Il était une fois le vibro

Je vous conseille un excellent film, Oh my God!, comédie anglaise jouissive (elle était facile) et légère sur l’invention du godemiché, du vibromasseur plus précisément.

Nous sommes à la fin du XIXe siècle et le Dr. Mortimer Granville (Hugh Dancy, très beau garçon), en avance sur son temps et horrifié par la médecine moyenâgeuse encore pratiquée (saignées et ignorance des germes et microbes), se fait virer de tous les hôpitaux et atterrit dans le cabinet d’un médecin spécialiste de l’hystérie féminine (pléonasme, « hystérie » venant d' »utérus »), le Dr. Dalrymple. Il y apprend que pour soigner l’hystérie, il va falloir qu’il use avec abondance de sa main droite, pour prodiguer des massage utérins à toutes ces femmes en quête de bien-être et de paix.

En effet, à cette époque extrêmement prude et misogyne, la mélancolie, le  mal-être et l’extrême nervosité d’une femme sont à chercher du coté d’un mari négligent, ou d’un veuvage,  mais toute femme un peu indépendante (et surtout « vieille fille ») est considérée comme folle et bonne à enfermer. Et comme on pense encore que le plaisir féminin ne peut provenir que de l’acte de pénétration vaginale, cela ne pose aucun problème, pour calmer tout signe d’hystérie, de faire appel à un médecin ou une infirmière pour procéder à une stimulation manuelle du clitoris , qui conduira à un « paroxysme » et au soulagement des tensions.

Vous vous en doutez, l’affaire du Dr. Dalrymple est florissante, et le devient d’autant plus avec le talent du jeune Mortimer. Le rythme des consultations est effréné, et la crampe de la main ne tarde pas à surgir. C’est là qu’intervient l’ami de Mortimer, joué par Rupert Everett (hilarant en dandy loufoque, tout en retenue et espièglerie – son visage figé par le bistouri n’aidant pas à l’expressivité…).

Passionné par la toute nouvelle fée électricité, il s’invente l’ancêtre du ventilateur qu’il nomme « plumeau », et que Mortimer va détourner pour stimuler le clitoris de ses patientes…

Evidemment, une histoire d’amour couve dans cette comédie réjouissante, et le personnage de femme de caractère, presque féministe en avance elle aussi sur son temps, interprétée par une Maggie Gyllenhaal inspirée, va défier ce jeune homme et le pousser à changer sa vie.

Je n’en dis pas plus, mais attendez bien la fin du générique avant de quitter la salle, il ne faut pas louper le florilège des plus beaux vibromasseurs, des débuts à nos jours (on passe du sèche-cheveux au canard souriant, quel voyage).

Si vous êtes intéressé(e) par ce sujet et souhaitez creuser la question, voici trois conseils de lecture :

L’Affaire Rouy, de Yannick Ripa (éditions Tallandier), qui raconte l’histoire de cette jeune pianiste indépendante et célibataire, enfermée dans un asile sur ordre de son demi-frère voulant ce débarrasser du fardeau qu’elle représente. Enfermée pendant 14 ans, rayée de la carte, elle finira par être libérée par des administrateurs plus éclairés, et à demi-folle pour de bon, cette fois.

Histoire sommaire de la maladie et du somnambulisme de Lady Lincoln, des Dr. Koreff et Wolowski (éditions Tallandier). Ceci est un journal tenu par deux médecins, dont un Français magnétiseur, chargés de soigner une jeune Anglaise atteinte d’hystérie et de véritables crises de catatonie, de paralysie et de démence, comme si elle était possédée (elle parvient au cours d’un séance à se déboiter la mâchoire et la hanche une dizaine de fois sans paraître ressentir la douleur). Pour la soigner, les médecins ont recours au « somnambulisme » (à l’hypnose en réalité) et aux massages de la vulve. La femme semble faire des progrès mais la famille finit par lui interdire les consultations, sur pression du mari. On apprendra ensuite que les crises ont subitement disparu après son divorce. Elle s’était en effet plainte d’un mari qui la délaissait et avec lequel elle n’avait aucun point commun… Réalité ou jeu dangereux, le mystère reste entier mais le témoignage est saisissant et l’on serait tenté d’y croire. Le corps a pu ici exprimer de façon inconsciente un mal-être et réagir violemment aux carcans d’un quotidien morne et oppressant.

