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Ce qui passe par mes oreilles et qui atteindra peut-être les vôtres…

L’épidémie continue….

 

En fait non, c’est pas ok… Arrêtez de mourir, merde!

Si tous les meilleurs (même si dans le cas de Whitney ses dernières bonnes chansons remontent à quelques temps maintenant) s’en vont, il va finir par ne plus rester que David Guetta et Mamie Madonna (qui s’est bien donnée au Superbowl malgré tout, mais musicalement, son dernier album est un désastre).

Allez, encore un pour la route, elle avait la classe quand même…

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Las Vegas Princess

A force de l’écouter et de le réécouter, ça me trotte dans la tête depuis quelques semaines et je ne résiste pas à vous en parler (je ne me fais seulement l’écho de nombreux sites qui ont déjà exploré le sujet). Son unique date à Paris au Nouveau Casino le 7 novembre prochain est complète depuis belle lurette, c’est dire.

Je parle de Lana Del Rey, alias Lizzy Grant, la révélation de cet automne.

On la connait par ses deux singles entêtants, Video Games et Blue Jeans, à la nostalgie moite et envoûtante, sur fond d’images vintage années 60 qu’elle monte elle-même. Son univers nostalgique célèbre les Etat-Unis de la série Mad Men, pré-soixante-huitards, embourbés au Vietnam et dans la Guerre froide, mais en plein essor économique, le pays des espaces infinis et des tous les possibles, des rêves de gloire, des stars hollywoodiennes, Marilyn et Elvis en tête, de l’argent et des filles faciles (le mythe de Las Vegas), de l’alcool et de l’insouciance. Terriblement dans l’air du temps, et le fantasme de ce début de siècle en crise.

Pour la petite histoire, cette gamine de 24 ans est originaire du Bronx et se tourne très vite vers le jazz, même si elle est influencée par les sons hip-hop de son quartier. Sa voix suave, rauque et mélodieuse est repérée en 2007, mais ce n’est qu’en 2008 qu’elle enregistre son premier single « Kill Kill », avec un clip toujours réalisé par ses soins (d’où le montage hachée avec des images très semblables d’un clip à l’autre). En 2010, elle signe son premier album éponyme, « Lana Del Rey », qui ne verra pas le jour mais qui est heureusement – succès oblige- disponible aujourd’hui à l’achat en digital (sur virginmega notamment). On pourra découvrir son second album au printemps 2012.

Lana Del Rey aime cultiver un parfum de mystère autour de son personnage, à l’image de sa voix brumeuse et lointaine, et fait référence à David Lynch et James Ellroy quand elle décrit ses inspirations.

Lizzy Grant a laissé place à Lana Del Rey, qui vient d’éclore sous nos yeux et pourrait être parfaite dans des films comme Bus Stop (avec Marilyn) ou Thelma et Louise (et pourquoi pas du Hitchcock, dans sa periode non botoxée, je vais y venir).

On n’en saura pas beaucoup plus, de cette rousse qui se cache derrière une teinture blonde et une bouche trop pulpeuse pour être honnête. Qu’on aime ou non, l’artifice n’est-il pas finalement l’apanage de toute star en devenir, qui rejoue perpétuellement le rôle de sa vie ? Marilyn fut brune avec une bosse sur le nez, à ses débuts…

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C’est la rentrée, olé!

Me voilà de retour après pratiquement un mois de silence. J’étais en vacances figurez-vous. Elles ne furent pas toutes ensoleillées, mais elles furent reposantes, gourmandes et sportives, et c’est le principal.

Me voilà donc de retour à ma trépidante vie parisienne, et dans les salles de ciné de la capitale. (Je vous avais dit que j’allais voir la planète des singes, et ben c’est fait, et c’est pas mal, quoiqu’en disent certains. Et ça soulève de bonnes questions, je trouve, c’est du grand spectacle intelligent).

Bref, vendredi soir, c’était deux films sinon rien, avec le très sombre Tu seras mon fils, et le très drôle Comment tuer son boss. Le premier est un bon drame psychologique à la française, sur un fils piétiné par un père trop occupé par son domaine viticole et son petit nombril. Laurànt Deutsch est à la hauteur, on a eu peur car trop de Comédie Française tue la comédie. Il ne surjoue pas, il incarne avec justesse ce fils meurtri, ex-bègue, en quête de l’adoubement d’un père qui le méprise. Niels Arestrup est odieux, violent, et c’est ce qu’il joue le mieux (vous souvenez-vous de son rôle de parrain sadique dans Un prophète?). Le scénario co-écrit par Delphine de Vigan, auteur de la rentrée littéraire avec un roman sur sa mère, que je dois lire (Rien ne s’oppose à la nuit, JC Lattès) est violemment efficace, bien que parfois trop caricatural. Un film assez bouleversifiant, j’en conviens.

Comment tuer son boss est jouissif… L’identification du spectateur est simple, évidente (qui n’a pas un jour rêvé de tuer son boss?), c’est si facile de compatir pour ces trois loustics déprimés par leur job. On s’attendait à une énième redite du moyen Very Bad Trip 2,  du film de potes pas très finauds, avec le gros lourd, le dragueur, le bosseur. C’est aussi cela, mais pas que. Le trio fonctionne bien, faisant bloc contre leurs trois débiles de patrons. Kevin Spacey est toujours impeccable en sadique caustique (évidemment), et la comédie lui réussit (American Beauty est un chef d’oeuvre).

Jennifer Aniston change de registre en incarnant une dentiste brune complètement nympho, totalement à la ramasse, qui rêve que son assistant lui danse sur les seins. L’autre allumé est Colin Farrell, méconnaissable en beauf à la calvitie précoce, cocainé jusqu’aux yeux. Pas très subtil comme jeu d’acteur, mais ultra drôle. J’ai presqu’autant ri que pour le surprenant Very Bad Trip 1 (je le redis, n’allez pas voir la suite). Bref, bonne surprise.

