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Un grand week-end tout seuls à Venise

Comment passer un séjour peinard à Venise, sans les nuées de touristes chinois (eh oui, ils sont maintenant beaucoup plus nombreux que Japonais et ont la désagréable habitude de cracher partout, y compris à vos pieds sur la Place Saint-Marc)? Y aller hors-saison. Quelle brillante idée me direz-vous. Oui, ben on en prend pleinement conscience que lorsqu’on en fait l’expérience.

Le seul hic, c’est lorsque la France est en panique parce qu’il neige en décembre comme tous les ans depuis pas mal de temps déjà, que les avions ne peuvent pas décoller/se poser et que c’est la merde, en somme.

C’est là qu’intervient mon premier bon plan : toujours préférer Easyjet à Air France et surtout, si vous avez le choix, préférer Orly à Roissy. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est moins la merde à Orly. Exemple : dimanche, tous les vols Venise-Roissy ont été annulés, sauf le nôtre, le seul Venise-Orly de la journée, aucun retard, juste une grosse angoisse (annulera? annulera pas?). On peut appeler ça la classe. La grosse moule même.

Second bon plan : réserver un hôtel à Venise (ou partout dans le monde) sur un site qui tue. Splendia Hotels propose des chambres dans des hôtels de charme et de luxe à prix négociés :  la description des chambres est très détaillée, les photos nombreuses, les avis des clients hyper clairs et le service après-vente au poil. Il faut juste payer un acompte et le reste sur place à la fin du séjour.

La bonne surprise est surtout venue à l’arrivée à l’hôtel (Ca’ Dei Conti), grâce à la magie de la basse-saison : une chambre mignonnette sous les combles à 80€ la nuit se transforme en Suite Casanova (valeur 550€) : l’hallu.

Avant (déjà sympa) :

Après (la nôtre c’était pareil mais à dominante verte, un peu moins sympa à mon goût) :

Venise pour soi tout seul et ben c’est vachement mieux.

On peut même avoir le privilège de voir la Place Saint-Marc :

1) sous la neige.

2) déserte.

Un des autres avantages de la basse saison, ce sont bien sûr les prix des menus dans les restos. Si vous vous munissez d’un bon Routard ou choisissez au feeling selon l’ambiance et la déco du lieu (« tourists menus » à fuir!!!), vous pouvez vous en tirer avec 15 euros pour un excellent lapin et un bon verre de rouge.

Autre truc hyper sympa lorsque l’on se rend à Venise en décembre (cf le mot du jour : « Neige en novembre, Noël en décembre ») : on peut voir des Pères Noël-Gondoliers.

Bon, le premier hic, c’est que Venise n’étant ni Berlin ni Lisbonne, les nuits sont un peu calmes, voir grave mortes. Le mot « musique électronique » semble du chinois (ok, j’arrête) pour les autochtones et tout le monde est au lit à 22h un samedi. Le prosecco du mini-bar a bien joué son office.

Autre petit bémol : la météo se déchaînant complètement en ce moment on l’aura compris, j’ai eu plus froid ces trois jours à Venise qu’en une semaine en Finlande… Prévoir donc les chaussettes de ski et limite la combi… Z’avez qu’à nous regarder lutter pour garder un visage digne en pleine bourrasque de neige.

Sinon, je peux aussi lister les choses les plus magiques à faire à Venise en hiver :

– se promener sous un soleil glacé dans le quartier populaire du Ghetto, le plus authentique et le plus charmant où les petits vieux se regroupent en doudoune fashion au milieu des piazza pour taper la discute (et accessoirement l’un des seuls quartiers animés avec la Place Saint-Marc en basse saison).

– parcourir les ruelles, les ponts et les places déserts de la ville.

– se réchauffer avec un délicieux latte macchiato (confectionné et servi par un chinois. Bon ok, j’arrête) ou un chocolat chaud si onctueux que la cuillère tient toute seule dans la tasse.

– déguster à toute heure (pas seulement à l’apéro avec un verre de Spritz, le campari/prosecco local) des tapas vénitiens, les cicchetti.

– parcourir le Grand Canal en vaporetto (ligne 1) en se plaçant à l’avant du bateau, bien à découvert, pour mieux profiter de la vue sublime, matin, midi et soir,et la nuit aussi, on ne s’en lasse pas, mais qu’est ce qu’on se les gèle… J’ai d’ailleurs failli y perdre un orteil.

Matin :

Soir :

– admirer une ceinture de chasteté  au Palais des Doges (âmes sensibles s’abstenir) :

– aller danser (ou imaginer très fort de le faire un samedi soir désert à Venise) sur la piste de danse façon « stayin’ alive » du Palais Grassi (le palais de François Pinault qui présente des œuvres contemporaines avec la Punta della Dogana), dans le cadre de l’expo « Mapping the studio » :

– regarder un Chinois se faire manger par des pigeons (je sors, je sors) :

– admirer les palais scintillants de lumières et les décos de Noël kitchissimes :

En tous cas, j’espère que ce petit tour d’horizon de Venise sous la neige vous aura donné envie de découvrir cette ville magique, pas seulement en amoureux, et qui ne se révèle vraiment que dans la quiétude de l’hiver…

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Il neige sur la coupole…

Je suis une vraie VIP de l’édition. J’ai été invitée  à la séance publique annuelle de l’Académie Française. Im-pres-sion-nant! Un lieu mythique sis 25 quai de Conti, dont la coupole ultra classique, sobre, donc superbe, nous domine pendant toute la séance.