Technologies de l’orgasme. Le Vibromasseur, l’hystérie et la satisfaction sexuelle des femmes, de Rachel Maines (éditions Payot).  Dans cet ouvrage passionnant, l’historienne montre comment l’orgasme féminin a toujours été l’objet de luttes, en étudiant l’histoire du vibromasseur et les techniques de masturbation féminine. Utilisées depuis l’Antiquité à usage médical, comme un acte thérapeutique, puis pour excuser les ratés de la vie conjugale en pathologisant la sexualité féminine, elle sont devenues techniques érotiques utilisées par les femmes et ont fait du vibromasseur l’étendard de la la liberté sexuelle féminine.

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A la pointe du bic

Je ne savais pas que l’on pouvait faire autant de choses avec un bic. Sur une feuille de papier j’entends, pas pour se curer les oreilles (mais qui fait encore cette chose dégoûtante de nos jours?).

Je l’ai découvert à la galerie Gabriel & Gabriel, avec la toute nouvelle expo Neo-Portrait, expo collective d’une génération d’artistes autour du portrait.

On peut y admirer des oeuvres déjà exposées de photographes brillants et inventifs comme Ahmed Terbaoui, Videographik, Jobudenz.

Un des lonesome cowboy de Videographik, au grain si particulier…

Mais ce qui a définitivement emporté mon suffrage, ce sont deux artistes qui oeuvrent uniquement avec un stylo Bic. Sérieusement. Le bic orange tout con qui sert à remplir les grilles de Sudoku dans le métro (je ne remplis JAMAIS de Sudoku dans le métro ou ailleurs, je déteste le Sudoku.)

David Bideau, son truc, c’est les Red necks, ces Ricains des contrées lointaines et paumées,  à la tête très près du bonnet. Ils aiment la chasse, les coiffures en choucroute, les armes à feu et les bois de cerf. Tous ces portraits sont trouvés sur le net par l’artiste (ah, le fourre-tout magique de Flick’r). Oui, pour de vrai, il y a des vrais gens derrière ces photos ultra kitch. Ces images, minutieusement superposées, décalées, gommées, hachées, sont reconstituées à la pointe du bic, pour donner corps à des monstres du quotidien, la réalité des white trash, la classe américaine  rurale et populaire.

On ne peut que saluer la dextérité et la finesse du propos de l’artiste et penser, du moins sur le fond, au travail de Cindy Sherman, photographe américaine qui depuis plus de trente ans se grime et se tire le portrait, dans une critique acerbe  d’une société américaine glauque et vaine à force de consumérisme.

Sarah Esteje, photographe de formation, nous offre un voyage à travers l’animal, et l’animalité en nous, avec des portraits captivants et dérangeants, d’une incroyable finesse. Qu’il s’agisse d’un poulpe croqué au détail près, si précis qu’on pourrait le croire réel et presque percevoir la texture de sa peau, ou d’images inspirées de films pornos (gay ou non), qui vous chatouillent l’imagination. Impossible de rester de marbre devant tant de sensualité.

Je vous invite vivement à faire un tour à la Galerie Gabriel & Gabriel, 68 rue du Vertbois dans le 3ème arrondissement de Paris, mais également sur le site d’une autre reine du stylo bic, Carine Brancowitz, une Française de l’école Estienne, très orientée mode, et qui offre déjà ses talents à de nombreux magazines, labels et marques (comme BIC, et oui!).

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Les femmes préfèrent les blonds

Bon. Le verdict est tombé fin novembre, Bradley Cooper a été élu l’homme le plus sexy de l’année 2011 par le magazine people. Ok. L’acteur révélé par Very Bad Trip est certes plutôt pas mal, et complètement craquant quand il parle un français presque impeccable au 20 heures de TF1 devant une Laurence Ferrari sous le charme, mais je m’insurge quand même.