Au moment où j’écris ces lignes, je devrais être dans une salle obscure à regarder Melancholia, du très bizarre (et un peu cintré) Lars Von Trier, mais, une fois n’est pas coutume, je suis arrivée à la bourre et la séance affichait complet. La loose. C’est pas comme si mon week-en n’avait pas été émaillé de plans loose (pas seulement hein, mes week-ends ne sont jamais totalement pourris).

1- Je découvre que Madame Connasse est peut-être (je dis peut-être, car ça peut être aussi sa mère, je sais pas à combien ils vivent là-dedans) rentrée de ses deux mois de vacances, et qu’elle commence déjà à bouger TOUS les meubles de son appart…. Mais tu pouvais pas rester en Bulgarie connasse ????? (Ma patience est à bout, je ne réponds plus de rien si je revis une autre année de merde avec cette conne.)

2- Je me faisais une joie de revoir Etienne de Crecy en live. Il y a deux ans, son live à la Défense, avec Laurent Garnier en première partie, m’avait complètement éblouie. Le mec mixait au milieu d’un cube de néons qui bougeait en rythme. Expérience hallucinante.

Il était donc samedi soir au Nouveau Casino, en after de Rock en Seine.

On arrive vers 2 h, après une soirée mémorable et très réussie pour les 30 ans de Anne (merci Anne, je te fais des bisous). Il a pas encore commencé, le petit Etienne. On se pose en mezzanine, en pestant (déjà) contre un des deux DJ en première partie dont je ne veux même pas me souvenir du nom, et qui nous passe une merde infâme en levant les bras, genre je mets l’ambiance. Personne ne danse, sauf son guignol de pote à gauche de la scène, qui mouline allègrement du bras, en prenant des photos de lui et d’une grosse blonde au QI de palourde (j’adore les palourdes). J’avais enlevé mes talons pour être plus à l’aise, et ben je m’en serais bien delesté sur sa joue, à ce gros beauf… J’avais la bonne fenêtre de tir, dommage…

Vous vous souvenez de cette merde qui passait sur FUNERGIE à l’époque, de l’infâme dance mâtinée de Machina, Alarma, par le talentueux DJ 666 ?

Et ben, à peu de choses près, c’était ça. Une machine à laver. Comme Fidz ou Housemeister en première partie de Boyz noise à la Gaité lyrique l’autre jour. Impossible de danser. Des sirènes hurlantes, des break trop faciles et trop nombreux, re-sirènes qui vrillent les oreilles, puis beat de marteau piqueur, ou, et c’est pire, raggamuffin, à la Rihanna ou à la Sean Paul, comme toutes ces merdes qui passent en « boîte », et pour finir, sirènes, encore et encore.

Etienne arrive enfin, et c’est la même. Rien de son nouvel album, que du son club tout pourri pour gamins de 18 ans (ils y étaient en masse d’ailleurs).

Est-ce que tu te serais pas un peu foutu de notre gueule, Etienne, là, sur ce coup? Hein? C’est ça la french touch? Le son des Daft Punk et de Justice tellement surexploité, distordu, surjoué, que ça en est inaudible? Tu voudrais pas aller voir ton copain David et sa F*** me, I’m famous? Il se fait plus de blé, lui, au moins. Et pis, il assume sa merde, lui. Toi aussi tu me diras, tu dansais même! Ou tu fais bien semblant de kiffer alors… Ils t’ont bien payé à Rock en Seine, j’espère, parce que là, faudra du temps pour que je retourne contempler ton jeu de main, jeu de vilain….

On est quand même loin de ton dernier son, Hope, ou Someone like you avec ton pote Alex Gopher, et Camille en guest, sa voix caresse ultra sensuelle, que je vais me réécouter peinard à la maison, avec les toutes dernières enceintes de mon chéri, qui envoient du bois, elles.

Je t’embrasse pas, tu perds tes cheveux.

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You know I’m no good

27 ans… C’est pourtant pas l’âge auquel le Christ est mort… Pourquoi tant de chanteurs « maudits » et drug addicts meurent-ils tous (d’overdose) à l’âge de 27 ans (Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison et Kurt Cobain, pour ne citer que ceux-là) ?

Amy Winehouse semble aussi avoir succombé à l’abus de substances illicites, et ceci n’étonne personne. Comme dit un ami au sens de l’humour plus qu’acéré, « Ben oui Amy, à force de faire des counneries, et ben on meurt… »

J’avais failli la voir à Rock en Seine il y a deux ans, mais elle avait annulé, pour la deuxième année consécutive, sa préstation. En même temps, il valait sûrement mieux, au vu de ses dernières performances lamentables de poupée ivre et vacillante sur ses talons aiguilles, un verre à la main et parfois vomissant même sur scène.

Elle venait d’ailleurs d’annuler tous ses engagements il y a peu. Coïncidence? A-t-elle voulu en finir l’année de ses 27 ans, écoeurée d’avoir encore une fois déçu ses fans à Belgrade, en juin dernier, lorsqu’elle s’est fait huer par 20 000 personnes qui entonnaient à se place les paroles des ses propres chansons puisqu’elle était incapable de s’en rappeler?

Ecoeurée de lire, ou de tomber sur des émissions ou des photos dans les magazines people traquant le moindre bleu sur son visage, la moindre trace de sa déchéance physique?

