Un dimanche à Paris

Je reprends la plume (le clavier), parce que j’ai découvert un lieu formidable où déambuler dans Paris un dimanche matin (pour les matinaux, les lève-tôt ou les couche-tard c’est selon) et que je me dois de partager avec vous la précieuse trouvaille.

C’est le marché couvert Saint-Martin et ses trésors gustatifs.

C’est l’hiver, les mois en « r », et qui dit mois en « r », dit fruits de mer. J’adore ça, j’en rêve depuis des semaines, et le Quai 85 l’a fait et bien fait.

Ce bar à coquillage est tenu par une divine est adorable jeune femme (bretonne, à mon avis, tellement elle est sympa, c’est pas possible que ce soit une parigo).

Quelques tables, un bar, un chouette comptoir en verre, une immense pièce à l’arrière comme un aquarium où sont préparés les plateaux à emporter ou à déguster sur place. C’est divin, les prix ne sont pas aussi doux que les coquillages, mais avec un telle accueil et une ambiance si conviviale (c’est suffisamment rare pour être noté), ça vaut le détour.

Pour les réfractaires aux fruits de mer et à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un alien visqueux (vous ne savez pas ce que vous perdez), il y a le voisin d’en face, le Comptoir de Brice, ancien de Top Chef (aaaaah Top Chef…), qui fait des brunchs  et des burgers maison, ce qui veut dire que tous les ingrédients sont frais et choisis avec amour (si, si). Pour le burger, il n’y en a qu’un à la carte (qui change tous les mois), à 15 euros, mais il est à tomber à la renverse. Et les desserts, n’en parlons pas.

Bon, c’est tout mangé, mais c’est vraiment une tuerie de la mort qui tue. Sérieux.

Et le dessert, un sablé au chocolat, caramel et noisettes :

Seul bémol, comme pour tout marché, les portes ferment vers 14h, donc il est judicieux d’arriver tôt pour prendre son temps en lisant son journal,  et être sûr d’avoir une table. Attention, beaucoup de bobos avec poussettes et enfants… Dommage, on était pas loin du sans-faute.

Et pour le goûter, avant le ciné du dimanche, faites un tour par les salles du Carrefour de l’Odéon (pas moins de 3 aux différents angles), et n’hésitez pas à entrer à L’Avant-Comptoir pour y déguster des gaufres dignes de ce nom, à 2,80€ les deux, un délice. L’Avant-comptoir est une sorte de snack de luxe où l’on peut déguster des croquetas espagnoles ou des artichauts au jambon de parme accompagnés d’une gaufre en buvant un grand cru, comme ça, nonchalamment au bar. L’Avant-Comptoir est la version plus démocratique du Restaurant Le Comptoir, qui accueille des nuées de touristes, de journalistes et d’éditeurs (le quartier est le fief de l’édition parisienne, et disons-le tout de go, française), et même Joey Starr sortant de sa Merco décapotable, à ses heures perdues. Et je sais de source sûre (un journaliste habitué qui aime la bonne chair et le levage de coude) que c’est le « meilleur restau de Paris, le plus authentique, le plus vrai, tout y est frais, pas en boîte comme dans ces brasseries de merde où tout vient du magasin Metro ». C’est pas faux. Quand on est un peu gourmet (ou très gourmand), il faut savoir parfois choisir de mettre le prix pour manger de la véritable cuisine traditionnelle et non un confit de canard en boite facturé 14€ et un moelleux congelé à 8€…

Cool is chic, but chic is not cheap.

Marché couvert St Martin – 33 rue du Château d’Eau / 20 rue Bouchardon – 75010 Paris. Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h (service continu) et le dimanche de 11h à 14h

L’Avant-Comptoir, 12h-23h tous les jours, 9 carrefour de l’Odéon – 75006

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Lisez, c’est l’été! (ou Marilyn à la plage)

Je viens de terminer la lecture de plusieurs bouquins, lus voracement d’affilée. Il y a eu pour une fois pas mal de romans, quelques essais (ce que je lis plus volontiers), des beaux livres.