C’est inadmissible, c’est un scandale, comment ces journaleux n’ont-ils pas couronné l’homme incontournable de cette année 2011, qui a bien dû faire la couv’ d’une centaine de magazines, j’ai nommé le beau, l’unique, le demi-dieu Ryan Gosling, omniprésent (trop?) sur les écrans cette année avec pas moins de quatre films, Blue Valentine, Drive, Crazy, Stupid, Love et les Marches du Pouvoir. Il devrait d’ailleurs obtenir un joli Oscar pour sa prestation de chauffeur/cascadeur mutique dans Drive. J’ajoute que la révolte gronde sur le net et qu’une pétition a même été lancée, ainsi que la bannière joliment contestataire et douzième degré, Occupy People, afin que Ryan soit couronné comme il se doit par People puisqu’il est selon certains slogans « la preuve que Dieu existe et qu’Elle est une femme. » On peut même imprimer sur BuzzFeed un masque Ryan à arborer dans toutes les manifestations à venir.

Oui, je sais, lui il a droit à quatre photos,  mais j’ai jamais dit que cet article était objectif, et c’est bien le propre d’un blog d’être un vecteur d’opinion, partial et orienté, et là je donne mon opinion.

Beaucoup ont protesté contre le jeu toujours-un-peu-pareil du blondinet Ryan, en faisant valoir qu’il était largement surestimé. Pour ma part, s’il doit avoir un Oscar, ce serait plutôt pour son rôle dans la belle romance triste qu’est Blue Valentine.

J’ai aussi entendu de ci de là que l’on pouvait souhaiter que l’Oscar allât (notez cet imparfait du subjonctif bien placé) au sublime et ténébreux Michael Fassbender, 35 ans (il en fait plus), Irlandais de souche et d’âme, révélé par le rôle de Bobby Sands dans le terrible Hunger de Steve McQueen (le real Black et non le blond acteur), et sa grève de la faim mortelle d’indépendantiste de l’IRA bien acharné. Mais je ne pourrai me prononcer à ce sujet qu’en fin de semaine, lorsque j’aurais vu le très attendu Shame, toujours de Steve McQueen, où il interprète un accro au sexe profondément dépressif.

En tous cas, sa prestation dans l’incroyable film anglais Fish Tank, dans lequel il joue l’amant aux valeurs légères d’une gamine de 16 ans, était tout à fait prometteuse. Révélé par la série Band of brothers en 2001, il a depuis enchaîné les vaches maigres avant la révélation Hunger puis Inglorious basterds. Il a, à mon avis,  de jolies années devant lui.

Vous avez remarqué le point commun entre tous ces acteurs aussi talentueux qu’agréables à l’oeil : ils sont blonds aux yeux bleus. La tendance du mâle est donc plutôt nordique et anglo-saxone, avec une préférence pour les grands costauds, bien-faits de leur personne et nourris au grain.

N’oublions pas de citer le maître absolu dans cette discipline, le poids-lourd du blondinet sexy à souhait, qui pèse encore un peu dans sa catégorie, l’indétrônable et inoxydable Brad Pitt. Plus aussi jeune que ses concurrents, certes, mais qui envoie toujours du bois. Je viens de le voir dans un sympathique film, Le Stratège, où il joue le manager plutôt futé d’une équipe de base-ball. Eh ben Brad, t’as beau toujours vouloir t’enlaidir, être sapé en jogging et polo informe tout le long du film, porter une moitié de casquette immonde, t’auras toujours la classe internationale, que tu le veuilles ou non.

C’est pas beau ça, quand même?

J’attends donc vos suggestions de divinités blondes et masculines, qui puissent rivaliser avec celles que je viens de citer (mortes ou vivantes, on n’est pas sectaire).

Ah oui, j’en ai déjà une, Matthew McConaughey (dont le jeu laisse parfois à désirer,mais jamais les abdos, on peut pas tout faire, et pis en photo pour Dolce et Gabbanou, pas besoin de causer).

