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Trop de Ryan tue le Ryan

Je suis allée voir les Marches du pouvoir hier, le dernier film de George Clooney. George, toujours aussi parfait, y interprète le gouverneur Morris, dans la course à la primaire démocrate, qui doit le conduire tout droit à la Maison Blanche. Son conseiller en communication, jeune loup encore frais et naïf, talentueux et plein d’idéaux, c’est l’omniprésent Ryan Gosling ( et il adore George le politicien sympa, de gauche, avec des idées tout à fait louables sur l’écologie et la faim dans le monde). Bref, comme vous (et nous dès le début du film), on sait que quelque chose va craquer et faire déraper toutes ces belles intentions. Mais je ne spoilerai pas.

Philip Seymour Hoffman, un des plus grand acteur de sa génération (et qui ne joue malheureusement que trop souvent des seconds rôles), incarne le directeur de la com’ de Clooney, hyper droit dans ses bottes et très attaché à la loyauté de son staff. Face à lui, Paul Giamatti (encore un excellent acteur de seconds roles), qui joue le dir’com de l’autre candidat démocrate. Un salaud comme les autres, ni plus, ni moins.

De facture classique (trop?), le film met longtemps à démarrer, accumule un peu trop poncifs et raccourcis faciles, finit tout de même par être efficace. Il dure un peu plus d’une heure et demie, ce qui paraît court lorsqu’on prend l’habitude des deux heures qui sont aujourd’hui la norme. Ca peut suffire à rendre un film percutant. Là, on reste un peu sur sa faim, on aurait voulu que George nous en dise plus, qu’il approfondisse l’intrigue, creuse les personnages, les fasse parler un peu plus et nous faire comprendre ce qui pousse un homme à se parjurer pour réussir.

On est trop habitué, aussi, à ces séries magistrales sur le monde de la politique, sa pourriture, les vases communiquant entre toutes les institutions (congrès, mairies, police, éducation, entreprises privées), le renoncement à tous ses idéaux pour atteindre la plus haute marche, les compromis qu’il faut faire mais qui vous déchirent de l’intérieur. Comme The Wire, où l’on suit l’ascension d’un jeune politicard plein de bons sentiments et qui finit par jouer le jeu pour devenir le maire de Baltimore. En cinq saisons magistrales, The Wire vous démontre avec une efficacité redoutable toute l’illusion du processus démocratique.

Evidemment, en 5 saisons de 13 épisodes chacune, on a le temps de développer le sujet. Les Marches du pouvoir, c’est plutôt : « tous pourris,  et what else? »

Je ne peux pas clore cet article, vous vous en doutez bien maintenant, sans parler de la prestation du beau Ryan Gosling. Est-ce parce que l’on vient de le voir dans une demi-douzaine de films ces six derniers mois et qu’on va surement le voir dans l’autre demi-douzaine dans les mois qui viennent, qu’on se dit que finalement, il joue toujours un peu pareil, Ryan (là, tenez, on revoit sa mine de beau gosse sûr de lui dans le non moins excellent Crazy Stupid Love…).

Vous me direz, chaque acteur a sa personnalité et finit par avoir toujours un peu les mêmes expressions, surtout quand il enchaîne les films et le spectateur avec. Tous les acteurs ont eu leur période de prise d’otage médiatique en leur temps (Brad Pitt et Entretien avec un vampire, Légendes d’Automne, 7 ans au Tibet, Sleepers, Seven, L’Armée des 12 singes, avant la consécration Fight Club, Tom Cruise avec Jour de Tonnerre, Top Gun, Cocktail et j’en passe, Mel Gibson avec son arme fatale et ses comédies, Richard Gere et sa pretty woman – ma mère en cherche toujours un comme lui, faut que je lui explique qu’il est plus comme dans ses films des nineties – Bruce Willis, Mickael Douglas et plus récemment Jeff Bridges – qui sort un excellent disque de country par ailleurs).

Toujours est-il que Ryan manque un peu de profondeur, qu’il a du mal à incarner son personnage et faire face à un Philip Seymour Hoffman de haut niveau.

