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Ce que veulent les femmes…

Il m’arrive de lire des magazines féminins. Surtout en période estivale, quand on lézarde sur la plage, et qu’on ne veut surtout pas s’encombrer le cerveau d’idées trop difficiles à digérer. Je lis donc Grazia, un magazine parfait pour s’alléger le bulot, mais qui comporte quand même des scoops, un peu de pages actu, quelques idées shopping/beauté plutôt bonnes (mon péché mignon), des recettes sympa (toujours light bien sûr), et la super chronique d’Ariel Wizman, que je trouve plutôt inspirée. La dernière sur la dictature du low-cost (valable pour les transports, mais aussi pour la bouffe et la culture) créée par les riches pour les pauvres est bien trouvée : comment se faire le plus de thunes sur le dos des pauvres hères ravis de découvrir l’Europe ou la Thaïlande pour une bouchée de pain même tout compressés…

Bref, dans le Grazia de cette semaine, on trouve une intéressante enquête intitulée « L’amour a-t-il changé? » ou encore « Les Françaises et l’amour », basée sur un sondage réalisé auprès de 733 femmes. Que désirent les femmes aujourd’hui? Quelle importance donnent-elles à leur vie amoureuse ? Comment aiment-elles?

Selon ce sondage, la vie de couple n’est plus la condition sine qua non d’une vie réussie : avoir des amis, des enfants, un travail épanouissant et être amoureuse passent loin devant. Que dire de « avoir une sexualité épanouie » relégée en dernière position… Et plus on est âgée et de gauche, plus le fait d’être en couple est secondaire ou inutile… (l’expérience finit-elle par porter ses fruits ?). Les femmes de gauche, toujours, ainsi que les CSP + sont moins naïfs que les cathos, des droitiers, et les milieux moins favorisés :  pour elles, l’amour ne rime pas avec toujours (sans déc????). Pour les plus progressistes  et les plus aisés, le nouveau libertinage a pour base : « A chaque fois, c’est pour toujours », et les yeux se ferment plus facilement sur le « pluriamour ». Pour certaines, la monogamie aurait même des relents de beaufitude…

En contradiction pourtant, les qualités primordiales du partenaire idéal seraient la fidélité et la sincérité. La fidélité est vue pour une grande partie comme une condition non négociable de l’amour, garante de sa pérennité. Mais on peut objecter que citer la fidélité absolue comme la clé d’une vie amoureuse réussie est finalement douter de sa pérennité… Dans une société où le cocufiage est un sport d’élite (enfin, élite, faut le dire vite), la fidélité est un pare-feu plus qu’une réalité , une façon de conjurer le sort en priant que ça n’arrive jamais (tout en sachant que ça peut potentiellement arriver).

Et cette peur de l’infidélité à même une incidence sur l’oreiller. Et oui, apparemment, prendre son pied est le cadet de nos soucis pour monter au 7ème ciel… La sexualité n’est plus un absolu : être amoureuse oui, avoir dans son lit un bon coup hyper viril et coureur, non merci. La femme du XXIe siècle opte pour un Jules sexuellement peu actif mais fidèle. Et ça tombe bien, parce que le désir de maternité recule chez les Françaises. Seulement un tiers des femmes interrogées pensent la maternité comme la clé du bonheur (une femme sur cinq juge la procréation secondaire ou inutile). Les féministes des seventies voient leurs voeux exaucés : être mère n’est plus ce qui définit en premier lieu la femme, mais c’est sa fonction sociale qui prend le relais. On passe du : « Bonjour, je m’appelle Camille, je suis mariée et  j’ai deux enfants » à « Bonjour, moi c’est Camille, contrôleuse de gestion et championne de Pole dance ». Mais la pression sociale qui pesait sur la femme sans enfant ne va-t-elle pas finir par laisser la place à la dictature de la réussite professionnelle?