Mention tout à fait honorable pour l’ex-rugbyman Raphaël Poulain, dont j’ai déjà parlé.

Et dans la catégorie doublure de Brad Pitt, Charlie Hunnam, alias Jax, le héros de la série Sons of Anarchy (sur un gang de motards californiens voyous-mais-sympas-quand-même).

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Noël en Pyjamarama

C’est horrible, je n’arrive pas à trouver le temps d’écrire, alors que j’ai plein de trucs à dire.

Il faut bien sélectionner, et comme c’est bientôt Noyël, il est temps pour moi de partager mes quelques idées cadeaux.

Et ça tombe bien, je viens d’avoir le coup de coeur pour un objet qui ravira petits et grands.

Et ce n’est pas parce que je suis à fond dans mon trip voyage à New York que j’ai choisi ce petit bijou qu’est le livre jeunesse New York en Pyjamarama, de Michaël Leblond et Frédérique Betrand, aux Editions du Rouergue.

Mais qu’est ce que c’est au juste?

Déjà, avouez, la couverture est superbe, si graphique et attractive. Elle éveille la curiosité, et pour le meilleur.

Le livre est un mince album qui raconte l’histoire d’un petit bonhomme à l’heure du coucher, fin prêt dans son pyjama à rayures à vivre de palpitantes aventures au pays des rêves. Et ce pays des rêves, c’est la ville scintillante et grouillante de New York. Au cours de son voyage, il va découvrir son traffic, sa foule, ses lumières éblouissantes, autant d’escalators, de lieux, de routes, et de carrefours qui s’animent comme par magie grâce à la technique d’animation fascinante qu’est l’ombro-cinéma.

Il suffit de promener doucement le calque transparent rayé de fins traits noirs sur les illustrations pour que tout s’anime  : les feuillages des arbres de Central Park, les lumières de Broadway, les roues des taxis jaunes.

Ce livre est hypnotisant, régressif, ludique, ensorcelant, dépaysant, en un mot addictif.

A mettre très vite entre toutes les mains, sur toutes les listes au Père Noël et sous tous les sapins.

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Classé dans Culture/Déconfiture, In-Folio

Civisme…

J’essaie de courir deux fois par semaine. Pas après mon bus, mais de courir pour la forme, comme un petit hamster dans sa roue, et de préférence dans un lieu adéquat, le stade Championnet par exemple, tout mignon et bien arboré. Les coureurs du dimanche côtoient les pros de la course avec leur vieux T-Shirt Marathon de Paris, les jeunes basketteurs et footballeurs, ainsi que les tennismen en herbe, puisque plusieurs cours de tennis sont à disposition du public.

Je déteste courir dans la rue, parmi la foule plus ou moins compacte des passants, admirant votre pas de course leste et élégant, votre visage rougeaud, transpirant, déformé par votre respiration haletante, je déteste courir au milieu des gaz d’échappement, et par-dessus tout, je déteste les crottes de chien. Rien que pour me rendre au stade (à environ 500 mètres de la maison), j’ai dû en éviter une bonne quinzaine. Et comme dirait le raffiné Bigard, pour certaines, on sent qu’il y a eu un effort de fait pour trainer le gros clébard vers le caniveau, étant donné la disposition de toutes ces merdes au bord du trottoir…

J’étais justement en train de pester contre l’état déplorable de la voierie parisienne et la connerie de tous ces maîtres plus cons que leurs bêtes (et plus ridicules encore que la merde solaire qui se promène au bout de leur laisse), quand je suis tombée sur cette illustration collée sur un mur :

Je trouve la caricature tout à fait réussie et plutôt parlante. On peut l’interpréter de deux façons : soit le propriétaire de ce chien n’a que de la merde dans la tête, soit c’est une grosse crotte lui-même, ce qui, des deux points de vue, est assez drôle vous en conviendrez.

