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No guts, no glory

Vive le cinéma testostérone!

Pourquoi ce cri du cœur ? Parce que je viens de voir deux bons films ce week-end, qui remplissent à merveille leur fonction de divertissement. Et aussi parce que je suis une fille, et que regarder deux films de deux heures avec des beaux mecs dedans, ça ne me déplaît pas. L’un est un western tout récemment sorti en salles, l’autre est un film de SF, de 2004.

Les frères Cohen, y’a pas à dire, ils savent faire des films. Des films qui vous font sursauter, qui vous font rigoler, qui vous font les yeux tout ronds et la bouche ouverte devant l’écran. Et finalement, le western est un genre dont ils se sont toujours inspiré, en tournant autour du pot avec Fargo, O’Brother et No country for old men, et qu’ils assument enfin avec True Grit.

Voici un bon vieux western à la papa, adapté du roman de Charles Portis publié en 1968 et réédité par Le serpent à plumes, hyper bien filmé (on s’en serait douté) et hyper bien interprété. L’acteur fétiche des frères Cohen, Jeff Bridges, reprend son rôle de Capitaine Haddock, vieux briscard bougon et bourré en permanence qu’il occupait déjà dans The Big Lebowski et le récent et excellent Crazy Heart de Scott Cooper avec la belle Maggie Gyllenhaal. Une belle performance, mais sans surprise.

Josh Brolin est un peu décevant en méchant simplet et sans pitié. Reste la jeune demoiselle (presque la seule nana du film) qui en a dans le pantalon, Hailee Steinfeld, beaucoup mieux en vrai:

et la belle prestation de mon chouchou du moment, que je trouve de mieux en mieux de film en film. Matt Damon n’a pas peur d’étoffer son jeu d’acteur et sa palette de rôles à rebours de Jason Bourne en interprétant cette fois un Ranger Texan beauf, macho et ridicule, mais finalement tendre et attachant, courageux et sensible, comme on les aime, finalement.

Mon deuxième coup de cœur ciné du week-end (et je sais bien que si ce blog était interactif, certain(e)s d’entre vous m’auraient déjà balancé des tomates) : Les chroniques de Riddick, de David Twohy et avec le beau et fort Vin Diesel, bête sauvage transpirant la testostérone, dont je connais peu les rôles testostéronés justement, et que je viens de découvrir avec émerveillement (et un plaisir non dissimulé je dois bien l’avouer). Je m’explique, pas la peine de hurler!

Je tiens tout de suite à préciser (et n’y voyez là pas l’ombre d’une tentative de justification bien entendu) que :

1/ le film est efficace, nerveux, haletant, les effets spéciaux sont bien faits, et j’ai connu scénar plus pourri… Le Choc des titans et Le Dernier des Templiers par exemple,(promis, je les ai pas vus, faut pas pousser quand même), mais j’ai la confirmation de source sûre que c’était vraiment des daubes.

2/non, Vin Diesel n’est pas qu’un acteur qui joue dans les nanars les plus pathétiques du cinéma ricain. J’adore les grosses cylindrés et j’assume avoir regardé au moins 5 fois le film 60 seconds chrono, avec le non moins nanaresque Nicolas Cage (période post Sailor et Loula s’entend, avec parfois quelques fulgurances comme le récent remake de Bad Lieutenant), mais je me refuse à regarder ne serait-ce que 10 secondes du premier volet de la (trop) longue série des Fast and Furious.

Effectivement, dans ses films, Vin a tendance a oublier ses cours de théâtre (si, si, je vais y venir) et à n’utiliser que deux expressions : la colère (il est super vénèr tout le temps Vin), et la crispation du visage qui traduit un effort physique violent (il est habitué, Vin, il fait de la muscu et doit soulever des haletères de 8 tonnes chacune), le tout accompagné de grognements sauvages. Bref, Vin n’est pas l’acteur du siècle (joli euphémisme, il a reçu en 2005 le Razzie award du pire acteur pour Les Chroniques de Riddick – ceci ne doit pas vous arrêter, je vous assure j’ai kiffé), mais il peut pas mal s’en sortir, comme dans  l’excellent film sur les traders avant la crise (2000) Les Initiés, de Ben Younger et avec Giovanni Ribisi. J’ai un faible pour cet acteur, qui est aussi dans 60 Seconds chrono, et dans plein d’autres films comme le superbe Intuitions de Sam Raimi avec Cate Blanchett. C’est tout l’inverse de Vin, capable d’interpréter un gamin, un simple d’esprit, un trader ou un gros méchant dans Avatar, et surtout un poids plume, une ‘tite crevette à croquer (oui, je suis très éclectique comme fille).

