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ça s’en va et ça revient (ou pas)

Dame Daphné soulève ici une question importante, à laquelle j’ai moi aussi envie de consacrer un post (les grands esprits se rencontrent que voulez-vous).

A bientôt 30 ans (à moi les crèmes antirides et le bistouri, patience, ce sera l’objet d’un tout prochain article), il est temps de faire un point sur ses amis. Amitié, ça rime avec partage (vacances, galères, parties de rigolade, de jambes en l’air pour les sexfriends), échange (idées, bons plans, apparts, mails, potins), écoute, confiance, compréhension, conseil et soutien devant les difficiles épreuves de la vie (santé, famille, boulot, thunes). Et comme on dit chez nous, « on choisit ses amis, pas sa famille », c’est dire s’il faut les soigner, ses amis.

Daphné propose un test éliminatoire particulièrement torve : « Ami lecteur, t’es-tu déjà demandé une fois de qui TU es vraiment l’ami ? Combien de tes connaissances t’appelleraient nuitamment pour aller jouer au petit croque-mort avec Mme Chombard ? Compte, pour voir… » Pour résumer, qui, parmi vos amis, appelleriez-vous à la rescousse si vous revivez malencontreusement en live un épisode de Dexter? Je me suis moi-même déjà posé la question quand j’ai voulu broyer de mes blanches mains la face de Madame Connasse (ma voisine du dessus pour ceux qui débarquent), c’est-à-dire au moins une fois par semaine.

Comme je conçois tout à fait que ce test ne soit pas aisé à mettre en pratique (et quelque peu réprimandé par la morale), il vous suffira de posséder un compte sur ce merveilleux outil de socialisation qu’est Facebook.

Faites donc le point sur votre liste d’amis plus ou moins longue selon votre enthousiasme à demander/accepter le premier péquin venu vous taxer/à qui vous avez taxé une clope en soirée. Avec qui de tous ces quidams avez-vous VRAIMENT quelque chose à partager, à échanger? Sur qui de ceux qui se cachent derrière ces noms ou pseudos pouvez-vous compter en cas de coup dur?

Une fois cette question posée, et selon l’utilisation que vous faites de Facebook (professionnelle, personnelle – pas privée, c’est antinomique -, occasionnelle, compulsive), vous pouvez prendre l’initiative de virer les gens à qui vous ne parlez jamais, dont vous ne commentez jamais statuts et photos, et à qui vous n’aurez de toute façon rien à dire quoi qu’il arrive (au choix : mec relou dont on n’a pas osé refuser l’invitation, pote d’un pote d’un pote vu deux fois, ami d’enfance qui éclaira jadis nos  jeux de marelle mais dont on se contrefout aujourd’hui). Bon, après, on peut facebooker faux-cul utile  et se dire que c’est pas mal de garder telle ou telle connaissance sous le coude pour faire passer une info, trouver un plan boulot ou un appart (ça s’appelle « mettre à profit son réseau », et je pratique ce sport en niveau pro)…

Mais Facebook est aussi un outil merveilleux pour ressouder des amitiés, prendre des nouvelles d’êtres chers installés à l’étranger, pour retrouver des amis perdus de vue que l’on a eu plaisir à revoir, et découvrir combien cet ami-là nous avait manqué et combien c’est cool quand même Facebook. J’en ai fait l’expérience il y a tout juste deux jours lorsqu’une amie de ma meilleure amie d’enfance que je n’avais pas vu depuis perpète a jeté sur son wall « Qui m’héberge sur Paris demain? ». Curieuse de la revoir et sachant qu’on aurait plein de trucs à se dire,  j’ai dit oui tout de suite. Je ne me suis pas trompée, ce fut une soirée formidable.

C’est vrai que Facebook et son système de wall et flux d’actualité font tomber toutes les barrières en permettant une grande spontanéité entre les utilisateurs, comme tout réseau social (voyez comment Meetic a changé la vie de timides chroniques par exemple).