Tout maître qui adore sa bête mais qui la balancerait bien par la fenêtre lorsqu’il doit la sortir à l’aube encore en pyjama ou tard dans la nuit glacée, pour lui faire faire ses besoins, donnerait tout pour le voir faire ça :

En attendant que la science progresse ou que nous devenions tous fous, il va falloir, chers amis des toutous, prendre votre courage à deux mains (et la merde de votre clebs par la même occasion) et ramasser ce que votre chouchou adoré vient de lâcher en pleine rue.

Si vous en êtes incapables (je pense aux mémés trop âgées pour se baisser), ne prenez pas de chien ou trouvez vous des amis, un mec, une nénette, un club de bridge pour tromper la solitude (les échanges seront – en théorie –  plus riches). Ou prenez un chat, lui au moins, il sait faire dans une caisse. Je sais, c’est dur, c’est pas sympa, je suis une odieuse psychorigide inhumaine,  je devrais avoir honte de ne pas être l’amie des bêtes. C’est faux, j’adore les animaux, les chats en particulier, et même les chiens, mais chez les autres. En revanche, il est vrai que la plupart des propriétaires ramassent les déjections de leurs compagnons à poil (non pas Demis Roussos). Mais il suffit d’un petit pourcentage qui ne le fait pas pour que vous rameniez sous vos semelles de la merde jusque dans votre appart, sur les 10 tonnes de crottes produites pas les 200 000 chiens parisiens par jour, soit 3 650 tonnes par an.  Si l’amende prévue en cas de flagrant délit de défaut de ramassage de crotte était appliquée (elle peut aller jusqu’à 250 euros), les trottoirs de Paris ressembleraient déjà moins à une canisette géante.

Et de temps en temps, ça ne ferait pas de mal de leur chier aussi sur la tête à tous ces malappris.

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Classé dans ça m'énerve!, VDM

Wild thing

Ce fut une belle journée pour se promener dans Paris. Jusqu’à 13h, du moins. Après, ce n’est que piétinements et foule compacte, en particulier dans le Marais, un samedi après-midi ensoleillé (il faudrait pense à rendre ce quartier piétonnier, comme aux Abbesses, puisqu’il faut quasiment déambuler derrière les voitures pour se frayer un chemin).

Et ce matin donc, le hasard des mes pas a bien fait les choses et m’ont guidée vers une boutique de bijoux amérindiens, rock’ n’ roll, somptueux (et chers). Tout ce que j’aime.

Hod, avec sa vitrine au crâne de buffle minutieusement sculpté vous attire comme un aimant. Un shop multi marques, dont celle d’ Honorine Jewels, une Française installée à Jaipur, qui fabrique des petites merveilles, comme cette bague serpent.

Les bracelets en perles et cuir sont superbes (entre 45 et 90 euros), on trouve des boucles d’oreilles en plumes comme j’adore à des prix corrects, et de jolis petits bracelets tressés sertis de strass.

Les bracelets et bijoux en or et pierres sont d’une finesse et d’un raffinement absolus (si on aime les bagues à tête d’indiens, les têtes de mort sculptées et les serpents, mais ça tombe bien, c’est tendance).

Les sacs seau en croco (ou python?) sont tout simplement divins (et chers donc).

Que ça fait du bien de rêver par un samedi ensoleillé!

Hod, 104 rue Vieille du Temple.

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Paris vs New York

En attendant de découvrir la Grosse Pomme au printemps prochain, et de me faire un tortis colis à force d’avoir le nez en l’air (typique des touristes peu habitués à la hauteur impressionnante des gratte-ciel new-yorkais, comme Marilyn par exemple, habituée à l’horizontalité de L.A),

je vais me plonger dans un petit livre tout à fait sympathique, qui paraît aujourd’hui aux éditions 10/18, les mêmes qui ont publié l’hilarant Dessine-moi un Parisien.

Il s’agit de Paris vs New York, de Vahram Muratyan, graphiste d’origine arménienne et bobo parisien prêt à en découdre avec The Big Apple, lorsqu’il y met les pieds en 2010. Il ne connaît personne. Trois mois plus tard, son livre est publié chez Pinguin, le biggest american publisher ever. Entre-temps, il a ouvert un blog pour faire connaître ses créations légères, minimalistes et figuratives. Il y compare à coups de vignettes drôles et colorées ce qui peut être comparable entre sa ville natale et sa ville d’adoption.