Je dois admettre que dans un court dialogue, il joue même un peu faux… En panne d’inspi Ryan? ça peut arriver, surtout après un tel rôle d’autiste…  On peut imaginer combien il est difficile ensuite de décrocher de la mine patibulaire et inexpressive… Mais bon tu es payé pour ça mon p’tit bichon. Tu n’as jamais été meilleur que dans Blue Valentine, avec ton jeu d’acteur riche et travaillé, incarnant un artiste raté, grand romantique désappointé, qui émeut et prend aux tripes. Ce sera pour la prochaine fois, mais il te reste encore du chemin, n’oublions pas que tu fus et restes un fan de Mickey, comme Justin et Britney…

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La Mostra et son dressing

La Mostra de Venise, le plus ancien festival cinématographique, a ouvert ses portes depuis quelques jours, et les fermera le 10 septembre.

On a pu y voir se faire descendre en flèche le dernier nanard à l’eau de rose de Madonna, W.E. On a aussi pu se mettre l’eau à la bouche avec le très attendu polar politique de notre George préféré, et avec notre Ryan préféré, The Ides of March.

En attendant de savourer tout cela dans les salles obscures (ou pas, pour le dernier Madonna par exemple), régalons-nous un peu avec le défilé des people sur le red carpet. Et c’est pas triste. Démonstration.

Déjà, notre George est en Italie comme à la maison. Il a d’ailleurs une résidence au Lac de Côme et adooooore la péninsule. Quand Clooney est à la Mostra, c’est en toute décontraction, et avec les manches de sa chemise reboulées, notez.

Question décontraction, ambiance on est chez mémé, Vincent Cassel n’est pas en reste, genre je descends de l’avion et j’ai pas eu le temps de me changer. C’est ça la french touch.

On ne peut pas en dire autant d’Al Pacino, véritable caricature de lui-même, en parrain du pauvre version Saturday Night Fever, et qui a beaucoup forcé sur le botox et les UV (il ne peut pas ôter ses lunettes, la preuve).

Dans la catégorie ratage/le ridicule ne tue pas, voici Philip Seymour Hoffman, tout juste sorti d’une conf call chez Goldman Sachs.

Keira Knightley, de son côté, a préféré l’option tapisserie, malheureusement totalement inefficace pour passer inaperçue…

Dans la catégorie « Aïe ça fait mal », je dois malgré moi récompenser Matt Damon, d’habitude si sexy, pour :

1/sa coupe de Kojak qui ne lui va pas du tout et fort mal à propos,

2/sa femme boudinée dans sa robe et gaie comme un pinson. Si t’es pas contente d’être là, file-moi ta place, vilaine.

Dans la catégorie j’adore, look réussi, trop la classe, dans l’ordre:

1/ Madonna en Madeleine Vionnet (ça ne peut être que réussi, pour une fois)

2/ Kate Winslet en Victoria Beckham (si, si, c’est pas mal ce qu’elle fait, et c’est pas réservé aux anorexiques)

3/ Diane Kruger, en Elie Saab, comme d’hab, aucun fashion faux pas, elle est parfaite.

Dans la catégorie vieilleries du musée Grévin sorties de l’entrepôt, j’ai nommé Valentino Garavani, (le couturier pour les non-modeux).

Dans la catégorie « On s’en fout », voire « Mais qu’est ce qu’il fout ici lui? », Rocco Siffredi, mesdames (et messieurs, c’est comme vous voulez).

Pour terminer le palmarès des plus beaux looks de la Mostra, je décerne le prix du jury (composé de moi-même), à Riri (avec des implants mammaires), Fifi et Loulou (ou Prof, Timide et Joyeux, c’est vous qui voyez). Merci les filles pour vos robes-meringues, elles contrastent bien avec le tapis, ça vous évitera de vous faire piétiner (je sais, c’est nul,c’est une petite mesquinerie facile de la part d’une fille de 1 m 60, mais ça fait du bien).

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