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Que d’émotions!

Après un samedi très studieux (voir post précédent), mon dimanche l’a été tout autant.

Pas le courage de faire un jogging, levée trop tard, envie de looser sur le canapé. Ma bonne conscience me rattrape aussitôt, « non, non, pas moyen, tu vas bouger tes grosses fesses ».

– Oui, mais à condition que Guigui vienne avec moi… »

Après de longues minutes d’un argumentaire, efficace ou soûlant, ou les deux, j’ai trouvé mon compagnon de route, direction le Grand Palais et Monumenta 2011, la performance de l’artiste indien Anish Kapoor. Un dimanche après-midi, trois quart d’heure de queue, c’est raisonnable.

Leviathan ça s’appelle. On m’avait dit que la sécurité prévoyait des kits de premiers secours pour les visiteurs sensibles et claustrophobes, et je venais juste de repenser à la joyeuse perspective d’un grand videur me faisant du bouche à bouche, que, le ventre tordu comme avant de monter en avion, j’ai poussé la porte-tourniquet toute noire et hyper angoissante aux vitres opaques (mais qu’y a-t-il derrière?) de l’entrée de l’expo. Je suis illico projetée dans un immense… quoi? ballon? dirigeable? poumon? coeur? L’air est rare, épais, moite, mes repères sont sans-dessus-dessous, l’impression de suffoquer et de défaillir… Il faut quelques secondes pour profiter de ce lieu unique, de cette œuvre d’art que l’on peut visiter « de dedans ». On se plait à frapper des mains et guetter l’effet de cette formidable chambre d’écho.

Bon. Il fait décidément trop chaud, sortons admirer l’installation dans la nef. L’effet est saisissant, comme une énorme aubergine (un haricot rouge?) tchernobylesque, qui semble faire presque éclater la structure art nouveau du Grand Palais. On se sent tout petit à côté de cette énorme grosseur, dont on se demande comment elle tient. Gonflée comme un ballon ? La matière est pourtant extrêmement épaisse, comme celle d’une bâche en plastique ou d’un bateau gonflable.

Le dossier de presse ne soulève pas le voile, on n’en saura pas davantage.

L’oeuvre y est ainsi décrite par l’artiste : « Un seul objet, une seule forme, une seule couleur ». Il ajoute : « Mon ambition est de créer un espace dans l’espace qui réponde à la hauteur et la lumière de la Nef du Grand Palais. Les visiteurs seront invités à entrer dans l’oeuvre, à s’immerger dans la couleur et ce sera, je l’espère, une expérience contemplative et poétique ». Conçue avec les technologies les plus audacieuses, l’oeuvre ne s’adressera pas au seul regard mais invitera le visiteur à faire une découverte sensorielle et mentale globale. Défi technique et poétique sans équivalent dans l’histoire de la sculpture, cette œuvre remet en question ce que nous croyons savoir de l’art, de notre corps et de notre vécu le plus intime, de nos origines. Spectaculaire et profonde, elle répond à ce que l’artiste considère être l’enjeu de son travail : « Parvenir par des moyens strictement physiques à proposer une expérience émotionnelle et philosophique inédite ».

Bon, pour l’expérience émotionnelle et philosophique, on reviendra, c’est surtout une sensation étonnante de flotter dans un espace inédit, tout droit sorti de la série des Alien.

L’expérience du dernier Terrence Malick est tout aussi étonnante.  ça dépend s’il l’on parle de sensations comme le mal de dos, les fourmis, les bâillements, ou les larmes. Un spectre de ressentis assez large. Certains spectateurs ont même quitté la salle. Ce ne fut pas mon cas, j’ai résisté, vaillamment, aimé quelquefois, et poussé un Alléluia de soulagement au clap de fin (pour rester dans la thème, je vais y venir).

The Tree of life est un film long (2h20), parfois très long, mais beau. Un beau film, avec des longueurs donc. Je crois que j’ai même préféré son dernier, Le nouveau monde, qui date de 2005, il en fait peu, mais quand il en fait un, on ne parle que de ça. ça s’appelle privilégier la qualité sur la quantité, pas comme Kad Merad, mais je m’égare.

Guigui (ma moitié pour ceux qui suivent pas) a trouvé Le nouveau monde chiant, et celui-là « bouleversant ». Il pleurait à chaudes larmes. Moi, c’est l’inverse. Terrence a grave tripé cette fois, genre délire mystique psychédélique avec des images bizarres (comme les couleurs de la lumière qui se décompose) qui s’enchaînent, pour montrer au spectateur ennuyé ou abasourdi qu’il n’est qu’une toute petite poussière de lune dans ce grand univers crée par un être supérieur (Dieu? ou X?) . Bon, 5 minutes de volcans en fusion, de voie lactée, d’éruptions solaires, de chutes d’eau, de petits poissons qui nagent, c’est chouette (surtout avec une musique d’opéra sublime dont j’aimerais bien trouver le titre, quelqu’un peut m’aider?), mais à la 25ème minute, la lassitude commence à poindre. Voire une irrésistible envie de rigoler, quand Terence choisit, après 2001, l’odyssée de l’espace, de s’inspirer d’Avatar et Jurassic Park, en mettant en scène une dinosaure qui en épargne un autre. Moralité : même Denver, il a une conscience et éprouve de la pité. Bon, pour un peu, tu t’attendrais à voir Nicolas Hulot apparaître dans le champ dis-donc.

