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Mon beau sapin…

J’avais promis un post sur les vitrines des Galeries Lafayette, après celles du Printemps. Et comme je fais toujours ce que je dis (si si), le voilà.

J’y suis passée hier soir avec une amie en session shopping de Noël super à la bourre. Le grand magasin (Printemps, Galeries Lafayette, Le Bon Marché, le BHV ou encore feue La Samaritaine), temple de la consommation à la française, est très apprécié pour son concept « tout en un » hyper pratique,  qui fait que l’on n’a pas besoin de courir dans 23 magasins pour trouver le bon cadeau pour la bonne personne (papa, maman, neuveu, cousin, tatie, papy…).

Mais ce confort à un prix. Oui madame. Pas moins de 16 € la bougie parfumée de 3 cm², 13€ pour un minuscule tube de crème pour les mains ou 15€ ces 6 minis chocolats en forme de dés à jouer (suggestions présentées au dernier étage du magasin, rayon idées cadeaux, ou plutôt attrape-con et pété de thunes, ou alors faut vraiment fouiller, ce qu’a fait mon amie hier soir, n’étant pas Rostchild, comme on dit chez nous). Ça me déprime. Je suis passée devant le corner Bulgari, pas moins de 2000 € la bague. Mais qui sont donc toutes ces connasses avec leurs sacs estampillés Chanel ou Vuitton? J’arrête, je sens poindre en moi un début de sentiment d’envie, vilain péché en ces temps de divines festivités.

Mais venons en au fait :  les vitrines des Galeries Lafayette cette année sont très très moches, version bar à putes des années Palace :

Consolons-nous : le truc le plus sympa dans ce Disneyland pour riches restera toujours le superbe sapin qui s’élève sous la coupole, un ravissement pour les yeux chaque année plus beau que l’année d’avant. Ça au moins, c’est gratuit. Joyeux Noël Félix.

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Classé dans ça m'énerve!, On devrait s'en foutre!, Va voir là-bas si j'y suis!

Diamonds are a girl’s best friend

L’exposition Bulgari au Grand Palais est un bonheur pour les mirettes en cette veille de Noël où l’on peut rêver des objets les plus fous sans trop culpabiliser. Évidemment, je ne vais pas vous conseiller ces bijoux-là comme idée cadeau, c’est un peu chérot quand même…

Il faut un peu se bousculer devant les vitrines pour apercevoir les pièces : quelle bonne idée de faire cette expo un dimanche à 16h. Entre ceux qui veulent prendre des photos (je ne leur jette pas la pierre Pierre, j’en étais) et les vieux (pardon, les personnes âgées) qui prennent racine en écoutant leur audioguide, ça bouchonne un peu. Et comme je déteste attendre, je fais chaque salle à l’envers, et tant pis pour les psychorigides que ça gêne.

« 125 ans de magnificence italienne », ça mérite bien la nef du Grand Palais, et la scénographie est plutôt réussie. J’ai pris quelques photos avec mon téléphone, mais qui ne rendent pas très bien tellement le scintillement des pierres est fort. Petit aperçu.

Pour commencer, le visiteur est accueilli par un décor tout droit sorti de Superman ou du Seigneur des anneaux, des roches noires polies, taillées comme des énormes pierres à facettes, et qui font aussi un peu penser à une gigantesque toile d’araignée. En achetant le fascicule 3 euros (le seul truc que je pouvais m’acheter ah ah), on a une vue d’ensemble de la chose, une photo prise du dessus, et le tout forme une sorte de broche en forme de fleur, pour filer la métaphore…

L’exposition de Paris est plus riche que celle proposée à Rome l’année passée, et une centaine de pièces sur les 600 présentés n’ont jamais été montrées au grand public.  Les bijoux sont regroupés en huit grandes thématiques chronologiques, qui révèlent les influences du créateur et les grandes tendances d’une époque.

Tous les grands de ce monde (qui peuvent donc se payer ou se voir offrir de tels bijoux) ont mis la main à la pâte : les Grimaldi (prêt d’un collier de Grace de Monaco), Mouna Ayoub, Alain Delon, Elizabeth Taylor et sa somptueuse collection personnelle (les bijoux ont sur elle un effet thérapeutique certain, et ses maris comme Richard Burton ou Eddie Fisher l’avaient compris). On peut aussi admirer la collection de l’actrice italienne Anna Magnani ou des bijoux portés par Sophia Loren, Ingrid Bergman ou Gina Lollobrigida.

La scénographie fait ainsi la part belle au bijou Bulgari au cinéma : des extraits des films et publicités mettant en scène des égéries portant les bijoux sont projetés un peu partout dans l’exposition (Casino, avec Sharone Stone par exemple).