Pour en revenir à nos moutons, savez-vous que le papa de Vin (Mark Vincent de son vrai nom) était directeur de théâtre à New York et que le petit Vin était sur les planches dès 7 ans?  Et qu’en 1994, il écrit, réalise et produit son premier court métrage? Et un premier long métrage en 1997, Strays, remarqué à Sundance?

Il est comme ça, Vin, multitâche, réalisateur indé et videur de boîte de nuit dans sa jeunesse, acteur gros paquet et producteur non moins gros paquet aujourd’hui. En effet, Vin utilise les sousous rudement gagnés à la force de ses biceps pour produire des films qui montrent ces mêmes biceps en action, dans des nanars qui débordent de blondes à gros seins (non pas que j’aie quoi que ce soit contre les blondes à gros seins soyons clairs), de cylindrées rugissantes, de courses poursuites, de fusillades et d’explosions jusqu’à l’overdose. J’insiste, vous ne trouverez pas ça dans les plaisantes Chroniques de Riddick

3/mes goûts en matière de mâles me portent vers les spécimens bien faits de leur personne, plutôt fins et peu musclés, ou de façon raisonnable et harmonieuse, avec ou sans poils sur le torse, et de préférence avec quelque chose dans la cacahuète (cf Giovanni Ribisi, donc). La preuve, pour ceux qui connaissent ma tendre chair, je viens d’en faire le portrait robot. Mais ça ne m’empêche pas de trouver Vin à mon goût, sexy, et même fichtrement attirant. Voilà, c’est dit. La preuve en images :

Vin, s’il te plaît, arrête les amphét’ et la gonflette (t’es quand même à la limite là, faudrait pas que tu ressembles à ça, ça vieillit mal), et fait marcher tes tablettes (ton cerveau quoi, pas les tablettes de chocolat que tu as fort appétissantes au demeurant….). Afin de redorer ton blason et d’incarner enfin un personnage à ta hauteur, je te suggère le remake d’Un Flic à la maternelle (je l’ai rematé aussi ce week-end, oui, j’ai des week-ends chargés, et il a très mal vieilli) ou alors La Pianiste de Michael Haneke, et tu fais la pianiste.

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Classé dans Culture/Déconfiture, Miam, On se fait une toile?

Méli-mélo pelliculé

Je suis beaucoup allée au cinéma ces derniers jours, comme bien souvent me direz-vous.

Cet article se veut un pense-bête, un petit bilan, une liste des réjouissances, un menu dans lequel vous allez pouvoir piocher au gré de vos envies.

Je vous conseille pour vous mettre en appétit le Discours d’un Roi, avec le brillant et très désirable Colin Firth (notamment dans l’émouvant et sensible film de Tom Ford, A Single man, sorti il y à tout juste un an, où il joue un homosexuel inconsolable de la mort de son ami dans les années 60.  Julianne Moore y est aussi fabuleuse en amoureuse transie et alcoolique).

Le jeu de cet acteur est divin (ou royal comme vous voulez) et sa prestation toute en finesse est plus que convaincante. Il incarne avec sensibilité et crédibilité le bègue George VI qui réussit petit à petit à vaincre son handicap et à devenir le héros de tout un peuple pour lutter contre le fléau nazi (bien que tout cela soit un peu éloigné de la réalité historique, rendons quand même à Winston Churchill ce qui lui revient). Mais bon, nous Français qui avons guillotiné notre roi, ne devons pas mésestimer la vénération du peuple anglais pour ses souverains, et un souverain incapable de prononcer deux mots d’affilée aux grandes heures de la radio en temps de crise grave, c’est un peu gênant.