Mais voilà, l’été, il fait chaud, on prend l’apéro, on a les neurones aussi mous que notre corps ébouillanté au soleil, et donc il faut  un truc qui se lise vite et bien.

Mais je n’ai pas dit une bouse qui se lise vite et bien, il faut de la cuisse, de la chair, de la consistance Madame. Les lectures d’été, c’est du sérieux.

J’ai sélectionné deux titres pas trop déprimants pour cette belle période estivale (la météo parisienne  s’en étant déjà chargé, je ne vais pas en plus vous plomber le moral). En effet, j’ai dévoré (le mot n’est pas trop fort) le livre de Lionel Shriver, Il faut que l’on parle de Kevin (porté à l’écran par Lynne Ramsay sous le titre original We need to talk about Kevin avec l’incroyable Tilda Swinton), qui met en scène  mère mal-aimante qui tente de comprendre les raisons qui ont poussé son fils à devenir le meutrier de 9 de ses camarades et professeurs de collège, et de mettre un mot sur l’horreur absolue. Passionnant mais pas très réjouissant.

Ce que n’est pas non plus le bouleversant Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine de Vigan (JC Lattès), éminemment récompensé cette année par de nombreux prix littéraires, et une fois n’est pas coutume, le livre est plus qu’à la hauteur, il vous retourne les tripes.

L’écrivaine y raconte l’histoire de sa famille, au premier abord parfait mais gangrenée par des secrets de famille comme dans toutes les familles, l’histoire de cette mère bipolaire traumatisée dans l’enfance par des gestes que l’on ne nomme pas, mais qui laissent des traces indélébiles dans l’âme de celle ou celui qui les subit. Elle tente (et y parvient avec force et pudeur) de mettre en mots la souffrance ressentie à la mort de sa mère (qui se suicide à 63 ans) et de comprendre ce qui l’a menée à ce geste extrême. Sublime, mais pas folichon pour l’insouciance d’une conversation autour du rosé de l’apéro.

Je commencerai donc par un bon vieux polar des familles, Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, d’Olivier Gay.

Un petit dealer sans histoires y fait son petit business en écumant les soirées hype parisiennes et se mue en enquêteur du dimanche, sur les traces d’un serial killer de jeunes clubbeuses. Une intrigue bien ficelée, des personnages hauts en couleur, un anti-héros attachant, cynique à souhait,  tous les ingrédients d’un page-turner sont réunis dans ce suspense tragi-comique, adéquat pour les bains de soleil. Précisions que les Parisiens savoureront le plaisir de suivre les pérégrinations de l’enquêteur dans un décor qui leur est familier, Paris Panam, Paris by night, et s’enivreront du parfum sulfureux des nuits parisiennes et des clubs de Pigalle, ce qui change des polars écrits à la chaîne et se déroulant le plus souvent outre-atlantique.

Comme vous le savez sans doute au vu du matraquage médiatique autour de l’événement, nous célébrerons demain les 50 ans de la mort de Marilyn Monroe, survenue dans la nuit du 4 au 5 août 1962, à 36 ans.

Parmi la pléthore de livres parus et à paraître sur le sujet, en fan intarissable que je suis (j’ai lu plus d’une quinzaine de biographies et essais sur le sujet et je ne m’en lasse toujours pas), et si je ne devais vous en conseiller qu’un seul qui puisse permettre au novice de faire le tour de la question et au fan d’en apprendre toujours plus sur l’objet de sa passion, je choisirai le livre dirigé par deux journalistes de Libération, François-Marie Santucci et Elisabeth Franck-Dumas, Monroerama, paru chez Stock.

Ce petit joyau graphique et iconographique propose de survoler les grandes étapes de la vie de la star (vie privée, amours, carrière) en éclairant d’un jour nouveau certains aspects particuliers comme par exemple sa santé mentale, ses thérapies, ses secrets de beauté, sa coiffure, ses tenues préférées, ses contrats, son addiction aux médicaments, ses chansons, son parfum, sa mort,  pour offrir en quelque sorte les miscellanées de Marilyn Monroe, personnage, il faut bien le rappeler, créé de toute pièce par Norma Jean Baker.