Pour la petite histoire, le fondateur de la maison est un orfèvre grec, Sotorio Bulgari, installé à Rome en 1884, qui commence par travailler l’argent dans sa boutique tout en y proposant un choix d’antiquités. Il fabrique des ceintures, des broches et des bracelets d’inspiration byzantine.

Durant les années 20 à 40, il se modernise et suit la tendance parisienne en créant des pièces très art déco, et notamment des bijoux transformables à clips en vogue à l’époque. Vient la douceur de la Dolce Vita des années 50 et 60, avec des parures extraordinaires comme celle en émeraudes et diamants portée par Elizabeth Taylor,

et surtout ce qui va devenir la patte de la maison, des pierres de grande valeur taillés en cabochon (polies et non facettées).

C’est aussi l’époque des « tremblants », ces broches en platine à thème floral et aux diamants multicolores, dont certaines parties sont montées sur des ressorts en or, afin de faire bouger le bijou à chaque mouvement et le faire briller davantage. Les diamants naturellement colorés sont appelés « fancy ».

Bulgari révolutionne également l’utilisation de la couleur et des matières dans la conception de ses bijoux, en suivant l’essor du design italien de la période, avec l’emploi de toutes sortes de pierres, indépendamment de leur valeur, et en les assemblant de manière inédite.

La marque n’échappe pas à la créativité débordante et très « pop art » des années 70, avec des bracelets, boucles et bagues à l’effigie du drapeau américain (Warhol était un fan).

La maison Bulgari, c’est un style très particulier, une audace en joaillerie jamais égalée, avec ses créations emblématiques :

Le bague « Trombino », modèle crée par le premier bijoutier de la lignée pour sa femme :

La montre-bracelet Serpent :

Les colliers, bracelets et bagues « Tubogas » (métal travaillé en spirotube, inspiré d’anciens tuyaux de gaz, inventé dans les années 40 et utilisé par Bulgari dans les années 70), avec ou sans incrustation de pièces de monnaie anciennes :

La collection Parentesi, inspirée de la découpe des tiroirs romains et première ligne modulaire de haute joaillerie, créée dans les années 80 (et partout copiée depuis):

L’exposition se clôt sur une vitrine époustouflante, le clou du spectacle, qui regroupe les plus beaux colliers de la maison, dont ce superbe collier « bavoir »… Le mot est tout a fait approprié, j’en bave encore d’envie…

En somme, une exposition à parcourir pour se rêver star de cinéma, pour s’extasier devant des pierres uniques et renversantes, exceptionnelles, inestimables, comme le cabochon « Grand Kathé », un saphir birman de 321,27 carats monté sur un simple cordon de soie :

Je viens de lire que lors de l’inauguration de l’exposition, un mari amoureux a profité d’une vitrine de l’exposition pour dévoiler à l’élue de son cœur le bijou qu’il venait de lui acheter… Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel, peux-tu aller faire un tour au Grand Palais? Dis? S’il te plaît…

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Il neige sur la coupole…

Je suis une vraie VIP de l’édition. J’ai été invitée  à la séance publique annuelle de l’Académie Française. Im-pres-sion-nant! Un lieu mythique sis 25 quai de Conti, dont la coupole ultra classique, sobre, donc superbe, nous domine pendant toute la séance.

Les 40 membres sont annoncés et accueillis par les tambours de la Garde Républicaine. Moyenne d’âge : 80 ans. C’est parti pour une cérémonie de deux heures, avec le Discours sur les prix littéraires, par Mme Florence Delay, « Directeur en exercice », une sorte de speakerine qui a presque la même voix que belle-maman et qui passe en revue les 72 (!) prix décernés en un peu plus d’une heure. Puis c’est au tour de Mme Hélène Carrère-d’Encausse, Secrétaire perpétuel (un rocher indétrônable) qui nous raconte l’histoire de l’Académie depuis sa fondation en 1635. Pendant une bonne demi-heure. Il est 16h30, l’heure de ma baisse de forme habituelle, et je vous avoue qu’il m’est difficile de lutter. Je m’assoupis donc quelques minutes et me réveille à temps pour écouter le traditionnel et interminable « Discours sur le Vertu » par M. Jean-Luc Marion. Discours aux accents philosophiques prononcés auquel je n’ai strictement rien compris (une idée peut-être, comme ça, au vol), mais qui sera bientôt disponible sur le site de l’Académie.