Et pis la voix off chuchotante et décousue (c’est exprès pas calé sur les images……………) est horripilante. Sinon, et ça je préfère, Malick est un génie pour filmer ses personnages, la cadrage est impeccable, les dialogues rares et ténus, chaque scène est intense et pensée au millimètre. Il filme l’enfance à merveille, les jeux, les bobos, les mesquineries, l’amour, l’amitié, la rébellion, la maladresse, la fratrie, l’amour qui lie une mère et un fils, un père et un fils, le remords, la culpabilité, le pardon. Et l’acceptation aussi, savoir lâcher prise face à la cruauté de la vie, accepter le départ d’êtres chers.

Brad Pitt est à son meilleur (c’est facile, c’est un drame, il y excelle contrairement aux comédies), Sean Penn fait du Sean Penn, froid, distant, fermé, bougon. Il a quand même monté les marches à Cannes, peut-être parce que Terrence n’était pas là. Sean le boude, faut dire qu’il a bien été coupé au montage… Il doit apparaître 10 minutes à l’écran à tout casser…

Bon, le film a quand même eu la Palme d’or à Cannes, c’est qu’il reste un excellent film, à la poésie un peu lourde, mais touchante, qui fait à coup sûr remonter des souvenirs d’enfance, joyeux et douloureux.

Daphné Dupotron, ma belle-maman et blogueuse invétérée, a vu ce film avant moi, et l’a trouvé inégal. On n’est pas d’accord sur tout, mais le film ne nous a pas bouleversées, en tous cas.

Rien à voir, je viens de (re) découvrir un super resto qui propose de la bouffe bio, avec plein de légumes, de protéines végétales, de fruits frais et pressés : TUGALIK.

Pour le restaurant, c’est 4 rue Toullier dans le 5ème près du Panthéon, et pour la vente à emporter, c’est 29 rue saint Placide.

Pas cher, bon pour les papilles et le corps tout entier, Tugalik propose une carte variée élaborée avec un nutritionniste. Il y a même une charte :

« Dans le souci de bien manger et pour préserver au mieux la qualité de la nourriture, chez TUGALIK, tout est cuisiné sur place à partir d’ingrédients naturels non transformés. Nous utilisons des céréales complètes et issues de l’agriculture biologique, dont les propriétés nutritionnelles sont plus riches. Nos fruits et légumes sont également issus de l’agriculture biologique, tout comme notre carte des vins, avec quelques belles références en biodynamie. Les glaces et sorbets sont fabriqués par des artisans glaciers, sans graisses hydrogénées. »

Comme ça court pas les rues, ça mérite d’être signalé.

Petit aperçu de la carte :

Soupe de légumes du marché 5€, L’assiette de crudités 5 €, Soupe + cake salé du jour 8.80 €, Paëlla végétarienne  9.50 €, Filet de lieu noir aux fines herbes et légumes printaniers 10.50 €, Grande salade asiatique 9,50 €, Grande salade de crudités et céréales complètes 9.50 €, Gâteau aux pommes 4.50 €, Fromage blanc – compote maison sans sucres ajoutés  3.80 €, Far breton aux pruneaux ou aux abricots secs 4,50 , Velouté de légumes verts 6 €; Aubergine panée aux épices et houmous maison 7 €, Tortilla et salsa de tomates pimentée 7 €, Wok de légumes et nouilles de riz sautées (végétarien ou avec poulet) 16 €, Orgeotto au haricots verts, artichauts et parmesan (végétarien ou avec poulet) 16 €, Saumon mariné, légumes de printemps, mousseline de petits pois et spaetzle de sarrasin  16 €, Nage de tapioca au lait de coco et coriandre accopagnée d’une glace coco 6€, Gâteau au chocolat à la farine de sarrasin (sans gluten) 6 €

Et si vous êtes tenté(e) (par conscience « verte », pour varier les plaisirs ou tout simplement par goût) de commencer à manger moins de viande, vous pouvez trouver plein de recettes et toutes les infos nécessaires dans Protéines Vertes, édité par la maison La Plage, qui publie des auteurs engagés et ayant un réel savoir-faire à transmettre dans l’écologie, sur des thèmes aussi variés que la cuisine bio, la cuisine végétarienne, l’habitat écologique… A bon entendeur, salut!

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Diamonds are a girl’s best friend

L’exposition Bulgari au Grand Palais est un bonheur pour les mirettes en cette veille de Noël où l’on peut rêver des objets les plus fous sans trop culpabiliser. Évidemment, je ne vais pas vous conseiller ces bijoux-là comme idée cadeau, c’est un peu chérot quand même…

Il faut un peu se bousculer devant les vitrines pour apercevoir les pièces : quelle bonne idée de faire cette expo un dimanche à 16h. Entre ceux qui veulent prendre des photos (je ne leur jette pas la pierre Pierre, j’en étais) et les vieux (pardon, les personnes âgées) qui prennent racine en écoutant leur audioguide, ça bouchonne un peu. Et comme je déteste attendre, je fais chaque salle à l’envers, et tant pis pour les psychorigides que ça gêne.