Marilyn était double, triple, quadruple, tout à tour bombe sexuelle, femme-enfant, femme d’affaires avisée, croqueuse d’hommes (mais jamais de diamants), s’en servant parfois pour arriver à ses fins (devenir la plus grande star de tous les temps),  intelligente mais jouant parfaitement l’idiote quand cela pouvait lui servir, bosseuse, avide d’apprendre, perfectionniste, excellente comédienne au sens de la comédie assuré mais capable de rôles dramatiques d’une force incroyables (regardez The Misfits), consciente de ses atouts, sachant se mettre en valeur, mais souffrant d’un cruel manque de confiance en elle.

Chaque interview, article, plan, liste, nouvelle, écrit par des journalistes, des écrivains, des cinéastes, des médecins, des parfumeurs, des photographes,  apporte sa petite touche au portrait de Marilyn qui restera malgré tout à jamais inachevé : comme on le découvre dans le livre, il existe des millions de clichés de l’icône, et autant de pièces à assembler pour reconstituer le puzzle de sa vie. Qui fit réelemment Marilyn Monroe? Norma Jean Baker, Zelda Zonk (le pseudo qu’elle utilisait pour voyager anonymement), Marilyn ? I’m not MM, dit-elle dans ses Fragments, parus au Editions du Seuil l’année passée et réédités aujourd’hui chez Points.

A défaut de pouvoir retracer sa vie dans sa globalité, peut-être est-il judicieux de commencer par en explorer les détails. Ce livre se picore ou se lit d’un trait, comme on boit une bonne coupe de champagne (breuvage qu’elle appréciait beaucoup – trop?).

Marilyn Monroe par Georges Barris, Santa Monica, 1962. 

Attention quand même avec le sable et la crème solaire, ce livre est un bel objet et ce serait dommage de l’abîmer.

Voilà pour le moment deux idées de lectures sur la playa ou au bord de la piscine, mais bien sûr, il y en aura d’autres, laissez-moi juste le temps de les lire…

Note : pour les fans de Marilyn ET de mode, à lire absolument, Le Style Marilyn, chez Michel Lafon, un beau livre qui rassemble les plus beaux croquis et clichés de William Travilla, styliste créateur des sublimes costumes portés par l’actrice dans ses films et à la ville,  et notamment de la mythique robe blanche (crème en réalité) porté par l’actrice dans 7 ans de Réflexion, dans la fameuse scène de la bouche d’aération de métro qui provoqua une émeute et dû être retournée en studio.

Je ne m’en lasse pas, je vous dis.

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Summertime

Summertime est un beau film. Un film lent et délicat, et qui pourtant parle de choses tragiques, du douloureux passage de l’enfance à l’adolescence, d’espoirs et de rêves brisés.

De ce film, prix du Jury au festival de Deauville, qui récompense des petits bijoux du cinéma indépendant américain (je pense à Winter’s bone ou Martha Marcy May Marlene), on retient la moiteur du Mississipi, son soleil écrasant, le désert doré de ses champs de maïs, le bitume aride de ses routes infinies, promesse d’horizons meilleurs pour une population pauvre et digne, qui essaie de s’en sortir la tête haute.

The Dynamiter (titre original du film), est l’histoire d’un gamin au seuil de l’adolescence, presque 15 ans, Robbie, qui tente de maintenir l’illusion d’une famille qu’il n’a pas connue : sa mère est partie « se soigner » en Californie, le laissant seul avec sa grand-mère mutique et son demi-frère dont il s’occupe comme un père.  Il lutte au quotidien pour rester dans le droit chemin, montrer l’exemple à ce petit garçon innocent et dont il donnerait tout pour qu’il le reste. Même si pour cela il doit s’opposer à son grand frère, joueur de football raté, coureur de jupons, voleur, bon à rien.