Inutile de préciser qu’en cas d’assoupissement, la discrétion est de mise, et que toute quinte de toux est proscrite. Vu : une dame âgée est prise d’une toux qu’elle ne parvient pas à arrêter pendant ce fameux dernier discours. Sa voisine, qui ne semble pourtant pas la connaître, exaspérée, lui tend des pastilles pour la gorge…

Et puis c’est la cohue, les beaux vestons et les robes de soirée se bousculent, les cannes et béquilles aussi, vite il faut faire la queue pour saluer Madame le Secrétaire perpétuel, puis jouer des coudes pour obtenir la précieuse coupette de champagne, s’enfiler un maximum de petit fours et taper la discute avec les p’tites filles de la Légion d’Honneur…

Après 10 minutes passées dans cette atmosphère étouffante et embaumant la naphtaline, je retourne à mon bureau sous la neige. Ah! la neige à Paris! Un émerveillement qui revient chaque année, qui fait retomber tout bon Parisien à l’âge des batailles de boules de neige l’espace d’un instant. Bien sûr, le Parisien reprendra ensuite le cours imperturbable de sa vie parisienne.

Un livre que je viens de découvrir parle justement de l’effet produit par l’enchantement de la première neige sur le Parisien.

Ça s’appelle Dessine-moi un Parisien, c’est de Olivier Magny, et c’est chez 10/18.

Ce jeune Parisien, qui a fondé sa société de dégustation de vins aux Etats-Unis, Ô Chateau, a pris la plume pour décrire, en anglais, le mode de vie si particulier du Parisien sur son blog Stuff Parisians Like. Ce fut un carton, et on lui a proposé d’en faire un livre.

En une succession de chapitres tous plus drôles les uns que les autres (porter du noir, les sushis, le café gourmand, les plaques d’immatriculation, les tomates cerises, les Chinois, les expos, la barbe de trois jours, les p’tits week-end, les serveurs…), il décrit à merveille les comportements caractéristiques du Parisien, amusants, séduisants ou simplement très horripilants. Mais tellement vrais, pour la grande majorité des exemples donnés.

On se surprend à fouiller dans sa mémoire pour retrouver le moment où on a traité une connaissance de « beauf » ou de « gros beauf », employé le mot « putain » (très fréquent celui-là), commandé une « San Pé », ou regardé de travers un mec en chaussettes blanches et chemise à manches courtes. Et on réalise enfin pourquoi le reste de la France méprise le Parisien, comme le Parisien méprise le reste du monde, à part le New-yorkais bien entendu, son cousin germain (et non germano-pratin faut pas pousser).

Florilège : « A la seconde où il commence à neiger, le Parisien (souvent le plus oisif) observe : « Oh, il neige! », ce qu’il confirmera vite d’un « Regardez, il neige. » Les autres Parisiens s’exécutent : en effet, il neige. S’ensuivent alors des échanges pénétrants où scintillent des « J’adore la neige » ou des « C’est trop beau ». La profondeur n’est pas la moindre qualité du Parisien. »

Le Parisien ne manquera pas de se reconnaître dans le contenu de ce beau petit objet, et pour une fois, ne fera preuve d’aucune mauvaise foi à sa lecture. Il pourra même s’enthousiasmer pour ce qui constitue le cadeau de Noël parfait que tout Parisien se doit d’avoir lu et se doit d’offrir (si, si, c’est le it-book de l’année!), sous peine de passer pour un « gros beauf ». 100% mauvais esprit, mais terriblement jouissif!

Un conseil : Assurez-vous d’être vous-même parisien avant d’offrir ce livre à un Parisien. Celui-ci peut faire preuve d’auto-dérision, mais seulement avec celui qui partage les mêmes valeurs que lui.

Parlez parisien : « Hyper-sympa ce p’tit bouquin! »

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Classé dans ça s'est passé (ou pas)..., Culture/Déconfiture, In-Folio, Va voir là-bas si j'y suis!

Un Printemps à Noël

Je reviens d’une petite promenade shoppesque près des Galeries Lafayette. Je dis près car les vitrines de Noël du magasin Printemps m’ont attirée en premier dans leurs tentacules lumineuses et scintillantes. Promis, je reviendrai pour les vitrines des Galeries.

Le Printemps a choisi de consacrer deux vitrines aux petits et grands enfants, avec de belles farandoles de marionnettes dansant le french cancan ou préparant un buffet sur fond de musique classique. Très réussi.

Les trois autres vitrines débordent d’une profusion de glitter et de paillettes, de plumes de paon et de manteaux en fourrure (y compris pour les mannequins-chiens), de robes en lamé-or, de coiffes complètement folles, d’animaux empaillés (pas les chiens je vous rassure, quoique pour certains on les préfère empaillés – cf voisine du dessus…) et de vaisselle hors de prix.

Tous les produits présentés sont superbes, et m’ont fait rêver l’espace d’un instant (j’adore la robe en lamé!), mais par ces temps difficiles (pour les classes populaires et moyennes s’entend), cette débauche de luxe jetée à la face des passants a fini par me faire penser à un gros gâteau aux multiples couches de crème chantilly et de génoise, et qui finit pas donner la nausée…

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