C’est la ruée sur ce blog tout simple qui comptabilise presque 3 millions de visites. Le coup de coeur de l’éditeur suit, et c’est la consécration. Le studio de graphisme qu’il vient de créer promet de ne pas manquer de commandes. Comme ça, il n’aura plus besoin de choisir entre un côté ou l’autre de l’Atlantique…

Mes vignettes préférées, si vraies :

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Las Vegas Princess

A force de l’écouter et de le réécouter, ça me trotte dans la tête depuis quelques semaines et je ne résiste pas à vous en parler (je ne me fais seulement l’écho de nombreux sites qui ont déjà exploré le sujet). Son unique date à Paris au Nouveau Casino le 7 novembre prochain est complète depuis belle lurette, c’est dire.

Je parle de Lana Del Rey, alias Lizzy Grant, la révélation de cet automne.

On la connait par ses deux singles entêtants, Video Games et Blue Jeans, à la nostalgie moite et envoûtante, sur fond d’images vintage années 60 qu’elle monte elle-même. Son univers nostalgique célèbre les Etat-Unis de la série Mad Men, pré-soixante-huitards, embourbés au Vietnam et dans la Guerre froide, mais en plein essor économique, le pays des espaces infinis et des tous les possibles, des rêves de gloire, des stars hollywoodiennes, Marilyn et Elvis en tête, de l’argent et des filles faciles (le mythe de Las Vegas), de l’alcool et de l’insouciance. Terriblement dans l’air du temps, et le fantasme de ce début de siècle en crise.

Pour la petite histoire, cette gamine de 24 ans est originaire du Bronx et se tourne très vite vers le jazz, même si elle est influencée par les sons hip-hop de son quartier. Sa voix suave, rauque et mélodieuse est repérée en 2007, mais ce n’est qu’en 2008 qu’elle enregistre son premier single « Kill Kill », avec un clip toujours réalisé par ses soins (d’où le montage hachée avec des images très semblables d’un clip à l’autre). En 2010, elle signe son premier album éponyme, « Lana Del Rey », qui ne verra pas le jour mais qui est heureusement – succès oblige- disponible aujourd’hui à l’achat en digital (sur virginmega notamment). On pourra découvrir son second album au printemps 2012.

Lana Del Rey aime cultiver un parfum de mystère autour de son personnage, à l’image de sa voix brumeuse et lointaine, et fait référence à David Lynch et James Ellroy quand elle décrit ses inspirations.

Lizzy Grant a laissé place à Lana Del Rey, qui vient d’éclore sous nos yeux et pourrait être parfaite dans des films comme Bus Stop (avec Marilyn) ou Thelma et Louise (et pourquoi pas du Hitchcock, dans sa periode non botoxée, je vais y venir).

On n’en saura pas beaucoup plus, de cette rousse qui se cache derrière une teinture blonde et une bouche trop pulpeuse pour être honnête. Qu’on aime ou non, l’artifice n’est-il pas finalement l’apanage de toute star en devenir, qui rejoue perpétuellement le rôle de sa vie ? Marilyn fut brune avec une bosse sur le nez, à ses débuts…

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Vintageland

Par ce beau dimanche ensoleillé, je suis allée pour la première fois à la Cité de la mode et du design, immense et intrigant navire vert fluo amaré au quai d’Auterlitz, en face de la gare de Lyon. Le bâtiement est terminé depuis plus d’un an, mais on ne sait toujours pas bien ce qui s’y passe (on sait juste qu’il abrite l’Institut Français de la Mode).  La terrasse hyper classe en teck, qui fait toute la surface de l’établissement est fermée au public (risque-t-elle de s’effondrer?). Le site web s’appelle Paris Docks en Seine, allez savoir…

Tout ce week-end, elle accueillait le salon Paris Vintage, où j’ai dégoté une petite robe à motifs chinois années 80 charmante (à ceinturer évidemment, manches chauve-souris obligent sinon ça fait sac) à 30 euros, des bottines en cuir ultra tendance à 35 euros (c’est ça de chausser du 36, personne ne vous les pique), et de jolies boucles d’oreilles de récup, made in Beyrouth.