Le jeune acteur est formidable (William Ruffin), tout en retenue, colère contenue, en sourires parcimonieux si  lumineux, presque sensuel avec son corps noueux et musclé à demi nu, habitué à la moiteur du climat. Son visage encore enfantin contraste avec ce corps à la virilité affirmée, déjà celui d’un adulte, (il compare avec son frère le poids qu’il est capable de soulever) : il n’est pas prêt à assumer des décisions de grandes personnes, et pourtant il n’aura pas le choix.

Summertime est un film tendre, violent, contemplatif parfois (Terrence Malick n’est pas loin), qui saisit au vol des parcelles de vie, la joie de jeux d’enfants, les premiers émois, la tristesse des illusions perdues. C’est la nostalgie de l’enfance qui s’en va trop vite, qui défile sans se retourner, qui projette les êtres malgré eux dans l’âge adulte, où le destin prend les choses en main et les choix sont faits par défaut. Summertime, c’est la nostalgie d’un été qui passe trop vite, qui plus jamais ne sera, le coeur qui se sert quand à peine on y pense, et déjà c’est fini, un été qui fait d’un enfant un homme, et pour toujours.

Notre été commence à peine, et il commence plutôt bien. Le réalisateur, Matthew Gordon, dont c’est le premier essai, n’a pas fini de faire entendre parler de lui.

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L’épidémie continue….

 

En fait non, c’est pas ok… Arrêtez de mourir, merde!

Si tous les meilleurs (même si dans le cas de Whitney ses dernières bonnes chansons remontent à quelques temps maintenant) s’en vont, il va finir par ne plus rester que David Guetta et Mamie Madonna (qui s’est bien donnée au Superbowl malgré tout, mais musicalement, son dernier album est un désastre).

Allez, encore un pour la route, elle avait la classe quand même…

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Classé dans ça s'est passé (ou pas)..., Mets du son!

Les Yeux – Les Papilles

L’orpiment est un pigment jaune doré tirant sur l’orange profond, il est tiré du minéral du même nom, composé de trisulfure d’arsenic.

C’est aussi le nom d’une chouette boutique de créateurs, de bijoux et de vêtements, de sacs et de chapeaux, dont certaines pièces sont des pièces vintage retravaillées.

J’y ai déniché par exemple un sautoir avec une vanité (une tête de mort glamourisée en quelque sorte), mais je ne me souviens plus du nom du créateur (shame on me). Il y a également de jolies broches en plexiglas.

Voici quelques pièces de créateurs distribuées dans cette boutique :

Lunacox,

Viadoli, 

et les incroyables bijoux en céramique d’Elise et sa collection Wonderland.

L’accueil est chaleureux et les prix sont tout doux.

Orpiment, 46 rue Caulaincourt, 75018, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et parfois le dimanche, 11h30-14h et 16h30-20h. 0142546729.

Passons maintenant à la partie dégustation avec Le Camion qui fume, un « gourmet food truck » tout droit venu de Californie (ces snacks haut de gamme ambulants qui proposent une nourriture concoctée par des chefs cartonnent Outre-Atlantique), avec sa chef  Kristin, la reine du Street Food!

Une carte simple et qui vaut vraiment son prix  (8€ le burger et 10€ avec ses frites maisons à tomber). Au menu, des burgers incroyablement savoureux et fondants, classiques ou imaginatifs (le burger du jour, hier, c’était brie-pomme-sauce grenade …),  avec une multitude d’ingrédients : beignets d’oignons, oignons caramélisées, pickles, bacon, laitue,  gruyère,  porc braisé, steak,  sauce barbecue,  fourme d’Ambert,  Bleu,  sauce au porto…

Prochain arrêt demain Place de la Madeleine de 11h à 14h.

Attention, il y a VRAIMENT beaucoup de monde, des gens prêts à attendre plus d’une heure pour ces burgers divins, n’hésitez donc pas à arriver TÔT et même avant l’ouverture du camion (hier près du Point Éphémère la file était interminable, et comme Kristin ne multiplie pas encore les petits pains ni les steaks, de nombreuses personnes ont dû renter bredouilles et frigorifiées).

Pour la trouver, un seul clic : Le Camion qui fume, et une page facebook bien sûr.

