dans l’escalier pour ne pas avoir à vous croiser ni vous saluer en partant au travail. L’inverse est valable également le soir quand ils rentrent chez eux et qu’ils se ruent dans leur appartement parce qu’ils vous ont entendu attaquer les premières marches.  Ah ces chers voisins!

Petit extrait d’un mot (imaginaire?) que vous pourriez trouver dans votre hall d’entrée :

« Avis,

A la personne qui jette ses « Marlboro light » par la fenêtre, de son balcon sur notre parasol… Je suppose qu’elle ne connaît pas la chanson de Gainsbourg : « Des p’tits trous, des p’tits trous », mais je veux bien lui apprendre celle qui lui ira si bien : « Requiem pour un con ». S’il vous plaît : si vous n’avez pas de cendrier, pour Noël, commandez-en un. »

Au fait, si vous aussi vous souhaitez partager vos histoires de voisins, n’hésitez pas, la thérapie de groupe via le blog, ça fait du bien…

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