Il y avait bien sûr des stands de friperies, du faux vintage plus ou moins inspiré, et du vrai hors de prix. Au choix, un ensemble Paul Poiret années 20 dont je n’ai pas voulu connaître le prix, une robe en cuir crayon et haut perfecto par Azzedine Alaïa, idem pour le prix, une robe Léonard à 150 euros, mais là j’ai résisté.

Du coup, je suis fière de mes trouvailles et j’ai bien envie de vous faire partager quelques bons plans et adresses, croisés là-bas :

Pour le vintage :
Ooh lala ! Vintage : une web boutique anglaise de vintage très pointu (1900-1980), basée à Paris, qui propose des stages pour comprendre le vintage et savoir comment trouver les meilleures pièces (pour les pros et les amatrices), des balades en 2CV à la découverte du Paris Vintage, des apéros, du sur-mesure (si un pièce vintage que vous adorez est trop petite pour vous, elles le refont à l’identique à vos mensurations!)
Les Georgettes (20, rue du Pont aux Choux, 75003 Paris) :  une ancienne styliste et une spécialiste du jean ont ouvert cette boutique chic où les vêtements sont valorisés (vous n’y trouverez pas la vieille odeur de renfermé caractéristiques des friperies, ni la désagréable impression de retourner un tas de fringues malodorantes), et destinées aux petites bourses (avec aussi des bijoux de créateurs).

RétroSpectives : cette ancienne consultante basée à La Rochette (77) propose des tenues exceptionnelles à la location et à la vente.
Vintage by FK (à Rouen) : c’est là où j’ai déniché ma robe, il y a également de très belles pièces (Léonard notamment).
Revu : un site de vente en ligne de vintage sélectionné et retouché si besoin basé à Paris, et crée par une designer suédoise et une photographe française.
Belles de jour : un site de vente en ligne qui propose aussi des locations.
Et une incroyable adresse à Nice où j’ai trouvé des chaussures et une ceinture incroyables : Caprice Vintage Shop.
Pour les créateurs, de bijoux en particulier, présents en masse à ce salon du vintage :
Vanina Design, deux créatrices libanaises qui produisent d’étonnants bijoux bling-bling, colorés et imposants, avec des mini objets de récup (des stocks d’usines également). Je vous conseille les chouettes boucles dépareillés, dépêchez-vous, l’importatrice va arrêter de les vendre et renvoyer le stock au Liban (elle change d’activité). Elle organise très bientôt un dernier apéro-vente, je vous le ferai savoir.
Anne Thomas Bijoux : un peu chers, mais tellement classes, avec leur minimalisme art déco.
Les Indiscrètes, pour leur collection de headbands décalés.
Pour bien terminer la journée, je me suis baladée dans mon quartier des Abbesses, et j’ai rêvé quelques minutes dans une boutique de créateurs à la déco incroyable, Paperdolls. J’ai eu le coup de coeur pour la marque française We Are The Neons, à l’univers pétri de westerns, d’Indiens et de rêves de grands espaces. J’adore en particulier ce sweat tout doux à motifs plumes (porté par la blonde) :

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Trop de Ryan tue le Ryan

Je suis allée voir les Marches du pouvoir hier, le dernier film de George Clooney. George, toujours aussi parfait, y interprète le gouverneur Morris, dans la course à la primaire démocrate, qui doit le conduire tout droit à la Maison Blanche. Son conseiller en communication, jeune loup encore frais et naïf, talentueux et plein d’idéaux, c’est l’omniprésent Ryan Gosling ( et il adore George le politicien sympa, de gauche, avec des idées tout à fait louables sur l’écologie et la faim dans le monde). Bref, comme vous (et nous dès le début du film), on sait que quelque chose va craquer et faire déraper toutes ces belles intentions. Mais je ne spoilerai pas.