Ces mecs sont à vomir. On aimerait seulement retenir la beauté de ses chansons, la force de leurs paroles, mais la personnalité torturée et scandaleuse de la diva fait indéniablement corps avec son oeuvre et son succès. Deux albums en 8 ans, c’est peu (le premier, Franck, est sorti en 2003 et le second, Back to black, au titre tristement prémonitoire, en 2006). Un troisième album était apparemment en préparation, elle avait enregistré en 2010 une reprise de Lesley Gore pour un hommage au producteur Quincy Jones, ainsi qu’un duo avec Tony Bennett, programmé pour la rentrée. C’est peu en 5 ans, mais beaucoup quand on se bat avec l’alcool et les drogues et qu’on enchaîne les rehabs, où elle a bien fini par aller sous la pression de ses amis et celle de ses producteurs.

En regardant la vidéo du pathétique concert de Belgrade, je suis gênée parce que c’est finalement du voyeurisme que de regarder celle que l’on comparait à Aretha Franklin et qui remit la Soul au goût du jour, s’humilier comme une bête de foire, mais j’éprouve aussi de la pitié et une grande tristesse. Sous sa choucroute, ses tatouages, ses faux seins et son maquillage noir charbon qui le vieillissaient de 15 ans, on devine une frêle (trop frêle) jeune femme au physique d’alcoolique, attachante, espiègle parfois quand elle enlace son choriste (sa bouée de sauvetage?), mais qui vacille et semble prête à s’écrouler à chaque pas. Ses amis s’inquiétaient dernièrement beaucoup à son sujet, mais qui peut aider quelqu’un qui ne veut pas consciemment être secourue?

They tried to make me go to rehab, I said no, no, no
Yes I’ve been black and when I come back, you’ll know, know, know

Enorme talent, énorme gâchis.

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Rouge et tout en couleurs

Ma journée de samedi dernier a été placée sous le signe du drapeau arc-en-ciel (voilà seulement que je trouve le temps de finir mon post commencé il y a déjà quelques jours, c’est dur la vie d’artiste).

J’ai toujours voulu participer au défilé de la gay pride à Paris, mais je suis souvent occupée le samedi après-midi, et j’arrive toujours après la bataille. Ou avant. En l’occurrence, j’ai vraiment percuté que c’était bien ce jour-là quand je me suis rendue dans mon bar à tapas préféré, cis rue des lombards, au 8 précisément, Les Piétons, et que j’ai vu ça :

Et ça :

Le mec s’était bien fait chier à gonfler des centaines de ballons et les fixer à équidistance sur un fil, et à faire ensuite des acrobaties pour les tendre de part et d’autre de la rue. Heureusement, il n’a pas entendu le client derrière moi visiblement peu au fait de l’actualité, lâcher un « Ah, y’a un match? c’est quelle équipe ça? je reconnais pas trop les couleurs…. »

Même le Wolf bar, dans la même rue, et dont les tenanciers et clients ne sont pas réputés pour leur amabilité et leur « funitude », avaient sorti les lampions, dis-donc (ça donne envie hein?) :

Bravo aussi au Diable des Lombards, un bar-restau hyper agréable au passage, que je recommande fortement pour les happy hours :

Cette rue est magique, vous dis-je, avec juste à côté du Diable un bar-jazz qui propose des mojito à tomber, le Baiser-salé.

Toujours pas le temps de faire le défilé à Bastille ni de participer à la joie ambiante ( toutes les raisons de se réjouir sont là, puisqu’il y a quelques jours à New York, le mariage gay a été autorisé. Round 1 gagné). Je rentre donc à la maison, et sur le chemin, je découvre que c’est aussi ce jour-là le carnaval de Montmartre, (« la Vachalcade ») où tout le monde est invité à se déguiser  et à danser au son des fanfares, des groupes de rock et des écoles de musique. C’est la fête de la musique à rallonge quoi. Bon, j’ai vainement cherché la vachette et le mec qui se fait courir après comme dans nos mythiques Intervilles, les traditions se perdent ma bonne dame.

Le soir même, je vais faire un tour dans ce lieu ultra sympathique, La Maison Rouge, qui propose une exposition d’artistes contemporains canadien issus de la ville de Winnipeg (ça s’appelle d’ailleurs My Winnipeg, et j’en ai déjà parlé ).

Peintures, installations, collages, sculptures, courts métrages, c’est tout un panorama du dynamisme artistique de cette ville perdue au fin fond du Canada et qui a trouvé une manière originale de se réchauffer qui est proposé. Évidemment, la nature et les racines autochtones sont très présentes dans ces œuvres mélancoliques et décalées.

La petite maison de poupée d’un artiste dont j’ai oublié le nom m’a beaucoup marquée. Elle est complètement surréaliste, avec des couloirs clos et ne menant nulle part, du mobilier au plafond, de la neige dans la cave, un arbre au grenier, et une impression de malaise qui se dégage de ce lit psychiatrique placé dans une chambre paisible, ce sens du détail terrifiant et fascinant.

Et on a même eu droit à un mix VJ/DJ local, et à une séance de collages avec une des artistes exposés, dans le patio hyper agréable :

Pardon, les photos sont un peu dégueu, mais je fais avec les moyens du bord, vous pouvez toujours vous cotiser pour m’offrir un super appareil avec zoom de 25 mètres.

La soirée s’est ensuite un peu corsée, avec une nuit entière à la Club Sandwich, une soirée gay hétéro friendly comme la Flash Cocotte (souvent à la Machine du Moulin rouge ou à la Java), mais en plus prise de tête (et plus cher aussi), qui a eu lieu au Trianon (métro Anvers), après avoir squatté l’espace Pierre Cardin et son jardin.

