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Un Américain à Paris

Bon, aujourd’hui, j’avais prévu de vous parler de la nuit des musées, avec notamment l’expo Madame Grès (la couturière) au musée Bourdelle et les superbes tutures de Ralph Lauren aux Arts décoratifs, mais une tartine de chèvre frais en aura décidé autrement.

Bref, si vous voulez en savoir plus sur mes déboires avec la tartine susmentionnée, postez un commentaire.

Tenant compte de ce contretemps, j’ai déclaré forfait et maté un excellent film de Christopher Nolan, Memento, avec Guy Pearce et Carrie-Anne Moss, sur un mec qui perd la mémoire immédiate après un accident et cherche à venger la mort criminelle de sa femme. Excellents acteurs, excellent scénar (un brin complexe) et mise en scène nerveuse et originale (ça commence par la fin), mais pas plus barrée que pour les autres films de Nolan (Inception, Le Prestige). Prix du Jury au festival de Deauville en 2000, tout de même.

Sinon, j’ai quand même profité de mon vendredi off pour faire un tour à la BNF Tolbiac pour la saisissante expo Richard Prince, American Prayer (en référence à un poème de Jim Morrison). En bonne fan de la culture populaire américaine (Harley, Hell’s Angels, V8 et grosses cylindrées) et de sa contre-culture des années 50 à 80 (Beat Generation, Woodstock, Janis Joplin, Jimi Hendrix), je ne pouvais qu’être enchantée par ce voyage dans le temps à la recherche d’une identité culturelle américaine.

L’artiste, New Yorkais depuis les années 70, est devenu la figure de proue de l’appropriation art, qui consiste à s’approprier un objet (photo, affiche, livre) en le détournant en en le désignant comme œuvre d’art (cf en France Marcel Duchamp). Il a commencé sa carrière aux archives de Time Life, en collectionnant et photographiant des magazines et journaux découpés. C’est à lui que l’on doit les photographies des pubs Marlboro recadrées sur le cow-boy, ou encore la reprise de la photo scandale de Brooke Shields nue à 10 ans, par Gary Gross, renommée Spirtual America.

Il collectionne également des livres et magazines populaires : comics érotiques et fantastiques, pulp-fictions, romans policiers, romans de gare pornographiques, et des perles originales de la contre-culture américaine, qu’il appelle « beathippiepunk », comme une vingtaine d’éditions du roman Lolita de Nabokov, des lettres, manuscrits, documents originaux, de la plume de Jack Kerouac, William Burroughs, Allen Ginsberg, Richard Brautigan, Chester Himes, Philip K. Dick ou Jim Thompson, l’auteur d’un enquête culte chez les Hell’s Angels ou du cultissime méga trip Las Vegas Parano, adapté à l’écran par Terry Gilliam avec Johnny Depp. On peut citer des étonnantes lettres de Jimi Hendrix à son père, dans lesquelles il dit qu’il n’a pas été payé pour son concert, mais qu’il a toujours sa guitare et que ça lui suffit pour continuer à vivre.

La correspondance (cartes postales, lettres, photos) entre Truman Capote et le condamné à mort Perry Smith pour le meurtre « de sang froid » d’une famille entière, et avec qui il avait eu de nombreux contacts pour écrire le roman éponyme hallucinant paru en 66 (à lire absolument si ce n’est pas déjà fait) est fascinante. Des documents aussi intrigants que dérangeants, qui donnent la sensation de regarder par le trou de la serrure…

L’artiste se réapproprie bon nombre de documents et de photographies et choisit d’exposer ses photos dédicacées par des actrices porno ou célèbres comme Pamela Anderson ou Demi Moore (jeune et méconnaissable). Il collectionne également les photos de bikeuses dénudées au brushing savamment exécuté, alanguies sur leurs Harleys, telles des icônes de la culture populaire américaine (effet comique garanti). On ne parvient pas toujours à distinguer l’origine des clichés,(est-ce l’artiste qui les a réalisées?), les légendes de l’expo étant parfois trop parcimonieuses.

On se régale cependant devant un grand cliché pris à Woodstock, le seul qu’il ait pu réaliser faute de pellicule de rechange. Il avait 19 ans, pensait trouver une pelloche sur le chemin, venir et repartir, « come and go« , mais comme il l’explique, il était impossible d’aller « jeter un œil », avec 20 km de bouchon pour entrer sur le site, et pour ressortir, la même chose. Il s’est donc débarrassé de ce cliché réalisé à la volée, où l’on voit au premier plan des jeunes hippies assis serrés les uns contre les autres, et en arrière plan, les collines noires de monde, un paysage humain incroyable, inimaginable à moins d’y être.