On rit beaucoup en regardant ce roi gauche, grognon et coincé accepter malgré lui d’effectuer les exercices de diction et de relaxation prescris par un orthophoniste australien farfelu.

On rit un peu moins avec un autre film « à Oscar », Black Swan de Darren Aronofsky, le réalisateur barré du non moins barré et nauséeux Requiem for a dream (j’ai failli vomir au deuxième visionnage de ce film tellement il est hard, mais je l’ai par ailleurs beaucoup aimé), avec une BO inoubliable de Clint Mansell. C’est aussi à lui que l’on doit l’illuminé et émouvant The Fountain (mention spéciale pour Hugh Jackman en amoureux transi, encore un), ou encore le très remarqué The Wrestler, qui a bien fait revivre et bien amoché aussi un Mickey Rourke méconnaissable. Le réalisateur nous démontre avec cette filmographie sa fascination pour le corps, et plus précisément le corps martyrisé comme reflet de l’âme. Justement, âmes sensibles s’abstenir.

Natalie Portman se surpasse : bien qu’elle ait pratiqué la danse classique de 3 à 13 ans, elle en à 29 aujourd’hui et l’on peut supposer qu’elle eut été un peu rouillée. Hormis quelques scènes de ballet doublées, elle a bien bossé. De toute façon, le film d’Aronofsy n’est pas un film sur la danse mais sur les souffrances que peut s’infliger l’être humain (quête de la perfection, rédemption, aliénation), autant physiques que mentales. La caméra filme le personnage de dos, en le suivant à l’épaule, comme pour Mickey Rourke, pour être au plus près des émotions. C’est en tous cas bien pratique ici puisque ça évite de s’attarder sur des en-dehors foirés.

Bref, l’actrice est superbe, tour à tour fragile puis agressive, naïve et aguicheuse, ange et démon, comme la Reine des cygnes du ballet de Tchaïkovski, qui interprète à la fois le cygne blanc trompé et abandonné et le cygne noir tentateur et vainqueur. De quoi devenir schizo.

Pour savourer pleinement ce conte aux limites fantastique, il faut accepter les codes du genre, et ne surtout pas décrocher lorsque la fin approche, fin qui pour certains est un pur chef d’oeuvre, une apothéose, ou pour d’autres une grosse meringue indigeste.

Dans un registre plus léger, je me suis fait TRON, Legacy que j’attendais depuis mes 1 an (vous en doutez?). Du haut de mon petit lit à barreaux, j’ai pu entendre les oh et les ah de mon paternel et un peu plus tard de mon fraternel devant cet ancêtre du film d’anticipation dont le premier volet est sorti en 82.

Pour faire court, et parce que je suis feignasse, voici le résumé du film que l’on trouve sur le merveilleux outil qu’est Allociné :

« Sam Flynn, 27 ans, est le fils expert en technologie de Kevin Flynn. Cherchant à percer le mystère de la disparition de son père, il se retrouve aspiré dans ce même monde de programmes redoutables et de jeux mortels où vit son père depuis 25 ans. Avec la fidèle confidente de Kevin, père et fils s’engagent dans un voyage où la mort guette, à travers un cyber univers époustouflant visuellement, devenu plus avancé technologiquement et plus dangereux que jamais… »

Bon, ok, c’est du Disney, donc c’est un peu cul-cul. Que dis-je, le scénar est inexistant. Après tout ce temps, ils auraient quand même pu se fouler, au moins pour expliquer à tous ces ignares de ma génération ce qu’était ce film prodigieux, qui reflétait alors la fascination pour les balbutiements de l’informatique, cette nouvelle technologie du tout est possible. A l’époque, il y a eu des gens pour penser que l’on pourrait un jour numériser l’ADN humain et ainsi sauver plein de vies. Chouette idée. Depuis, on s’est juste rendu compte que l’informatique nous rend plus feignants, plus impatients, plus consommateurs, plus voyeurs et pas forcément plus intelligents.

Le truc sympa avec ces deux films, c’est d’observer les évolutions dans le traitement de l’image, dans la réalisation des effets spéciaux et des costumes.