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Classé dans Miam, Showroom, Va voir là-bas si j'y suis!, Vanités

Cinémathèque

Je suis beaucoup moins assidue que d’habitude, et je prie mes (nombreux) lecteurs attentifs de m’en excuser. Pendant ces quelques semaines d’absence, j’ai beaucoup travaillé, fait la fête (à Londres notamment, on ne peut pas être partout) et les soldes. Et tout cela, ben ça prend du temps.

J’ai aussi comme vous vous en doutez beaucoup arpenté les salles obscures, avec quelques films remarquables à la clé, et une demi-déception (elle était prévisible).

S’il on revient un peu en arrière, genre aux alentours de Noël, il faut quand même que je vous dise que j’ai adoré le Carnage de Roman Polanski (sorti le 7 décembre et toujours à l’affiche, tiré d’une pièce de Yasmina Reza) huis-clos jouissif entre deux couples réunis dans un appartement pour résoudre le litige qui opposent leurs deux fils (une vulgaire baston de gamins qui finiront, comme toujours par se rabibocher). Là où l’exercice est fascinant, c’est que cette trame est le prétexte à une très caustique comédie sociale, sur les rapports humains entre les classes et à l’intérieur même du couple. Jodie Foster et John C. Reilly incarnent la middle-class bobo-intello (elle surtout, lui est dans les chasses d’eau, et sa beaufitude sera prétexte à des joutes verbales incroyables et hilarantes), tandis que Kate Winslet et son avocat de mari, Christophe Waltz (très beauf aussi, scotché à son téléphone portable et d’une impolitesse crasse) sont issus de la hupper classe new yorkaise. Tout ceci commence de façon bien policée, pour finir en joyeux (?) bordel, arrosé de whisky, de pleurs, de crises d’hystérie, et même de vomi (si, si). Roman Polanski nous offre là un excellent moment de cinéma, une critique acerbe de la bonne conscience humaniste et des dérives du capitalisme, en même temps qu’un portrait au vitriol des couples qui n’ont rien à faire ensemble et qui maintiennent un semblant de vie commune pour le bien-être de leur enfant et davantage par souci du qu’en dira-t-on. A voir absolument, juste parce que l’on rêve d’assister à la même scène lors d’un déjeuner de famille convenu et ennuyeux, pour voir tout ce beau vernis craquer. Ce film, ça a été mon cadeau de Noël à moi.

J’ai un peu aimé Shame pour le beau Michael Fassbender, si émouvant en sex addict  handicapé des sentiments incapable de tomber amoureux qui lutte chaque seconde pour essayer de ne plus penser à la seule chose qui l’éloigne de ses démons :  baiser. Pour Carey Mulligan aussi, sa soeur paumée qui cherche à se rapprocher de la seule famille qui lui reste. On est ému, bouleversé par des scènes de violence désespérée où l’acteur va jusqu’à satisfaire ses pulsions dans un club gay car il est refoulé de son club habituel. On est aussi déçu de ne rien savoir de ce qui a brisé ces deux êtres solitaires, de leur passé ou de leur avenir, alors que le film comporte pourtant bien des longueurs (notamment une scène où Carey interprète mal et trop longuement le fameux hymne « New York New York »). Dommage.

Plus récemment, Take Shelter, sorti le 4 janvier, est ma première grosse claque ciné de l’année (hormis une fin un peu facile qu’on aurait aimé plus ouverte), avec la révélation Michael Shannon, déjà découvert en flic psychopathe dans la série sur la prohibition Boardwalk Empire et dans le bouleversant Revolutionary Roads (Les Noces Rebelles) de Sam Mendes, aux côtés de Di Caprio et Kate Winslet dans le rôle du voisin à moitié dingue, mais le plus lucide de tous, évidemment. Take Shelter offre le portrait d’un homme en proie à des rêves extrêmement pregnants, et qu’il imagine prémonitoires, doublés d’hallucinations qui lui semblent plus que réelles et qui finissent par handicaper son quotidien. Il est persuadé qu’une énorme tempête va toucher le fin fond de son Ohio perdu et menacer sa petite famille (dont Jessica Chastain, divine en épouse aimante et dévouée) et se met en tête d’agrandir un abri sous terrain déjà existant. Tout le monde le prend pour un dingue, ce qu’il finit par devenir, avant d’accepter de se faire soigner. La terreur de cet homme, son angoisse à l’idée qu’il ne parvienne pas à protéger sa famille, à l’idée qu’il puisse vraiment perdre la raison comme sa propre mère, tout cela se lit admirablement sur les traits inquiétants et puissant d’un acteur avec qui il faudra désormais compter.

