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Made in US

Pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, ma prochaine grosse destination, c’est la Grosse Pomme, les States, les Stasunis quoi.
J’en rêve depuis toute petite, bercés que nous étions mon frère et moi par toutes les séries américaines plus ou moins inspirées, mais qui comprenaient toujours le trio chasseur de prime/grosses cylindrées/belles pépées.  Les plus mythiques et addictives, dans le désordre : Magnum, L’homme qui tombe à pic, l’Agence Tous risques, Riptide, Shérif fait moi peur, L’homme qui valait Trois milliards, Starsky et Hutch (incontournable), Drôles de dames, L’Amour du risque, Chips (ah, ce générique avec gros plans sur les bottes, les lunettes, et la main gantée qui caresse l’accélérateur, quand on y réfléchit bien, l’esthétique de cette série faisait grave gay friendly, finalement Poncherello préférait-il les hommes?…), Wonder woman, Supercopter, MacGyver et sa nuque longue (mon frère avait la même coupe de veuch, pardon Ben), et j’en passe (n’hésitez pas à me dire si j’en oublie).

Je dois avouer une chose, elles ont très mal vieilli ces séries. Elles étaient déjà pas toutes neuves au milieu des années 80, l’âge d’or de la 5, la fameuse chaîne, succursale de toutes ces productions américaines réalisées à la chaîne.

Mais les regarder aujourd’hui, en VF de surcroît (moi qui aujourd’hui ne tolère plus le moindre film ou la moindre série doublés, non ce n’est pas du snobisme, c’est juste que c’est toujours très mal fait et INSUPPORTABLE), avec la pellicule usée jusqu’à la corde, le grain de l’image incertain, les couleurs surannées, c’est difficile. J’aurais jamais cru que ça m’arriverait un jour d’être blasée, tellement j’étais addict à ces séries, à la télé, au Club Dorothée en particulier. La pire chose que mes parents pouvaient nous faire, c’était nous punir en nous privant de télé. L’horreur absolue. Vous savez que je peux vous chanter TOUS les génériques et les mélodies de ces séries? (je vous prends au blind test quand vous voulez).

Aujourd’hui, je n’ai pas la télé. Comme quoi, parents, pas de panique, tout change. Ne forcez jamais votre gamin à manger un truc qu’il ne veut pas goûter, vous verrez plus tard, il enchaînera régime sur régime (qui a dit « ça sent le vécu »?). Ou même pire, il sera gros et petit parce que vous l’avez forcé à manger une soupe de légumes et qu’aujourd’hui il déteste ça même s’il devrait en abuser…

Mais je m’égare. Tout ça pour dire que je tends l’oreille dès que l’on parle des Etats-Unis, en particulier de NYC et que je collecte précieusement tous les articles à ce sujet (tendances, nouveaux lieux branchés) en prévision de mon voyage au printemps prochain (dans l’idéal).

Et donc, je suis tombée en admiration devant l’oeuvre de ce photographe de génie, Stephen Wilkes, exposé bien sûr dans une galerie new-yorkaise, Clampart, spécialisé dans l’art moderne et la photographie, et située dans le très branché et très bobo quartier de Chelsea.

Stephen Wilkes, donc, a produit de nombreuses séries toutes fascinantes, mais celle que je préfère est sa série sur New York, avec ses emblèmes que sont Times Square, le Flat Iron, Central Park, Park Avenue… La particularité de ces photos, c’est qu’elles sont en fait constituées d’une multitude de photos, prises du même angle, mais à différentes heures de la journée et de la nuit. Elles parviennent à donner une idée très précise de la ville en mouvement, de son dynamisme et son énergie. Les scènes de rue se mêlent à des paysages urbains grandioses, presque sauvages parfois.  Absolument fascinant.

Petit échantillon, et le reste de son oeuvre est à contempler :

A noter également, une angoissante série de photos aux couleurs étonnantes, sur le complexe hospitalier psychiatrique d’Ellis Island, à l’abandon depuis une cinquantaine d’années, et qui pourrait être le décor parfait pour un film d’épouvante (cf mon précédent article sur le sujet).

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Classé dans La Perle du net, On se fait une toile?, Une nuit au musée (ou à la galerie)

Une blonde à New York

Non, rassurez-vous, je ne pars pas dans l’immédiat visiter la Grosse Pomme. Il me faudra encore patienter un peu.