En bonus, la BNF a donné carte blanche à l’artiste pour choisir une quarantaine de livres pornographiques des années 70 issus du Dépôt légal, et d’en modifier la couverture (plastifiée) d’une richesse graphique étonnante. Bonne surprise, en fin d’expo, tous les livres de l’artiste sont en consultation sur des I-Pad, super pratique et très chic.

Je vous parlais dans mon dernier post de la photographe Canadienne Diana Throneycroft qui détournait les clichés sur l’identité nationale canadienne et mettait en avant la violence des images dans la société de consommation actuelle. Richard Prince travaille sur l’Amérique des profondeurs et les mythes américains pour ce qu’ils sont : des images d’images d’une société d’abondance. En cela, il fait partie du groupe informel de The Pictures Generation (comme la photographe Cindy Sherman), qui propose au public de réfléchir sur les images des codes et des valeurs dont il n’est pas dupe, mais par lesquelles il aime se laisser séduire.

Richard Prince tourne en dérision cette culture de masse, bien qu’il soit aujourd’hui un des artistes les plus chers au monde (sa série de peintures « Nurses » s’arrache à des sommets). La dualité de son identité artistique, qui combine rejet de la société de consommation et œuvre ultra bankable, célébrée par une élite aussi vaine que le star-system qu’il détourne, correspond bien au paradoxe du mythe américain dont il s’inspire : sex, drogues et rock’n’roll, argent, célébrité, scandale. Obsession du paraître mais aussi et surtout, quête de liberté. Born to be wild, yeah.

Et sinon, pour finir ce post interminable (j’ai fait plein de trucs ce week-end, même avec un doigt bien entaillé), un petit mot tout de même sur le dernier Woody Allen, Midnight in Paris.


Allez-y, c’est vraiment pas mal. On est un peu dubitatif au début, c’est du Woody-déjà-vu, genre un couple qui passe une semaine à Paris avant son mariage, avec les beaux-parents ricains, pétés de fric, et Tea partistes. Le fiancé (Owen Wilson, de mieux en mieux comme je le disais il y a peu, et très à l’aise dans le rôle du scénariste d’Hollywood, aspirant écrivain, et toujours aussi désarmant en looser un peu paumé) veut s’installer à Paris pour vivre de sa plume et trouver l’inspiration dans la vie de bohème.  Sa compagne (Rachel McAdams, beaucoup moins exaspérante que dans Morning Glory où elle est tout simplement insupportable), encouragée par ses parents, ne veut pas renoncer à son petit confort.

L’intrigue est posée, et sans jouer au spoiler, on sait bien que ça va péter. Alors oui, le Paris de Woody est tout lisse, tout plein de réverbères allumés (même où toi Parisien tu sais que Paris est crade et que les réverbères ça court pas les rues), les distances y sont super réduites ou alors c’est qu’ils marchent super vite chez Woody (on passe d’un plan de Montmartre aux bords de Seine en deux minutes et demi). Non, la prestation de Carla n’est pas indispensable et elle reste d’ailleurs anecdotique. Oui, ça fait plaisir quand toi Parisien, tu reconnais des endroits que les autres ne reconnaitront pas (le Musée des arts forains, les Puces de Saint-Ouen, le restaurant Polidor qui existe vraiment mais que tu sais qu’il est pas là où Woody le filme et que c’est un fake, l’UGC Danton à Odéon devant lequel tu passes tous les jours – hey, c’est pas moi là avec mon parapluie rouge?). Oui, c’est un peu le Paris de carte postale, tout propre et tout chic, mais c’est le Paris que veulent voir les Ricains tout propres et tout chics (antiquaires hors de prix, taxis à tout bout de champ, dégustation de vin sur la terrasse d’un hôtel avec vue sur la tour Eiffel).

Et du coup, le reste du film est un enchantement, quand à minuit à l’issue d’une de ses promenades nocturnes (après la famueuse dégustation), Owen aviné est invité à monter dans une Peugeot des années 20. La citrouille se transforme en carrosse (ou en DeLorean sans Marty McFly). On rencontre alors avec lui tout le Paris des Années folles (Francis Scott Fitzgerald, Zelda Fitzgerald, Picasso, Luis Bunuel, Man Ray, Gertrude Stein, Ernest Hemingway (mention spéciale à l’acteur qui l’incarne, un bien joli brun ténébreux nommé Corey Stoll). Il faut l’avouer, le casting assure (Michael Sheen, Kathy Bates, Marion Cotillard, pas mal, Adrian Brody, jouissif en Salvador Dali).

Bref, un très bon moment de cinéma, une étonnante incursion de Woody Allen dans la SF, et un joli voyage à la découverte de la vie intellectuelle et culturelle parisienne, de la Belle Époque aux Années Folles.

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Classé dans In-Folio, On se fait une toile?, Une nuit au musée (ou à la galerie), Va voir là-bas si j'y suis!