« 125 ans de magnificence italienne », ça mérite bien la nef du Grand Palais, et la scénographie est plutôt réussie. J’ai pris quelques photos avec mon téléphone, mais qui ne rendent pas très bien tellement le scintillement des pierres est fort. Petit aperçu.

Pour commencer, le visiteur est accueilli par un décor tout droit sorti de Superman ou du Seigneur des anneaux, des roches noires polies, taillées comme des énormes pierres à facettes, et qui font aussi un peu penser à une gigantesque toile d’araignée. En achetant le fascicule 3 euros (le seul truc que je pouvais m’acheter ah ah), on a une vue d’ensemble de la chose, une photo prise du dessus, et le tout forme une sorte de broche en forme de fleur, pour filer la métaphore…

L’exposition de Paris est plus riche que celle proposée à Rome l’année passée, et une centaine de pièces sur les 600 présentés n’ont jamais été montrées au grand public.  Les bijoux sont regroupés en huit grandes thématiques chronologiques, qui révèlent les influences du créateur et les grandes tendances d’une époque.

Tous les grands de ce monde (qui peuvent donc se payer ou se voir offrir de tels bijoux) ont mis la main à la pâte : les Grimaldi (prêt d’un collier de Grace de Monaco), Mouna Ayoub, Alain Delon, Elizabeth Taylor et sa somptueuse collection personnelle (les bijoux ont sur elle un effet thérapeutique certain, et ses maris comme Richard Burton ou Eddie Fisher l’avaient compris). On peut aussi admirer la collection de l’actrice italienne Anna Magnani ou des bijoux portés par Sophia Loren, Ingrid Bergman ou Gina Lollobrigida.

La scénographie fait ainsi la part belle au bijou Bulgari au cinéma : des extraits des films et publicités mettant en scène des égéries portant les bijoux sont projetés un peu partout dans l’exposition (Casino, avec Sharone Stone par exemple).

Pour la petite histoire, le fondateur de la maison est un orfèvre grec, Sotorio Bulgari, installé à Rome en 1884, qui commence par travailler l’argent dans sa boutique tout en y proposant un choix d’antiquités. Il fabrique des ceintures, des broches et des bracelets d’inspiration byzantine.

Durant les années 20 à 40, il se modernise et suit la tendance parisienne en créant des pièces très art déco, et notamment des bijoux transformables à clips en vogue à l’époque. Vient la douceur de la Dolce Vita des années 50 et 60, avec des parures extraordinaires comme celle en émeraudes et diamants portée par Elizabeth Taylor,

et surtout ce qui va devenir la patte de la maison, des pierres de grande valeur taillés en cabochon (polies et non facettées).

C’est aussi l’époque des « tremblants », ces broches en platine à thème floral et aux diamants multicolores, dont certaines parties sont montées sur des ressorts en or, afin de faire bouger le bijou à chaque mouvement et le faire briller davantage. Les diamants naturellement colorés sont appelés « fancy ».

Bulgari révolutionne également l’utilisation de la couleur et des matières dans la conception de ses bijoux, en suivant l’essor du design italien de la période, avec l’emploi de toutes sortes de pierres, indépendamment de leur valeur, et en les assemblant de manière inédite.

La marque n’échappe pas à la créativité débordante et très « pop art » des années 70, avec des bracelets, boucles et bagues à l’effigie du drapeau américain (Warhol était un fan).

La maison Bulgari, c’est un style très particulier, une audace en joaillerie jamais égalée, avec ses créations emblématiques :

Le bague « Trombino », modèle crée par le premier bijoutier de la lignée pour sa femme :

La montre-bracelet Serpent :

Les colliers, bracelets et bagues « Tubogas » (métal travaillé en spirotube, inspiré d’anciens tuyaux de gaz, inventé dans les années 40 et utilisé par Bulgari dans les années 70), avec ou sans incrustation de pièces de monnaie anciennes :

La collection Parentesi, inspirée de la découpe des tiroirs romains et première ligne modulaire de haute joaillerie, créée dans les années 80 (et partout copiée depuis):

L’exposition se clôt sur une vitrine époustouflante, le clou du spectacle, qui regroupe les plus beaux colliers de la maison, dont ce superbe collier « bavoir »… Le mot est tout a fait approprié, j’en bave encore d’envie…

En somme, une exposition à parcourir pour se rêver star de cinéma, pour s’extasier devant des pierres uniques et renversantes, exceptionnelles, inestimables, comme le cabochon « Grand Kathé », un saphir birman de 321,27 carats monté sur un simple cordon de soie :

Je viens de lire que lors de l’inauguration de l’exposition, un mari amoureux a profité d’une vitrine de l’exposition pour dévoiler à l’élue de son cœur le bijou qu’il venait de lui acheter… Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel, peux-tu aller faire un tour au Grand Palais? Dis? S’il te plaît…

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