Et d’un jardin, il y en aurait fallu, tellement l’air était irrespirable et la chaleur moite et dense. Mais point de jardin, et pour 25 euros, même pas le droit d’accéder au balcon, un videur (ah les videurs…) en barrait l’accès, dès fois qu’on aurait attendu pile cette soirée pour se balancer dans le vide…

Le flyer promettait luxure et fantaisie extrême (j’ai hésité à y aller, en me disant que cette fois ça allait être vraiment trash, mais en fait y’avait plein de nanas hyper lookées venues là pour se faire admirer). En ce qui me concerne, j’y suis allée avec deux amis (un mec et une fille) pour faire la fête et écouter de la bonne musique, ce qui est la plupart du temps assuré dans une soirée gay. Lâcher un peu les soupapes quoi. Bon, ben pas de panique de toute façon, j’ai à peine vu un baiser s’esquisser vers 6 heures du mat, et François Sagat (l’ancien acteur de porno gay au crâne entièrement tatoué) en diva à paillettes et perruque (de loin, je l’ai même pas reconnu) esquisser un strip tease et montrer ses fesses. Light, avouez-le.

Ah oui, et aussi Bob Sinclar faire semblant de mixer, avec sa veste bleu électrique pour qu’on fasse bien le parallèle avec la pub Sennheiser, mais ça c’est habituel, ça fait des années qu’il le fait, semblant de mixer. Heureusement, des jeunes gens plus aventureux (et dénudés aussi) ont pris le relais et nous ont fait danser jusqu’au bout de la nuit.

J’étais la plus petite de toute la boîte je pense, avec mes spartiates et mon 1 mètre 60, tandis que tous les mecs, déjà super grands, étaient bien sûr montés sur des échasses. Ce ne fut que profusion de cuir le plus tendre et de plumes les plus douces, avec faux-cils, faux seins et perruques blondes. Un régal pour les mirettes, et une bouffée d’air dans Paris caniculaire ! Bon, pour la subversion on repassera, une fois qu’on a fait la Gay pride au Berghain à Berlin, plus rien ne nous étonne (une pensée émue pour un ami pris de court par le manque de pudeur de certains clients de la boîte, mais d’avis général, c’est exceptionnel et arrive en particulier ce jour-là).

Je vous parlerai dans un prochain article d’une chouette petite rue (idyllique, calme et colorée, aux maisons sorties du conte Hansel et Gretel), que j’ai découverte sur le chemin de la Maison Rouge (10 bld de la Bastille). D’ici là, je vais me faire une ou deux expo, ça changera des soldes (de toute façon, j’ai pas le choix…).

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Ben c’est pas mal tout ça finalement…

Ce soir, j’ai testé Rosa Bonheur, le bar ultra hype gay-lesbien des Buttes Chaumont. Je sais j’ai un temps de retard, mais c’était devenu trop branchouille pour moi. J’y étais y’a deux ans, un soir d’automne, et c’était déjà très sympa, mais peu fréquenté. Comme toutes les bonnes choses ont une fin et que l’âge d’or d’un bar à Paris ne dure en moyenne que deux semaines, il a suffit que le bouche à oreille fasse son office pour que le lieu soit bondé du soir au matin, qu’ils nous mettent des barrières pour parquer les fumeurs et les buveurs, et qu’ils embauchent bien sûr de ridicules videurs imbus d’eux-mêmes, et comble de l’horreur, habillés de jaune fluo (voir post intitulé Green Mania vs yellow wee-wee).

Après 20mn d’attente (vers 21h, entre-temps on l’a joué fine, on a pique-niqué à côté), et un grand dadet blond avec un chignon et une carte VIP qui, lui, est hype, et qui t’emmerde et donc te passe devant pauvre petite has been, le videur jaune comme un post-it (mais attention, il l’a pas inventé le post-it), te laisse enfin entrer dans le cercle. Et là, bonne surprise, à l’intérieur du grand pavillon, la musique électronique est pointue, elle laisse aussi place aux classiques du rock et l’ambiance est hyper bon enfant et détendue. Tout le monde danse joyeusement, s’essaye à la pole dance (même les mecs de 90 kilos), la bière et le verre de vin sont à 3 euros, 5 euros pour la pinte de bière et de pastis. Très bon bilan donc, si t’es patient et pas allergique au prototype du parisien hype.

Et sinon, ne va surtout pas à la Machine du Moulin Rouge (autre endroit hyper branché à Pigalle pour les amateurs d’éléctro), et surtout pas à 3h30 du mat. Bon, c’est de ma faute, à Paris, tu prévois TOUJOURS tes soirées des mois à l’avance. Quand tu veux improviser, tu testes un endroit dont tu as entendu dire que c’était pas trop mal, et tu te retrouves devant l’entrée, (ouais, suis pas allée plus loin), avec des gamins tektonik tout bourrés, et un gros videur bien con (pardon, c’est un pléonasme) qui te demande si tu sais ce que c’est ce soir comme musique, et évidemment, sans te regarder dans le yeux, ce serait te faire trop d’honneur. Et moi, comme une conne, je réponds encore, « je sais pas moi, un truc qui se danse… ». J’aurais du ajouter « connard, je savais pas que je devais passer un QCM avant d’entrer dans ton putain de club », mais j’ai fermé ma gueule et on a tout simplement fait demi-tour (il faisait bien 3 têtes de plus que moi le monsieur faut dire).

DONC, c’est décidé, à partir de maintenant, si la gueule du videur me revient pas, je rentre pas. C’est beaucoup plus peaceful dans ce sens et ça évite de s’enerver pour un mec qui a le QI d’un bulot cuit.

Sinon, j’ai testé un super restau dont j’avais très envie depuis longtemps, ça s’appelle Nanashi, et c’est dans la fameuse rue (hype, toujours) Paradis (au 31), dans le 10ème arrondissement de Paris. Déco cantine, mais ambiance tamisée, carte très accessible, avec de chouettes bentos bio, pleins de fruits et légumes frais, et des serveurs très très mignons, en prime. Pourquoi s’en priver?