Mais cette spontanéité à aussi ses travers, et j’en ai récemment été le témoin, ainsi que d’autres personnes de mon entourage. Facebook reposant sur les pulsions voyeuristes et exhibitionnistes de ses utilisateurs, il est difficile de parler d’intrusion dans la vie privée à propos d’un ami qui intervient sur votre wall,  en y postant une info (image, vidéo, article) sans vous demander votre avis. Cependant, il faudrait réfléchir à deux fois avant de cliquer intempestivement. C’est ce que j’ai pourtant fait pour un article d’un blog vénéré que je trouvais très drôle, et que j’ai posté dans la foulée sur le mur d’un friend, sans réfléchir au fait que ça ne le ferait peut-être pas rire. Bingo, incident diplomatique, sinon brouille définitive. J’aurais dû l’envoyer par mail en privé, Mea Culpa, j’ai retenu la leçon. Vous pourrez m’objecter que si c’est un ami, il aura l’habitude de mon humour acéré et de mon impulsivité, mais pour peu qu’il soit mal luné ce jour-là, il n’acceptera pas cette intrusion (j’ai réagi de la même façon pas plus tard qu’hier).

Tout ça pour dire que:

1/ Facebook est un outil de socialisation dangereux (au-delà des problèmes qu’il pose pour la préservation des données privées des utilisateurs) pour le concept même qui le nourrit : l’amitié. Si l’on part du principe que le mur d’un utilisateur représente sa personne, et que dans les relations réelles, il convient de respecter l’espace vital de chaque individu, il semblerait logique de respecter cet espace dans les échanges virtuels. A chacun de choisir de fixer ses limites et ses barrières, ou de jouer le jeu et alors d’adapter son niveau de tolérance.

2/au risque de frôler le poncif, les vraies amitiés, celles qui durent plusieurs années voire plusieurs décennies sont de celles qui triomphent de Facebook, en se passant de Facebook, puisque les vrais amis se voient en vrai, s’appellent en vrai et connaissent leurs défauts respectifs, et ne prennent pas la mouche au premier commentaire trop vite écrit, mal exprimé et lu de travers. Et surtout parce qu’ils dialoguent, et dissipent ainsi malentendus et quiproquo engendrés par cet outil artificiel et décomplexé. Si c’est impossible, c’est que leur amitié a changé de nature, qu’elle a été guidée à un moment donné par les hasards de la vie et qu’elle est un peu moins forte qu’avant (ou dans le pire des cas qu’elle n’en avait jamais vraiment été une).

Sur ce, j’y vais, j’ai un dîner entre amis.

NOTE IMPORTANTE : cet article se veut une réflexion GLOBALE sur Facebook et ne vise PERSONNE en particulier.

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Classé dans ça m'énerve!, ça s'est passé (ou pas)..., VDM

Mon pola et moi

Il y a quelques semaines, je surfais sur ebay, et je suis tombée sur un appareil Polaroid 600 de base, en bon état, à 6 euros seulement. Comme j’ai la fâcheuse impression de toujours faire des économies en dépensant mon argent pour des objets à prix réduit/en soldes/d’occasion dont je n’ai ni le besoin ni l’envie avant d’en connaître l’existence, je me suis précipité sur le bouton « valider votre commande ».

J’ai d’ailleurs arrêté d’ouvrir les mails envoyés par ventes privées. com, voyages privés.com, groupon.fr, brandalley et autres sites marchands de soldes permanentes hautement toxiques pour mon compte en banque. Et vous devriez faire de même. On devrait tous faire de même et ainsi créer un groupe sur le non moins toxique facebook sous le label « j’ai arrêté les sites de ventes en ligne-ultra VIP -privées-exclusives-rien que pour vous ».