Les 40 membres sont annoncés et accueillis par les tambours de la Garde Républicaine. Moyenne d’âge : 80 ans. C’est parti pour une cérémonie de deux heures, avec le Discours sur les prix littéraires, par Mme Florence Delay, « Directeur en exercice », une sorte de speakerine qui a presque la même voix que belle-maman et qui passe en revue les 72 (!) prix décernés en un peu plus d’une heure. Puis c’est au tour de Mme Hélène Carrère-d’Encausse, Secrétaire perpétuel (un rocher indétrônable) qui nous raconte l’histoire de l’Académie depuis sa fondation en 1635. Pendant une bonne demi-heure. Il est 16h30, l’heure de ma baisse de forme habituelle, et je vous avoue qu’il m’est difficile de lutter. Je m’assoupis donc quelques minutes et me réveille à temps pour écouter le traditionnel et interminable « Discours sur le Vertu » par M. Jean-Luc Marion. Discours aux accents philosophiques prononcés auquel je n’ai strictement rien compris (une idée peut-être, comme ça, au vol), mais qui sera bientôt disponible sur le site de l’Académie.

Inutile de préciser qu’en cas d’assoupissement, la discrétion est de mise, et que toute quinte de toux est proscrite. Vu : une dame âgée est prise d’une toux qu’elle ne parvient pas à arrêter pendant ce fameux dernier discours. Sa voisine, qui ne semble pourtant pas la connaître, exaspérée, lui tend des pastilles pour la gorge…

Et puis c’est la cohue, les beaux vestons et les robes de soirée se bousculent, les cannes et béquilles aussi, vite il faut faire la queue pour saluer Madame le Secrétaire perpétuel, puis jouer des coudes pour obtenir la précieuse coupette de champagne, s’enfiler un maximum de petit fours et taper la discute avec les p’tites filles de la Légion d’Honneur…

Après 10 minutes passées dans cette atmosphère étouffante et embaumant la naphtaline, je retourne à mon bureau sous la neige. Ah! la neige à Paris! Un émerveillement qui revient chaque année, qui fait retomber tout bon Parisien à l’âge des batailles de boules de neige l’espace d’un instant. Bien sûr, le Parisien reprendra ensuite le cours imperturbable de sa vie parisienne.

Un livre que je viens de découvrir parle justement de l’effet produit par l’enchantement de la première neige sur le Parisien.

Ça s’appelle Dessine-moi un Parisien, c’est de Olivier Magny, et c’est chez 10/18.

Ce jeune Parisien, qui a fondé sa société de dégustation de vins aux Etats-Unis, Ô Chateau, a pris la plume pour décrire, en anglais, le mode de vie si particulier du Parisien sur son blog Stuff Parisians Like. Ce fut un carton, et on lui a proposé d’en faire un livre.

En une succession de chapitres tous plus drôles les uns que les autres (porter du noir, les sushis, le café gourmand, les plaques d’immatriculation, les tomates cerises, les Chinois, les expos, la barbe de trois jours, les p’tits week-end, les serveurs…), il décrit à merveille les comportements caractéristiques du Parisien, amusants, séduisants ou simplement très horripilants. Mais tellement vrais, pour la grande majorité des exemples donnés.

On se surprend à fouiller dans sa mémoire pour retrouver le moment où on a traité une connaissance de « beauf » ou de « gros beauf », employé le mot « putain » (très fréquent celui-là), commandé une « San Pé », ou regardé de travers un mec en chaussettes blanches et chemise à manches courtes. Et on réalise enfin pourquoi le reste de la France méprise le Parisien, comme le Parisien méprise le reste du monde, à part le New-yorkais bien entendu, son cousin germain (et non germano-pratin faut pas pousser).

Florilège : « A la seconde où il commence à neiger, le Parisien (souvent le plus oisif) observe : « Oh, il neige! », ce qu’il confirmera vite d’un « Regardez, il neige. » Les autres Parisiens s’exécutent : en effet, il neige. S’ensuivent alors des échanges pénétrants où scintillent des « J’adore la neige » ou des « C’est trop beau ». La profondeur n’est pas la moindre qualité du Parisien. »

Le Parisien ne manquera pas de se reconnaître dans le contenu de ce beau petit objet, et pour une fois, ne fera preuve d’aucune mauvaise foi à sa lecture. Il pourra même s’enthousiasmer pour ce qui constitue le cadeau de Noël parfait que tout Parisien se doit d’avoir lu et se doit d’offrir (si, si, c’est le it-book de l’année!), sous peine de passer pour un « gros beauf ». 100% mauvais esprit, mais terriblement jouissif!

Un conseil : Assurez-vous d’être vous-même parisien avant d’offrir ce livre à un Parisien. Celui-ci peut faire preuve d’auto-dérision, mais seulement avec celui qui partage les mêmes valeurs que lui.

Parlez parisien : « Hyper-sympa ce p’tit bouquin! »

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