Louise Wimmer (4 janvier) est un beau portrait de femme, un film social et engagé, avec cette actrice ultra nature issue du théâtre, Corinne Masiero, qui campe une femme de 50 ans, qui suite à un divorce houleux (on comprend qu’elle a quitté de son plein gré un mari volage et qu’elle n’est pas femme à accepter de revenir) se retrouve à faire des petits boulots et à dormir dans sa voiture. Le portrait qu’en fait Cyril Mennegun est dur, cruel, comme la vraie vie peut l’être, mais jamais irrespectueux. L’actrice est digne, elle lutte pour conserver cette seule chose qui lui reste, la dignité, un combat de chaque instant, surtout lorsqu’il faut soutenir le regard larmoyant de sa fille qui la fuit. Louise ne sourit pas beaucoup, elle est parfois aggressive, mais comment ne pas l’être quand la vie s’en charge pour vous ? Elle se fait console et trompe sa solitude avec des amants de ci de là, qui ne savent rien de sa détresse, mais qui la font se sentir femme à nouveau l’espace de quelques heures. Une note d’espoir point à la fin du film, et il était temps : on sait que le brouillard étouffant de la précarité nous guette tous.

Trust, en salles depuis mercredi, le second long métrage de David Schwimmer (Ross de Friends) est une réussite, parfois un peu didactique mais le propos est suffisamment grave pour ne pas être traité à la légère ni de façon ambigüe. Une gamine de 14 ans (époustouflante Lian Liberato) est contactée par tchat par un certain Charlie, lycéen de 15 ans. Au fil du temps, une amitié se noue. Le Charlie en question se sent en confiance et lui avoue qu’il a en fait 20 ans, puis 25. La gamine hésite, mais ne prévient pas son père, pubard occupé mais prévenant (Clive Owen, en flux tendu pendant tout le film).

Charlie, profitant d’un week-end d’absence des parents d’Annie (la gamine), lui propose de la rencontrer dans un centre commercial. Jusqu’ici tout va bien, mais on sent le truc bien glauque qui arrive. Le mec en a au moins 35, Annie est terrorisée, en larmes, puis se laisse embobiner et guider par se mec qui lui chante combien elle est jolie et combien il l’aime. On est très sérieux sur ces choses-là quand on a 14 ans. Je ne spoile rien du tout, mais il y aura viol, qu’Annie refusera au début de considérer comme tel en continuant de défendre son bourreau contre son père qui s’échine à comprendre comment sa fille a pu tomber ses filets. Le violeur sera traqué et par le père et par le FBI. Pas facile de retrouver ces pros du chat, qui se planquent derrière des adresses IP en Hongrie et utilisent des téléphones jetables. L’ADN correspond, le mec est récidiviste. Il faudra ça pour que la gamine comprenne que son histoire n’a rien eu d’une amourette.

Là où le film est intéressant, c’est que la question de la marchandisation et de la chosification du corps des gamines est sans cesse mise en parallèle avec  la déviance et la perversion du violeur. Le personnage du père travaille pour une boite qui  élabore les campagnes de pub pour American Apparel, où l’on voit des mannequins extrêmement jeunes sourire à l’objectif à moitié nues et dans des poses très lascives… Tous coupables? La quête du jeunisme absolu fera-t-elle de nous des pédophiles en puissance? Certainement pas, mais de la lingerie sexy et des strings pour des gamines de 10 ans, on en trouve partout.