Bref, je reçois ce petit bijou de technologie (un flash inamovible, une molette pour réduire ou augmenter la luminosité du cliché, une « loupe » pour passer en mode portrait, un bouton pour prendre la photo) dans les meilleurs délais (vive ebay). Je me précipite sur le net pour trouver comment faire de jolies photos réussies avec un pola, quand la dernière fois qu’on l’a utilisé, ça devait être il y a deux décennies…

Et là, stupeur! J’apprends qu’un mythe tenace circule sur le cliché polaroïd : ne jamais le secouer en un geste nonchalant et branché (même quand on est en soirée et qu’on veut impressionner ses amis) en attendant qu’il sèche à l’air libre sous peine de voir apparaître une image blanchâtre aux contours flous ou pire, inexistants, et d’entendre des ohhhhhhhhhhhh déçus dans l’assemblée alcoolisée qui attendait d’admirer sa tronche non moins alcoolisée…

Dès que le cliché est expulsé du ventre de la bête, il doit être très vite enfermé dans une boîte, caché sous un pull, mis impérativement à l’abri de toute source de lumière pendant au moins 2 mn. Comme une chambre noire quoi…

Pour la petit histoire, sachez qu’en octobre 2008, la firme américaine Polaroid décide d’arrêter la production des films mythiques, bien qu’on estime à 300 000 000 le nombre d’appareils de tous types encore en état de fonctionnement dans le monde. C’est alors que le miracle arrive à l’usine d’Enschede aux Pays-Bas, la dernière à fabriquer les films : une trentaine d’anciens employés décide de prendre le relais. The Impossible Project est né.

Évidemment, le rythme de production n’est pas le même qu’aux glorieuses heures du Polaroïd : certains composants chimiques sont aujourd’hui interdits et il faut trouver de nouvelles recettes. Du coup, les films sont souvent en rupture, et sortent au compte goutte (Noir&Blanc, puis couleur, puis pour une sorte d’appareil, puis pour une autre), mais le défi est relevé.

On peut les commander sur le site de The Impossible Project, mais si on est très impatient(e) (comme moi) on peut aussi les trouver chez Pola You, une galerie sise 17 rue des Moines dans le 17ème, et dont le galeriste est hyper sympathique. C’est lui qui m’a montré comment marchait l’objet, un grand moment d’émotion et de suspense : m’étais-je faite arnaquer?

Vous allez vite découvrir que non, grâce à ces superbes portraits (ça fait chic le portrait, et c’est le truc le plus facile à faire quand on débute) réalisés sans trucage, mais avec beaucoup d’inexpérience et de maladresse :

– celui-là est surexposé (temps neigeux, façade blanche, pull clair et flash non couvert). Raté donc, mais émouvant :

– mon premier cliché, avec mon bien aimé en victime.  J’aurais pu travailler à mettre en valeur le modèle notamment au niveau des costumes, mais j’étais trop pressée d’entendre le « zzzzzzzzz » caractéristique de la photo expulsée (j’ai soigné le décor, non?) :

– Là, je me mets en scène et j’engueule le photographe qui ne sait pas qu’il faut relâcher le bouton pour que le cliché sorte (et du coup je suis moche, merci…) :

– ici, je voulais un fond bien kitsch, et j’ai réussi je crois (et le mec est top model, je suis une artiste qui a beaucoup de moyens oui) :

– J’ai pris en photo plein de jolies filles aussi :

– et travaillé la mise en scène parfois :

Pour terminer, un dernier petit conseil si vous voulez vous y mettre : choisissez bien votre appareil et mettez y le prix pour un super rendu, le mien est à 6€, et c’est un modèle de base qui fait des photos de base.

Prévoyez un budget pour les pelloches quand même, la boîte de 8 poses est à 20€ environ. Pas si cher si on se souvient que déjà à l’époque, on prenait trois photos et on rangeait le pola parce que les pellicules coûtaient trop cher (100 F les 10 environ, ce qui explique l’énorme quantité d’appareils encore en état de marche).

Les clichés sont fragiles, conservez-les à température ambiante et constante, de préférence en position verticale (debout quoi) et en protégeant l’arrière du cliché avec du scotch (pour éviter l’apparition de bactéries qui le font ressembler au bout d’un mois à une photo jaunie découpée dans un journal des années 50).

Y’a aussi plein de tricks qui existent pour jouer avec les clichés, les customiser, les conserver, et tout ça c’est sur le site de The Impossible Project et sur celui des mordus, Polaroid Passion. Visez, appuyez, c’est prêt!

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Classé dans Culture/Déconfiture, Il me le faut!, Va voir là-bas si j'y suis!