Ils ont même ouvert une attraction genre maison hantée/train fantôme, dans une ancienne faïencerie, au 18 rue Paradis. ça s’appelle Le Manoir de Paris, et c’est un vrai musée qui fout les jetons en revisitant toutes les plus sombres légendes parisiennes (les catacombes, la fantôme de l’Opéra, le Père Lachaise)…  Lors de l’inauguration, on entendait les visiteurs hurler parce qu’un mec déguisé en mort vivant les poursuivait… Moi j’ai trop peur de ces trucs-là, je vous laisse essayer et vous m’en direz des horreurs.

J’en profite tant que je vous ai pour vous communiquer deux adresses très sympas (et testées par mes soins) pour les brunchs du week-end. La première, et vous la connaissez peut-être déjà, c’est Cuisine et confidences, 33 place du Marché Saint-Honoré, sur une petit place toute tranquille, avec une immense terrasse et plusieurs immenses salles, un service super rapide et des brunchs complets (sucrés, salés, bagels et plats divers avec des noms rigolos et imaginatifs) à partir de 15 euros.

L’autre plan, c’est métro Lamarck-Caulaincourt, dans mon coin donc, et c’est Casa Lola au 12 rue Francoeur, qui sert des brunchs complets et très copieux pour 17,50 euros. Il est conseillé de reserver, contrairement à Cuisine et confidences où vous êtes placés par la très sympathique maîtresse des lieux, mais seulement si vous êtes au complet. Prenez votre mal en patience si vous avez des amis retardataires.

Enfin (c’est un peu le post fourre-tout où j’en profite pour partager tous les trucs que j’ai pas eu le temps de dire avant), hier je vous parlais d’une superbe marque de maroquinerie (sacs et petite maroquinerie), C.Oui. Et bien je connais une autre boutique très sympa qui vend à des prix très abordables des jolis porte-monnaies (10 euros), des pochettes (20 euros), quelques sacs, des gants et même des vestes, dans des cuirs divins, aux couleurs délicieuses. C’est La Petite Maroquinerie, au 16 rue Houdon dans le 18ème, métro Pigalle.

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Toute sortie est définitive

Aujourd’hui, je vais un peu vous raconter ma vie (et en même temps c’est un peu ce que je fais depuis quelques mois maintenant, et au passage, merci pour votre soutien qui se manifeste davantage de jours en jours).

J’ai découvert un lieu plutôt sympa, où l’on déguste une cuisine légère et diététique, le restaurant libanais chez Noura (29 bld des Italiens). Bon, ce sont surtout les salades qui passent toutes seules, pour le hoummous et les desserts qui tournent tous un peu autour de la pistache et de la crème de lait, je mettrai un bémol.

Bref, après 3 heures assis à manger, boire et déguster toutes les spécialités libanaises du resto, et l’estomac plus du tout dans les talons mais beaucoup plus haut, au bord des lèvres même, on décide d’aller faire la fiesta pour fêter les 31 ans d’une amie d’origine libanaise, justement.

Ahhhhhhhh, la fête à Paris! Oh joie, bonheur! J’ai déjà abordé ce problème épineux dans un précédent post sur les réjouissances de la vie parisienne et de ses sorties. Mais je crois n’avoir pas encore développé mon point de vue hautement philosophique sur les videurs, présents maintenant non seulement aux entrées de boîtes de nuit, mais de tous les bars de la capitale. Concernant ces êtres dotés d’une musculature impressionnante et d’un cerveau dont la taille est inversement proportionnelle, on peut sans trop prendre de risques émettre une règle (dûment vérifiée et éprouvée). N’ayons pas peur des mots, allons-y franco, ce sont tous des connards (sauf quelques rares exceptions, mais qui confirment la règle bien évidemment). Attention, je parle bien sûr du videur parisien, comme du taxi parisien, car dans d’autres villes, par exemple à Berlin, tout le monde il est sympa. Le chauffeur parle 4 langues et quand le videur peut pas te faire rentrer, il te fait un p’tit gin tonic dans une verre en plastique.

La confrontation avec ce genre de molosse, que ce soit au Truskel (12 rue Feydeau, un bon vieux bar rock plein de puceaux, dieu ce que je vieillis), ou au O’Sullivan un peu plus loin (oui, je sais, mes exigences ont sombré, que celui qui n’a jamais pêché me jette la première pierre, mais en revanche, je veux bien lui la jeter la pierre, à Rihanna, pour ces minutes de torture lâchement infligées à ma personne), se passe systématiquement de la même manière :

 » Bonsoir.

– …. Vous êtes combien?

– 6 monsieur.

– Non, vous êtes 7.

– Non, non, lui il est pas avec nous.

– D’accord. Mais toute sortie est définitive. »

Cool, ça, on sent l’accueil chaleureux tout de suite, ça fait plaisir. T’es même pas encore rentré que t’as déjà envie de ressortir, et de SURTOUT plus jamais y rentrer dans son bouge de merde à monsieur le videur!!!

Sans parler du fait que le mec ne décroche jamais un sourire avec sa tronche de bulldog, qu’il ne te regarde jamais dans les yeux, et surtout, s’il te voit galérer avec une valise (c’est arrivé à une amie tout juste sortie du train), il va SURTOUT, mais alors SURTOUT, mettre un point d’honneur à ne PAS utiliser ses gros bras pour te tenir la porte et/ou te porter ta valise, et c’est encore plus valable s’ils sont deux. Pis quoi encore, faudrait pas pousser mémé, non, ils sont là pour te vider après tout, pas pour te laisser rentrer ni te faciliter la vie.