Avant, les acteurs c’était un peu les Véronique et Davina du jeu vidéo:

Après un sérieux relooking, c’est version gros paquet :

Le relooking, c’est aussi valable pour Jeff Bridges qui devait avoir 18 ans dans le premier volet et qui passe du style néon eighties (en couverture de Rolling Stone quand même attention!) à la tendance zen printemps-été 2002 :

Après (en image de synthèse) :

et en vrai (version Seigneur des anneaux) :

et là, en version Jésus (mais l’auréole est un peu basse je trouve, non?) :

En tous cas, c’est émouvant et assez risqué comme positionnement… Heureusement qu’il y a eu Crazy Heart et bientôt True Grit…

Mis à part quelques longueurs et des dialogues insipides et ennuyeux, c’est jouissif : la musique de DaftPunk est efficace et les scènes de courses de motos 100% virtuelles sont à tomber, et à mille lieues de celles de 1982, où les acteurs portaient des pyjamas fluos et évoluaient sur des grilles de Sudoku. Pacman contre Final Fantasy. La scène que je préfère reste celle où le fils de Jeff Bridges retourne dans la salle de jeux d’arcades fermée depuis 25 ans, branche les fusibles, tous les jeux s’éclairent de lumières colorées et retentit alors la mélodie entêtante de Eurythmics :

Voyage, voyage (dans le temps).

Coup de gueule en passant : le film est uniquement disponible en 3D, ce qui n’apporte RIEN au film, comme toute 3D non native, post-produite (le seul film qui justifie jusqu’à présent cette technique c’est AVATAR, même si le scénario est une bouse), sinon de lester ton larfeuille de 2 €.

Dernier coup de cœur et après j’arrête. J’ai reçu pour Noël (si, si, c’est important de le savoir), un coffret 6 DVD du « meilleur du cinéma indépendant ». Alors, alors, Little Miss Sunshine, j’avais déjà vu, et c’est vraiment très réussi. Slumdog millionaire, je l’avais exprès pas vu à cause du matraquage médiatique et des vautours qui se sont rués sur ses pauvres gamins des rues pour faire du fric, mais c’est de toute façon comme ça que ça se passe, et le film s’avère être excellent.

500 jours ensemble, comédie romantique une peu niaise et parfois drôle, passe encore, mais JUNO, je peux pas dire, j’ai coupé avant la fin, tellement l’ambiance pseudo intello et « indé » du film m’a gonflée (genre j’ai 16 ans, je suis en cloque, mais je gère, tout va bien, ch’uis trop blasée quoi…). Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi tout ce barouf autour de cette gamine ?

Les deux bonnes surprises viennent du réalisateur Wes Anderson qui m’a enchantée avec The Darjeeling limited, roadtrip (ou plutôt railtrip) complètement loufoque de trois frères à travers l’Inde à la recherche de leur mère après le décès de leur père. Adrian Brody, Owen Wilson et surtout Jason Schwartzman (le Louis XVI du Marie-Antoinette de Sofia Coppola) sont complètement décalés, perdus, et drôlissimes. Mis à part quelques moments de flottement, on les suit avec plaisir dans leur voyage initiatique où l’on ne s’ennuie jamais.

Le réalisateur s’entoure souvent des mêmes acteurs dans ses différents films : Bill Murray apparaît par exemple au tout début du Darjeeling en spécial guest (il joue aussi dans La vie aquatique que je n’ai pas vu), et fait la voix d’un personnage de l’époustouflant film d’animation tourné en stop motion (image pas image) avec des marionnettes et adapté du roman de Roald Dahl, Fantastic Mr. Fox.

Un roman de renard inventif, poétique, à l’humour acerbe et décalé, aux dialogues incisifs et au comique de situation étudié. Un émerveillement de tous les instants, avec en prime un casting vocal préstigieux et familier (pour les VO addicts) : George Clooney, Meryl Streep, Owen Wilson, Adrian Brody, Willem Defoe, Bill Murray, et Jason Schwartzman.

On m’en avait dit du bien, et c’est une de mes plus belles découvertes ciné de ce début d’année. C’est drôle, léger, insouciant et en ces temps moroses, c’est précieux. Et si ça peut en prime m’aider à digérer la suppression sur l’ISF qui ne saurait tarder, je veux bien le regarder en boucle.

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