Finalement, à la lecture de cette petite enquête, on se dit que la vie amoureuse des Françaises est bien compliquée, angoissante, stressante, car de plus en plus tournée vers l’individu, vers l’épanouissement personnel (et professionnel) plus que  l’épanouissement de l’autre, l’épanouissement à deux. Forcément,  à ce rythme là, c’est perdu d’avance : choisir de ne pas vivre en couple, faire passer ses amis et son boulot avant tout, craindre plus que tout (et donc provoquer inconsciemment) la possible infidélité de son partenaire, ne plus (ou peu) faire l’amour, c’est pour le moins se tirer une balle dans le pied. C’est si simple de se créer des barrières, des excuses, et de dire ensuite que ça ne marche pas, qu’on est finalement mieux seul…

Tout ça manque cruellement de spontanéité, d’écoute,  d’échange, de dialogue, d’affection… le meilleur bouclier qui soit pour préserver un couple des turbulences de la vie. L’amour ça se travaille!

« Bonjour, moi c’est Blondie, et je suis amoureuse ».

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Putain, trente ans…

Demain, j’aurai trente ans. ça fait tout bizarre de l’écrire… L’autre jour j’ai posté un article du bien-aimé blog C’est la gêne, dans lequel la Meuf disait qu’elle se sentait bien dans son âge, en phase avec les trentenaires et plus.

Il y a douze ans, je fêtais mes 18 ans. Putain, douze ans… J’essaie de me rappeler comment je me voyais à 30 ans à cette époque. Impossible de m’en souvenir. C’est sûrement parce que je n’en avais strictement rien à foutre et que je ne voulais surtout pas me projeter, et c’est toujours un peu le cas. Comme le dit un ami, le plus important est de rester fidèle à son imaginaire, à l’image de soi qui semble nous correspondre le mieux, refléter le mieux notre personnalité.

Cette photo a été prise pendant le technival (quel mot désuet aujourd’hui) de Chambley en mai 2004, peu après mes 23 ans. C’est une des photos les plus vieilles que j’ai en numérique, car pour mes 18 ans, on faisait encore de l’argentique. Je sais même plus ce que j’ai fait pour fêter ma majorité. Pas moyen de m’en souvenir…Appel à toutes les unités, si vous avez un morceau de ma mémoire, je suis preneuse...

C’est marrant, je n’ai jamais rêvé d’une grande maison, d’un monospace ni même d’emmener mes mômes à l’école. Tout cela est si vite perdu. Sauf les gosses, et encore, ils ont vite fait de vous reprocher tout un tas de trucs que vous avez forcément mal fait, je dis ça rapport à mes parents à qui je n’ai pas encore balancé tout ce que j’avais à leur balancer. Bonne résolution de la trentaine? Pas sûr que ça fasse avancer le schmilblick.

Devrais-je penser autrement aujourd’hui par ce que la société veut qu’à trente ans, on commence à construire une carrière, une vie de famille et à penser à sa retraite?

J’objecterai que de nos jours et par ces temps de crise, il est quelque peu difficile d’investir dans un appartement/une maison (je suis Parisienne, rappelez-vous) sans un apport significatif (et donc sous entendu des parents bourrés de thunes et/ou décédés) ou de faire fructifier son Plan épargne logement/retraite/coup dur ou encore de souscrire à la énième assurance vie/SICAV médaille-d’or-au-dernier-salon-de-la-banque proposée par ton banquier alors que ton compte est en négatif 25 jours par mois.

J’en connais qui pensent à toutes ces choses, et c’est sûrement légitime et justifié. C’est en tous cas faire preuve de bon sens et de prévoyance. Mais moi, ça me fait ni chaud ni froid.

A dix-huit ans, j’avais envie d’épanouissement et d’accomplissement par les rencontres, les voyages, la culture, la fête, et c’est finalement toujours le cas. Je n’ai finalement pas trop changé, je suis juste beaucoup un peu moins naïve et me suis faite prendre pour une conne une paire de fois. ça m’arrivera encore, mais j’essaie aujourd’hui de réfléchir avant d’agir (ça finit par rentrer). Si c’est ça avoir trente ans, alors c’est bon, je suis prête.

Un temps, j’ai rêvé (on peut toujours rêver est l’expression qui me vient à l’esprit) d’être avocate internationale (tout de suite les grands mots), puis journaliste. La flemme Le destin en a décidé autrement et j’ai fini même par me perdre en me voyant agent immobilier (arghhh), idée idiote insinuée dans ma tête en vrac par un membre de ma famille aussi paumé que moi.