Le videur est le nouveau dictateur des temps modernes, des zones urbaines, le connard qui met un point d’honneur à ruiner le peu de soirées que tu consens à faire dans la capitale, le moindre effort qui te fait franchir le pas et dépasser tes limites en payant un jus de fruits (ou ce qu’il a pu en rester entre les glaçons et le tout-bourré qui vient de te bousculer) 6€, en acceptant d’écouter, voire de danser, sur Rihanna (on y revient) et sa voix nasillarde, à côté de gros lourds qui puent du bec et des aisselles.

Voilà. Voilà, vous allez encore dire que je suis de mauvaise foi, et que tout est bon pour alimenter ma théorie comme quoi, pour faire agréablement la fête à Paris, c’est dans les apparts que ça se passe, où y’a pas de videur, bien que parfois, ce serait pas du luxe. Mais le mien de videur, au moins, il te ferait un grand sourire plein de dents bien blanches quand il te dirait : « ça va pas être possible, t’as une gueule qui me revient pas ». Et en plus, ce serait Vin Diesel, alias Baboulinet.

Pareil dans le taxi qui me ramène à la maison (et cette fois y’en avait plein des tacos, il était même pas deux heures, that’s why…), le mec est en train de pianoter sur son portable, limite tu l’emmerdes, il t’adresse à peine un coup d’œil, pas un sourire, tu interprètes ça comme un acquiescement, t’as l’habitude, t’es parisien, pas un mot, pas un merci à la fin de la course, même pas bonsoir dis-donc. Et là, t’as juste une envie, c’est de rentrer chez toi, d’écouter un bon morceau de BONNE musique, d’ôter tes chaussures à talons vertigineux-trop-canons que tu viens d’acheter et qui viennent de te faire vivre un calvaire, et là, là, tada!!! Le code ne marche pas. Il a pas changé, le code, il marche pas, juste. Plus d’électricité, et même pas un mécanisme de secours qui déclenche l’ouverture automatique de la porte. Et là, tu hurles. Ton mec perd son sang froid parce que lui aussi à bien morflé de la soirée, et te dis de te calmer que « ça sert à rien d’être hystérique ». Mais je veux rentrer chez moi bordel! Je veux mon lit!!!

Deux gus arrivent en se télescopant et/ou en se prenant le mur, ils habitent aussi là et veulent rentrer, ils travaillent tôt demain (bon courage hein, vu ton haleine). Bizarre ils t’ont jamais vu dans l’immeuble, ils sont super méfiants en plus d’être un peu cons. Un des gars arrête pas de retaper et retaper le code, il a toujours pas compris que sans jus, pas de digicode… On essaie d’enfoncer la porte (elle résiste, mes hanches un peu moins), le mec bien bourré essaie d’appeler les pompiers en désespoir de cause et il se fait bien sûr envoyer péter, et là au moment où tout est perdu, et qu’on va devoir être hébergés par un fou de FIFA 11 (pardon Erwan, c’est pour le piment du récit), trois jeunes fêtards (oui, il y en a une poignée dans notre immeuble de vieux et de chiens, mais quelle poignée) sortent de l’immeuble, nous ouvrent le sésame, et remettent même les plombs que quelqu’un (?) a malencontreusement fait sauter à 1 heure du mat. Le placard du disjoncteur était encore ouvert…

Après le paillasson volé (ceux qui suivent ce blog depuis un certain temps comprendront), les plombs qu’on fait sauter… Il se passe des choses bizarres dans cet immeuble. Ch’uis sûre que c’est encore un coup de Madame Connasse ça…

Note : Encore joyeux anniversaire, Stéph, on a fait ça pour toi, regarde comme on t’aime! (Plus sérieusement, on a passé une chouette soirée et découvert un restau que je recommande fortement!)

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Gods of music

Je crois n’avoir jamais été déçue par une chanson de Radiohead. Le dernier album sorti en 2007, In Rainbows, est un bijou de poésie, comme toujours, avec des accents plus rock et plus péchus, et un peu moins mélancoliques que d’habitude.

C’est une amie un peu barrée, un peu dépressive, parfois carrément morbide, qui m’a fait découvrir ce groupe à la fin de mon adolescence. Elle passait en boucle l’album Kid A dans sa chambre, les volets fermés. C’est vrai que les mélodies lancinantes du groupe, la voix haut perchée du chanteur Thom Yorke, sont propices au voyage intérieur, sombre ou léger. Pour ma part, des morceaux envoûtants comme « Everything in its right place » ou « House of cards » me donnent envie de partir loin, sur les routes brûlantes de soleil du grand ouest américain. Chacun son trip. Et c’est bien de celà qu’il s’agit avec ce qui est peut-être (n’ayons pas peur des mots) le plus grand groupe de rock de ces vingts dernières années.

Je me souviens d’un concert il y a quelques années aux Eurockéennes de Belfort. Je n’ai pu les écouter qu’une trentaine de minutes (la personne avec qui j’étais à l’époque a préféré le groupe hardcore Nostromo. Je m’en mords encore les doigts de ne pas l’avoir planté là). Ce fut un moment de pure grâce. Sous la pluie, très éloignée de la scène, j’ai laissé la voix enchanteresse et les mélodies douces et tristes me bercer, et j’ai savouré ce moment unique dans ma bulle, complètement hermétique à ce qui se passait autour.

Rien ne m’est plus jamais arrivé de tel pendant un live, cet état de quasi transe qui survient à chaque écoute de leurs morceaux les plus calmes, aux sonorités jazzy et électro. Les chansons plus rock donnent juste envie de danser, chanter, prendre sa voiture (décapotable c’est mieux) et partir pied au plancher et cheveux au vent, comme je le disais plus haut. C’est déjà pas mal comme sensation.