Mais j’ai pu calmer mes ardeurs baladeuses avec l’exposition présentée en ce moment à la Maison des Etats-Unis, jusqu’au 7 octobre prochain (au 3 rue Cassette dans le 6ème à Paris), et qui réunit les plus beaux clichés de Marilyn Monroe, pris lors de son séjour à New York en 1955.

On sait que Marilyn Monroe fut en son temps la reine des studios hollywoodiens, de ses premiers rôles de blonde légère et court vêtue au début des années 50 à ses derniers rôles de blonde un peu moins légère et très désespérée une décennie plus tard.

Consciente de gâcher son formidable talent d’actrice pour répondre aux exigences de producteurs toujours plus gourmands qui ne voient en elle qu’une blonde à forte poitrine, elle décide de quitter Hollywood en 1955 pour rallier la côte Est et sa ville phare, New York.

New York, ville refuge de tous les grands intellectuels de l’époque, et berceau de l’Actors Studio de Lee Strasberg, dont elle suit assidûment tous les cours et se fond dans la masse des anonymes, méconnaissable, affublée d’une perruque brune et de lunettes noires.

Cette ville joue un rôle particulier dans la vie et la carrière de l’actrice, puisque c’est à New York qu’elle se lie avec le dramaturge Arthur Miller dont elle deviendra la femme un an plus tard, et qu’elle crée sa maison de production, Marilyn Monroe Productions.

C’est aussi à New York et cette même année qu’elle tourne la scène qui la fera entrer dans la légende, dans le film Sept ans de réflexion de Billy Wilder, lorsque sa robe blanche se soulève en corolle au dessus d’une grille de métro, provoquant une telle émeute que la séquence dut être recréée en studio.

C’est à l’été 1955 que le rédacteur du magazine féminin Redbook, Robert Stein, recrute le reporter Ed Feingersh pour suivre Marilyn dans Manhattan pendant une semaine. Il veut en effet donner une image plus moderne de sa revue, et veut présenter l’actrice comme elle souhaite exactement être perçue : une femme posée, à l’image maîtrisée, dans l’air du temps et qui travaille pour gagner sa vie.

Ed Feingersh, de l’agence Pix, est un reporter baroudeur complètement à l’opposé du glamour hollywoodien, beaucoup plus proche de l’univers de la rue (il photographie régulièrement camionneurs et trafiquants de drogue). C’est ce regard décalé et novice qui fit de ces portraits les clichés les plus sensibles jamais réalisés de la star.

Ironie de l’histoire, Ed Feingersh est mort en 1961, à 35 ans, un an avant Monroe, ayant perdu tout goût pour la photographie.

C’est l’archiviste Michael Ochs qui retrouva par miracle au milieu des années 80 ces clichés dans un entrepôt de Brooklyn. L’agence Pix ayant fait faillite au début des années 60, ses archives furent dispersées et le reste stocké.

Sans ces images lumineuses, l’œuvre de Feingersh ne serait jamais passée à la postérité et nous n’aurions jamais vu cette Marilyn rêveuse, mélancolique, espiègle, changeant d’expression en une fraction de seconde, luttant pour contenir la détresse qui la rongeait de l’intérieur.

C’est aussi un reportage sur le Manhattan des mid-fifties, sur ses lieux populaires (les bars furent choisis par le photographe), où Marilyn semble aussi à l’aise que si elle les fréquentait depuis des années, elle qui descendit pour la première fois dans le métro pour les besoins de ces clichés.

Marilyn glamour contemplant la ville du haut du balcon de son hôtel, Marilyn achetant son journal, Marilyn et son meilleur ami, le parfum Chanel n°5 (la photo fut ensuite utilisée par la marque), Marilyn perdue dans l’immensité de la ville, Marilyn anonyme lorsque le photographe choisi étrangement de cadrer son corps sculptural, sans tête.

C’est un beau voyage dans le quotidien solitaire d’une star que nous sommes invités à contempler ici.

Pour en savoir davantage sur cette longue semaine de prises de vue, et ce qui a lié ces deux personnages au destin tragique, vous pourrez aussi parcourir le livre d’Adrien Gombeaud, Une blonde à Manhattan (Le serpent à plumes, 19 €)


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Classé dans On se fait une toile?, Une nuit au musée (ou à la galerie), Va voir là-bas si j'y suis!