Philip Seymour Hoffman, un des plus grand acteur de sa génération (et qui ne joue malheureusement que trop souvent des seconds rôles), incarne le directeur de la com’ de Clooney, hyper droit dans ses bottes et très attaché à la loyauté de son staff. Face à lui, Paul Giamatti (encore un excellent acteur de seconds roles), qui joue le dir’com de l’autre candidat démocrate. Un salaud comme les autres, ni plus, ni moins.

De facture classique (trop?), le film met longtemps à démarrer, accumule un peu trop poncifs et raccourcis faciles, finit tout de même par être efficace. Il dure un peu plus d’une heure et demie, ce qui paraît court lorsqu’on prend l’habitude des deux heures qui sont aujourd’hui la norme. Ca peut suffire à rendre un film percutant. Là, on reste un peu sur sa faim, on aurait voulu que George nous en dise plus, qu’il approfondisse l’intrigue, creuse les personnages, les fasse parler un peu plus et nous faire comprendre ce qui pousse un homme à se parjurer pour réussir.

On est trop habitué, aussi, à ces séries magistrales sur le monde de la politique, sa pourriture, les vases communiquant entre toutes les institutions (congrès, mairies, police, éducation, entreprises privées), le renoncement à tous ses idéaux pour atteindre la plus haute marche, les compromis qu’il faut faire mais qui vous déchirent de l’intérieur. Comme The Wire, où l’on suit l’ascension d’un jeune politicard plein de bons sentiments et qui finit par jouer le jeu pour devenir le maire de Baltimore. En cinq saisons magistrales, The Wire vous démontre avec une efficacité redoutable toute l’illusion du processus démocratique.

Evidemment, en 5 saisons de 13 épisodes chacune, on a le temps de développer le sujet. Les Marches du pouvoir, c’est plutôt : « tous pourris,  et what else? »

Je ne peux pas clore cet article, vous vous en doutez bien maintenant, sans parler de la prestation du beau Ryan Gosling. Est-ce parce que l’on vient de le voir dans une demi-douzaine de films ces six derniers mois et qu’on va surement le voir dans l’autre demi-douzaine dans les mois qui viennent, qu’on se dit que finalement, il joue toujours un peu pareil, Ryan (là, tenez, on revoit sa mine de beau gosse sûr de lui dans le non moins excellent Crazy Stupid Love…).

Vous me direz, chaque acteur a sa personnalité et finit par avoir toujours un peu les mêmes expressions, surtout quand il enchaîne les films et le spectateur avec. Tous les acteurs ont eu leur période de prise d’otage médiatique en leur temps (Brad Pitt et Entretien avec un vampire, Légendes d’Automne, 7 ans au Tibet, Sleepers, Seven, L’Armée des 12 singes, avant la consécration Fight Club, Tom Cruise avec Jour de Tonnerre, Top Gun, Cocktail et j’en passe, Mel Gibson avec son arme fatale et ses comédies, Richard Gere et sa pretty woman – ma mère en cherche toujours un comme lui, faut que je lui explique qu’il est plus comme dans ses films des nineties – Bruce Willis, Mickael Douglas et plus récemment Jeff Bridges – qui sort un excellent disque de country par ailleurs).

Toujours est-il que Ryan manque un peu de profondeur, qu’il a du mal à incarner son personnage et faire face à un Philip Seymour Hoffman de haut niveau.

Je dois admettre que dans un court dialogue, il joue même un peu faux… En panne d’inspi Ryan? ça peut arriver, surtout après un tel rôle d’autiste…  On peut imaginer combien il est difficile ensuite de décrocher de la mine patibulaire et inexpressive… Mais bon tu es payé pour ça mon p’tit bichon. Tu n’as jamais été meilleur que dans Blue Valentine, avec ton jeu d’acteur riche et travaillé, incarnant un artiste raté, grand romantique désappointé, qui émeut et prend aux tripes. Ce sera pour la prochaine fois, mais il te reste encore du chemin, n’oublions pas que tu fus et restes un fan de Mickey, comme Justin et Britney…

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