Radiohead est un groupe de génie, capable d’offrir une musique transcendante, et de renouveler l’exploit à chaque album. Ils se réinventent, sans jamais se recycler, tourner en rond ou se dénaturer comme la plupart des groupes au bout du deuxième opus (les brillants Kings of Leon et leur chanteur à la voix déchirée sont définitivement perdus…)

Vous allez pouvoir le constater par vous-même avec leur dernier single « Lotus Flower », issu de l’album The King of limbs (ils sont d’ailleurs super forts pour trouver des titres totalement raccord). J’ai visionné le clip hier soir, après un apéro un peu arrosé, je l’admets. Je rangeais les cadavres de bouteilles quand mon cerveau a pris conscience de ce son entêtant, ce petit son derrière le chant halluciné de Thom Yorke, derrière les beats électro syncopés, une petite musique inoubliable, un rien du tout, aussi fulgurant qu’un coup de foudre. Ça y est, je suis possédée, sous le charme, envoûtée. Bienvenue dans l’univers des dieux de la musique.

Le clip est à la hauteur de leur génie musical, avec un chanteur qui semble avoir beaucoup bu ou abusé de substances diverses (ou alors il simule très bien), dont les mouvements saccadés en une danse psychédélique collent parfaitement à la musique. Pas besoin de bling-bling, il suffit d’une chemise blanche, d’un chapeau, d’un visage émouvant et imparfait (il est né avec la paupière gauche paralysée), et la magie opère.

Allez hop, pour le plaisir et le frisson, un duo hallucinant (oui je sais, j’hallucine complètement depuis hier) entre PJ Harvey et Thom York, « The mess we’re in », sorti sur l’excellent album de la demoiselle, Stories from the City, Stories from the Seas, en 2000 :

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Rions un peu, ça détend.

Aujourd’hui, j’ai plein de trucs à partager avec vous. Mais comme j’ai toujours plein de trucs à partager, ça peut durer des plombes. Je vais donc tenter de faire court autant que faire se peut (j’adore cette expression qui ne veut rien dire). En ce moment, je suis sur les nerfs, j’en ai plein le cul de ce temps de merde, de ce mois pourri qui vient de commencer mais qui n’en finit pas (heureusement, il est court) et j’ai grave envie de partir au soleil. Mais voilà, n’étant pas Crésus, ben je peux pas. Il me fallait donc une bonne tranche de bidonnade pour me remettre d’aplomb. Voilà qui est fait.

Mais d’abord, un bon coup de gueule (de boule aussi, mais virtuellement c’est pas facile). J’ai appris (hier) que Christophe Maé a été fait Chevalier des arts et des lettres par M. Frédéric Mitterrand. Oh putain. De mieux en mieux. A quand le Molière pour Mozart l’opéra rock???

Passons sur cet incident culturel/faute de goût à la française (assez courant en ce moment il faut bien l’avouer). Je reviens de l’exposition « Paris avant-après », proposée à partir d’aujourd’hui et ce jusqu’au 24 février à l’Académie d’architecture (9 place des Vosges dans le 3ème à Paris). On y présente des photos réalisées par Charles Marville entre 1858 et 1868 sur le demande du baron Haussmann, pour immortaliser l’aspect de Paris et ses ruelles tortueuses avant les grands travaux. Ces photos sont accolées à d’autres photos en noir et blanc, prises tout récemment à l’initiative de l’historien Patrice de Moncan, en respectant l’angle de prise de vue de l’époque.

Bluffant. Court (50 tirages), mais saisissant. Paris y apparaît comme un village (désert, puisque les expropriations avaient déjà pris effet au moment de la réalisation de certains clichés), aux minuscules ruelles sombres et sales, aux passages couverts de boues et aux façades peu avenantes, faites de bric et de broc. Ça devait pas être funky à la nuit tombée dis donc, ambiance Jack L’éventreur… On y découvre aussi que le parc des Buttes Chaumont a été créé de toutes pièces sur une décharge publique, la plus grande de Paris, puis sur un ancien site d’équarissage où on installait occasionnellement les gibets de potence. Sympa. Rien n’y poussait, le sol étant hyper calcaire, et on l’appelait le Mont Chauve. C’est vrai que la nuit, y’ a un petit côté « le jardin de la maison hantée de Disneyland »… On y voit aussi les bouibouis construits à l’arrache aux alentours de Belleville, sorte de bidonville de l’époque, zone de non-droit où les policiers de pénétraient pas. Quel bel exemple de gentrification…

Outre le catalogue de l’expo qui présente davantage de vues et d’explications, paru aux éditions du Mécène, je vous conseille la lecture du déjà classique L’invention de Paris, d’Eric Hazan (brillant fondateur de la non moins brillante maison d’édition La Fabrique), dont la lecture ne cesse de me passionner. Son sous-titre est déjà plein de promesses : « Il n’y a pas de pas perdus ». Pour les curieux qui aiment se promener à Paris le nez en l’air en guettant les plaques commémoratives (du style « ici a fait pipi Van Gogh ») et en se demandant à chaque porte cochère ou station de métro « mais comment c’était avant? », il vous faut lire cette bible de la création de Paris, un livre érudit et exigeant, bourré de références littéraires et cinématographiques, et qui pourra même vous faire oublier les petits désagréments de la vie parisienne (si, si).

Je tiens également à partager la trouvaille culinaire (merci Monsieur G.) où j’ai dégusté un délicieux burger avant l’expo (pardon M. Dukan). C’est au restaurant Les Bonnes Sœurs, à côté de la Place des Vosges. Ils proposent aussi de belles salades thaï ou au chèvre grillé, des succulents cheesecakes ou de la mousse au nutella, et avec en prime du très bon vin à prix doux. Je ne le donnerai pas deux fois ce it-plan hein.

