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Le secret d’un réveillon réussi

J’espère que vous avez toutes et tous passé un excellent réveillon, avec ou sans cotillons.

Pour ma part, point de cotillons, mais une grosse éclate, la pire de toutes les soirées organisées par mes soins. Tout a été parfait, dingue à souhait. Comme tous les ans, l’idée s’est concrétisée deux semaines avant la date fatidique, et confirmée deux jours avant. Après moult tergiversations (fera, fera pas?) dues à de nombreux désistements (j’ai bonne mémoire et la rancune tenace, les judas se reconnaîtront), nous avons réuni les vieux de la vieille, les sans-soirée, les prêts à tout, la crème de la crème quoi, pour un réveillon-apéro dinatoire-grosse teuf. Environ une vingtaine de personnes au plus fort de la soirée, en mode intimiste mais pas trop ou grosse chouille mais pas trop, selon les points de vue.

Il y a eu comme tous les ans trop à manger (mais toutes les sapristi saucisses sont parties, rassurez-vous), un gâteau au chocolat à tomber a d’ailleurs fait son office le lendemain (merci AL), mais ce qui est étonnant, et parfaitement inacceptable, c’est qu’il y a eu trop à boire (je ne comprends pas, nous n’étions pas très frais à la fin pourtant…).

En résumé, pour un réveillon réussi, il vous faut :

– Une bonne dose d’impro

– un zeste de folie

– un appart sympa avec un bar sympa et fédérateur (un bar est toujours fédérateur)

– Du punch exotique qui tape bien et du gin Bombay Saphir

– Un peu de champagne

– du spok (shot champagne+vodka)

– Des sapristi saucisses

– une perruque portugaise et un nez rouge

– un coussin

– beaucoup d’amis

– un pote qui amène ses talents de DJ (et ses enceintes) pour mettre le feu au dancefloor de 1h à 6h du mat’

– des voisins compréhensifs ou sourds.

Et voilà, le tour est joué. Si avec tout ça, l’année ne s’annonce pas mémorable, l’année prochaine, je fais nouvel an sous les tropiques (Père Noël, t’es encore là? Allô?…).

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Il neige sur la coupole…

Je suis une vraie VIP de l’édition. J’ai été invitée  à la séance publique annuelle de l’Académie Française. Im-pres-sion-nant! Un lieu mythique sis 25 quai de Conti, dont la coupole ultra classique, sobre, donc superbe, nous domine pendant toute la séance.

Les 40 membres sont annoncés et accueillis par les tambours de la Garde Républicaine. Moyenne d’âge : 80 ans. C’est parti pour une cérémonie de deux heures, avec le Discours sur les prix littéraires, par Mme Florence Delay, « Directeur en exercice », une sorte de speakerine qui a presque la même voix que belle-maman et qui passe en revue les 72 (!) prix décernés en un peu plus d’une heure. Puis c’est au tour de Mme Hélène Carrère-d’Encausse, Secrétaire perpétuel (un rocher indétrônable) qui nous raconte l’histoire de l’Académie depuis sa fondation en 1635. Pendant une bonne demi-heure. Il est 16h30, l’heure de ma baisse de forme habituelle, et je vous avoue qu’il m’est difficile de lutter. Je m’assoupis donc quelques minutes et me réveille à temps pour écouter le traditionnel et interminable « Discours sur le Vertu » par M. Jean-Luc Marion. Discours aux accents philosophiques prononcés auquel je n’ai strictement rien compris (une idée peut-être, comme ça, au vol), mais qui sera bientôt disponible sur le site de l’Académie.

Inutile de préciser qu’en cas d’assoupissement, la discrétion est de mise, et que toute quinte de toux est proscrite. Vu : une dame âgée est prise d’une toux qu’elle ne parvient pas à arrêter pendant ce fameux dernier discours. Sa voisine, qui ne semble pourtant pas la connaître, exaspérée, lui tend des pastilles pour la gorge…

Et puis c’est la cohue, les beaux vestons et les robes de soirée se bousculent, les cannes et béquilles aussi, vite il faut faire la queue pour saluer Madame le Secrétaire perpétuel, puis jouer des coudes pour obtenir la précieuse coupette de champagne, s’enfiler un maximum de petit fours et taper la discute avec les p’tites filles de la Légion d’Honneur…

Après 10 minutes passées dans cette atmosphère étouffante et embaumant la naphtaline, je retourne à mon bureau sous la neige. Ah! la neige à Paris! Un émerveillement qui revient chaque année, qui fait retomber tout bon Parisien à l’âge des batailles de boules de neige l’espace d’un instant. Bien sûr, le Parisien reprendra ensuite le cours imperturbable de sa vie parisienne.

Un livre que je viens de découvrir parle justement de l’effet produit par l’enchantement de la première neige sur le Parisien.

Ça s’appelle Dessine-moi un Parisien, c’est de Olivier Magny, et c’est chez 10/18.

Ce jeune Parisien, qui a fondé sa société de dégustation de vins aux Etats-Unis, Ô Chateau, a pris la plume pour décrire, en anglais, le mode de vie si particulier du Parisien sur son blog Stuff Parisians Like. Ce fut un carton, et on lui a proposé d’en faire un livre.

En une succession de chapitres tous plus drôles les uns que les autres (porter du noir, les sushis, le café gourmand, les plaques d’immatriculation, les tomates cerises, les Chinois, les expos, la barbe de trois jours, les p’tits week-end, les serveurs…), il décrit à merveille les comportements caractéristiques du Parisien, amusants, séduisants ou simplement très horripilants. Mais tellement vrais, pour la grande majorité des exemples donnés.

On se surprend à fouiller dans sa mémoire pour retrouver le moment où on a traité une connaissance de « beauf » ou de « gros beauf », employé le mot « putain » (très fréquent celui-là), commandé une « San Pé », ou regardé de travers un mec en chaussettes blanches et chemise à manches courtes. Et on réalise enfin pourquoi le reste de la France méprise le Parisien, comme le Parisien méprise le reste du monde, à part le New-yorkais bien entendu, son cousin germain (et non germano-pratin faut pas pousser).

Florilège : « A la seconde où il commence à neiger, le Parisien (souvent le plus oisif) observe : « Oh, il neige! », ce qu’il confirmera vite d’un « Regardez, il neige. » Les autres Parisiens s’exécutent : en effet, il neige. S’ensuivent alors des échanges pénétrants où scintillent des « J’adore la neige » ou des « C’est trop beau ». La profondeur n’est pas la moindre qualité du Parisien. »

Le Parisien ne manquera pas de se reconnaître dans le contenu de ce beau petit objet, et pour une fois, ne fera preuve d’aucune mauvaise foi à sa lecture. Il pourra même s’enthousiasmer pour ce qui constitue le cadeau de Noël parfait que tout Parisien se doit d’avoir lu et se doit d’offrir (si, si, c’est le it-book de l’année!), sous peine de passer pour un « gros beauf ». 100% mauvais esprit, mais terriblement jouissif!

Un conseil : Assurez-vous d’être vous-même parisien avant d’offrir ce livre à un Parisien. Celui-ci peut faire preuve d’auto-dérision, mais seulement avec celui qui partage les mêmes valeurs que lui.

Parlez parisien : « Hyper-sympa ce p’tit bouquin! »

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