Vous reprendrez bien un peu de QI?

Voilà seulement que je trouve le temps pour vous glisser un petit blabla depuis mon post palpitant sur ma robe rose. Toutes mes confuses, mais

1/depuis deux semaines je ne vois plus le jour, je suis dans ma cave à envoyer une tonne de bouquins en service de presse, à défaire les cartons, mettre les livres dans des enveloppes, et ensuite dépiauter et jeter les cartons. Palpitant. Ben oui, pas de bras, pas de chocolat, pas de stagiaire, pas de répit.

2/je fais aussi mon métier, et je dois répondre à plein de sollicitations de journalistes et j’ai d’ailleurs obtenu plein d’articles cette semaine et je suis super fière.

3/ je dois aussi honorer l’autre partie de mon contrat de travail, c’est à dire à me rendre à tous les cocktails où je suis invitée, comme dernièrement à l’Orangerie place de la Concorde. En clair, se mettre une grosse mine au champagne en faisant semblant d’admirer les Nymphéas de Monet et les Renoir. Semblant, j’exagère, j’aurais vachement voulu voir les autres salles, mais l’accès y était interdit avec la coupette. Boire ou s’instruire, il faut choisir. Autant vous dire que le choix ne fut pas très cornélien…

Un métier tout en contraste, avec ses trucs plus ou moins chouette à faire, ses coups de rush et de mou. Là c’est un rush donc. Même pas le temps d’éplucher l’actu ni de voir la fausse photo photoshopée du cadavre de Ben Laden qui soit-disant circule partout, mais que j’ai toujours pas trouvée.

J’ai quand même le temps de me bidonner un peu quand une acolyte d’une autre maison d’édition (où ça bosse tout aussi dur) m’envoie ça :

Trêve de plaisanterie, pour oublier toute cette actualité qui donne bien mal à la tête et à l’érection (voir numéro ci-dessus), précipitez-vous en salle pour voir :

1/Source Code, avec un Jake Gyllenhaal de plus en plus beau, film simple mais efficace qui vous rappellera (en plus dramatique) le fameux « jour de la marmotte » du mythique Un jour sans fin avec l’énormissime Bill Murray ou encore l’addictive série Code Quantum avec Scott Bakula qui fait une apparition en « voix du papa du héros » (vous vous souvenez de son pote avec le gros cigare qui tabulait sur une calculette bioionique et qui causait à Ziggy?).

2/ Bon à Tirer, parce qu’un film ça peut aussi servir à se vider la tête, et que celui là l’emporte haut la main. On se bidonne, on réfléchit un peu à son propre couple, on sort rassuré et content, mission accomplie. C’est moins drôle que Mary à tout prix, avec quelques longueurs et des gags en trop sortis du tiroir des frères Farrelly (genre il faut absolument caser le personnage de l’ado attardé psychopathe), mais Owen Wilson est à son meilleur et ça suffit à nous faire passer un chouette moment.

3/ Animal Kingdom, parce que ce premier film d’un réalisateur australien, David Michôd , est une tuerie (au propre comme au figuré), un grosse claque sur la sauvagerie de la nature humaine. Pas drôle donc, mais fort. En plus y’a plein d’acteurs que tu connais mais tu sais plus d’où (« ah ouais, il a joué dans quoi déjà lui? ») et que tu revois avec plaisir (Guy Pearce, Ben Mendelsohn…)

Et sinon, dans le Elle de cette semaine (oui, je confirme je le lis encore), un article passionnant : « Psycho Kilos, quand les gens intelligents n’arrivent pas à maigrir »…

Notez la fulgurance de cette affirmation et le réel questionnement qu’elle soulève : faut-il arrêter de réfléchir pour maigrir? Maigrir rend-il plus con? Grossir rend-il intelligent ?

La France compte de plus en plus d’obèses, mais toujours autant de cons, Marine Le Pen a perdu 10 kilos et raconte toujours autant de salades.

Je suis blonde et j’ai un peu maigri, mon QI a-t-il fondu comme neige au soleil ? Y-a-t-il une corrélation entre couleur de cheveux, poids et QI? Sharon Stone est super intelligente, bonde, et mince, s’est-elle échappée de la zone 51/Roswell?

Que faut-il en conclure? Autant de questions sans réponses. Heureusement, on peut lire dans cet article rassurant : « La  bonne nouvelle, c’est qu’il est possible néanmoins de gérer son poids quel que soit son QI. »

Une chose est sûre, Dukan a dû faire fait fureur auprès de cette journaliste. Là c’est encore marrant, mais ça l’est moins quand il est encensé par nos politiques… Attendons-nous donc au pire pour 2012… Vous reprendrez bien un peu de poulet?

2 Commentaires

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