Je suis une femme très active comme vous le savez sûrement déjà. Dans cette journée fort remplie, j’ai également eu le temps d’assister au Théâtre du Rond-Point au dernier spectacle du grand, de l’immense, de l’énormissime Christophe Alévêque. Comme prévu, j’ai failli tomber de mon siège une bonne douzaine de fois pendant ce spectacle d’une heure et demie (mais heureusement, il y avait des accoudoirs).

Ceci est de la propagande pure et dure, j’assume. Ce mec est génial et son spectacle d’utilité publique. Il devrait d’ailleurs être remboursé par la Sécu. Mais comme il le dit si bien, il l’a déjà suggéré à la Grosse Roselyne, mais c’est pas sûr que ça passe.

Alors, oui, il n’y va pas avec le dos de la cuillère, il y va même au tractopelle, mais putain ça fait du bien. « Attention, je préviens, je n’aurai aucune limite, je lâche les chiens. » Et devinez qui qui va morfler? Un certain petit mec plein d’énormes tics. Et toute la courette. Les journalistes aussi, qui parfois ne l’ont pas volé. Ils sont même au centre de ce nouveau spectacle qui laisse une grande place à l’impro puisqu’il s’agit de commenter l’actualité. (Ça s’appelle d’ailleurs « Les monstrueuses actualités de Christophe Alévêque »). Et le pauvre a du boulot, à éplucher la presse et à préparer chaque jour plein de fiches pour le soir même, qu’il n’a pas le temps de toutes utiliser tellement on nous bourre de conneries toute la journée. Je sais de quoi je parle, je suis attachée de presse, et je la lis, la presse.

Il a crée un concept (pas nouveau je vous l’accorde, mais le nom me plaît) : celui des « épouvantails à cons ». Le principe est simple : si j’ai dans la main droite un énorme problème (au choix les retraites, le bouclier fiscal, MAM sur la Tunisie, les Roms) et que je secoue fort ma main gauche, vers quelle main vos yeux se tourneront? Au choix : la neige (pardon les épisodes neigeux)/l’Affaire Bettencourt/la burqua/AQMI/Al Quaïda/la grippe mexicaine/aviaire/porcine/A/H1N1, et j’en passe.

Bon, je peux pas en dire plus, sinon je vais spoiler et tout gâcher. En plus, il la chante la folie humaine, en mettant en musique tous les derniers faits divers des journaux (il parle de Laetitia et du petit Grégory, oui, et on a même ri, mais mieux vaut en rire qu’en pleurer comme on dit). Il met un peu le blues, son spectacle, la vérité n’est pas bonne à entendre, mais de temps en temps, c’est salutaire. Le jour où ce mec se taira, c’est que tout ira bien. On a encore pas mal d’occasions de l’entendre, à mon avis. Bref, vous avez compris, vous avez jusqu’au 20 février pour vous faire stimuler le bulbe et la conscience, une occasion bien rare de nos jours et donc à ne pas manquer.


Petit aparté : j’ai bien ri en sortant du spectacle (j’étais déjà bien échauffée comme vous vous en doutez). Dans le couloir du métro, j’entends au loin une mélodie au saxo reconnaissable entre mille : celle du slow ultra kitsch de Geroge Michael, Careless Whisper.

Sauf que le mec au saxo était plutôt ventripotent (carrément obèse), entièrement vêtu de kaki militaire, et ne collait pas du tout à l’imaginaire de cette chanson dégoulinante. Là, j’ai eu un énorme fou-rire en imaginant le mec en poum-poum short bicolore. Je sais, c’est nul, mais ça détend.

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Les Yeux Les Oreilles : Egg Chen et JoBudenz chez Gabriel&Gabriel

Demain soir, c’est le grand jour. On vernit chez Gabriel&Gabriel.

Je vous avais déjà parlé de ce lieu incontournable . Eh bien, si ce n’est déjà fait, il est temps de constater par vous-même la coolitude de ce vivier de talents, qui va cette fois nourrir vos mirettes ET vos oreillettes.

La galerie Gabriel&Gabriel vous propose pour sa troisième exposition de découvrir deux artistes, l’un plasticien, l’autre musicien.


JoBudenz, graphiste et photographe, joue avec les corps et la typographie pour créer des images choc tout en contraste, où la couleur lutte avec le noir et blanc.
En exclusivité, Gabriel&Gabriel a demandé à Egg Chen, alias Guigui pour les intimes, d’illustrer par sa musique les œuvres de JoBudenz, en  nous dévoilant  son univers électronique très French Touch.


Ces deux artistes « en devenir » (et ce sera surtout grâce à vous qu’ils deviendront) vont croiser leur langage profondément différent et pourtant révélateur d’une génération émergente. Bercés par les années 80, ils sont le reflet d’une génération aux influences multiples, parfois opposées, parfois surprenantes, électriques et électrisantes… une génération néo-pop « à la française ».

Note ultra importante à destination des fans (et je sais qu’il y en a déjà) : le premier CD d’Egg Chen sera en vente en édition limitée (et customisée s’il vous plaît) à la galerie pendant toute la durée de l’expo et sera dédicacé de ses petites mains.

Voici un petit aperçu de son talent, avec le clip du single « Klub », réalisé par Julien Magnan :

En bref, l’expo, c’est à la galerie Gabriel&Gabriel, 68 rue du Vertbois, 75003, du 28 janvier au 3 avril 2011 (ouverture du vendredi au dimanche). Le vernissage, c’est demain, à partir de 19h, si vous voulez rencontrer ces jeunes qui n’en veulent, avec qui le sérail culturel et artistique international devra bientôt compter.

Retrouvez plus d’infos sur le site de la galerie ou en téléchargeant le dossier de presse de l’exposition :

DPJoBundenz-EggChen

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