Le livre et la culture, déjà très présents dans mes loisirs, se sont imposés et, de fil en aiguille, au gré des stages et des offres d’emploi, me voilà attachée de presse dans une maison d’édition d’histoire. Plus par opportunité que par choix finalement, faute de m’être réellement posé la question de « qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand? », d’avoir pris le temps de réfléchir et le courage d’aller au bout des choses. N’arrivant pas à choisir un métier, j’ai choisi un support. Ce qu’il y a de bien avec le livre, c’est qu’avec un livre, on peut tout apprendre et tout savoir. Et je suis très curieuse. Je ne dis pas que je n’aime pas ce que je fais, loin de là, mais si j’avais un peu réfléchi (voir deux paragraphes plus haut), j’aurais sûrement choisi une voix plus lucrative (et peut-être aussi moins épanouissante, cf le beurre, l’argent du beurre, la crémière).

Mais n’est-ce pas un peu comme ça pour chacun de nous? Exerce-t-on le métier que l’on avait fantasmé enfant ou adolescent? Si c’était le cas, on serait tous pompier ou vétérinaire.

Il y a douze ans, je ne savais pas à quoi allait ressembler ma vie à trente ans, et aujourd’hui, c’est la même, je n’imagine toujours pas ce que sera ma vie à quarante ans. Bon c’est sûr, j’étais bonne élève, tous mes carnets portaient la mention « élève sérieuse et appliquée, motivée, ira loin, réussira sa vie » blablabla… j’ai une dédicace de ce genre dans le dico anglais/français offert par ma prof en fin de lycée. Bon c’est sûr, je me voyais mieux réussir, honnêtement. Avec plus de fric et de moyens, plus de signes extérieurs de richesse, des voyages au bout du monde quand je veux…

Mais il me reste toujours quoi qu’il arrive mes signes intérieurs de richesse, une personnalité, un bagage culturel, des choses à partager, des amitiés fortes… Et le plus important : je me voyais galérer dans ma vie sentimentale, genre cougar dans dix ans, parce que j’ai bien galéré pendant pas mal d’années. Pis non. J’ai un mec en or que je pensais même pas que ça existait, en platine même!

Moralité : ça sert à rien d’imaginer quel sera notre avenir plus ou moins proche, parce que rien ne se passe jamais comme prévu. Et que le but de la vie, c’est d’être toujours surpris, et là où on ne s’attend pas.

Bon après, les aléas de la vie font que c’est pas toujours simple. Le déclassement par exemple, ça c’est pas cool.

A ce propos, je viens de voir un super film, The Company Men, réalisé par John Welles, producteur et scénariste prolixe (de la série Urgences entre autres), avec le toujours parfait Tommy Lee Jones, l’émouvant Chris Cooper (il faisait le daron colonel rigide/pédé refoulé dans American Beauty), et l’étonnant Ben Affleck, qui, non content d’améliorer  nettement son travail de réalisateur, améliore ici significativement son jeu d’acteur, dans le rôle d’un commercial horripilant et sûr de lui, détenteur d’un MBA en Maîtrise du Monde, qui roule en porche et joue au golf, et qui tombe de haut (les deux autres aussi) en se faisant virer comme une merde après 12 ans de bons et loyaux services. La raison : avec la crise et les rachats successifs de l’entreprise première crée par Tommy Lee Jones, l’action baisse. Or, pour ne perdre ni clients ni investisseurs, l’action doit se maintenir, et les coûts se réduire : on licencie à la pelle.

Une belle leçon de vie et d’humilité, sur la vanité du consumérisme et la fragilité de notre petit confort. En bon film Ricain, un happy end flatte l’initiative capitaliste, car le self made man l’emportera toujours. Bon, fallait pas attendre non plus que les héros entament le Chant des partisans ou l’Internationale…

Mention spéciale à Kevin Costner en charpentier bourru et généreux (avec des implants quand même hein), qui nous rappelle qu’il fut, avant d’enchaîner les nanards et de tourner avec son obscur groupe de country, un excellent et bankable acteur. Nicolas (Cage), si tu m’entends, prend exemple sur papa Kevin, lâche ton volant, ton épée et toutes ces conneries, et refait de vrais films, stp.

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