Ce film est tiré d’un fait divers, le réalisateur ayant été sensibilisé par une association de protection des mineurs au cours du tournage d’un épisode de Friends. Emu et bouleversé par cette histoire, il a décidé d’en faire un film, grandement financé par Clive Owen, par ailleurs. La plus jeune des victimes de ce violeur n’avait que 12 ans…

Et enfin, n’allez pas voir J. Edgar, excepté si vous êtes fan absolu de Di Caprio (comme moi), il a des lentilles brunes et son sex-appeal en est grandement modifié. Si vous y allez quand même, rincez-vous plutôt l’oeil avec celui qui fut  l’accolyte et compagnon de route  de Hoover pendant 40 ans, son fidèle ami (boyfriend?) Clyde Tolson, interprété par le sublime Armie Hammer, qui jouait un des frères Winklevoss spolié par Mark Zuckerberg dans The Social Network de David Fincher .

L’interprétation des acteurs est impéccable, malgré des couches et des couches de maquillage, qui en ont d’autant plus de mérite. Caprio est excellent, comme toujours, Noami Watts en secrétaire fidèle, admirablement bien vieillie, est formidable. Mention spéciale aussi à l’acteur qui joue un Nixon plus vrai que nature, sourire scotch brite, brushing compris et « fucking » à toutes les sauces.

Le film est court pour l’ampleur de la tâche (2h15), trop court. Même critique que pour les Marches du pouvoir, de Georges Clooney, il faut plus de temps pour asseoir et peindre un tel personnage, avec de telles zones d’ombres et ambiguïtés : profondément anti-communiste, raciste, gay refoulé, fils à maman, paranoïaque, charmeur implacable… Et plus de temps aussi pour éviter les clichés inhérents à ce scénario qui traite toute la vie d’un personnage secret et complexe. Judy Dench est parfaite en mère castratrice, mais la caricature guette (« je préfère avoir un fils mort qu’un fils homo »). On sent que Clint Eastwood est tiraillé entre son âme de Républicain et celle du citoyen progressiste engagé. Il aurait pu seulement se concentrer sur cette belle histoire d’amour et de fidélité entre deux hommes, qu’il a par ailleurs retranscrit avec finesse et pudeur, en laissant planer le doute, mais en se risquant à montrer cette histoire jusqu’alors taboue dans le grand public américain.

Mais l’on passe trop vite sur les relations de Hoover avec sa mère, ainsi qu’avec les belles actrices qui tombaient à ses pieds (Ginger Rogers par exemple) mais qui le terrorisaient littéralement. Explorer ses relations avec les différents présidents (il en connaîtra pas moins de 9 pendant une présidence de 48 ans) aurait également apporté des réponses. On passe aussi trop vite sur l’enlèvement et la mort du petit Lindbergh, l’enfant du célèbre aviateur, résolue grâce à Hoover et les débuts de la police scientifique. Bref, on sent que Eastwood a de la sympathie pour le directeur du FBI, bien qu’il s’en défende dans de multiples interviews,  et c’est bien ça le problème. Hoover était loin d’être sympathique. En choisissant de montrer ses failles personnelles, sa fragilité, plutôt que ses actes professionnels malveillants et malhonnêtes, le réalisateur choisit finalement le consensus, en restant à la surface de la vie ce control freak frustré et aigri, sans jamais en approfondir un aspect.  Il est vrai qu’il est difficile de raconter la vie de ce paranoïaque si secret, mais tout réalisateur est maître de son oeuvre et peut offrir son interprétation de l’histoire. Eastwood offre ici  un film au scénario lénifiant qui manque cruellement de point de vue. Re-dommage.

Mais rien n’est joué, et ça vaut la peine de se plonger dans le passionnant roman de Marc Dugain, La malédiction d’Edgar, qui raconte les relations particulièrement tumultueuses voire hostiles entre Hoover et les Kennedy.

Ah oui, j’oubliais, Millenium version David Fincher, avec Daniel Craig et Rooney Mara est un peu en acceléré elle aussi, en tous cas du point de vue du scénario.  La version suédoise du premier épisode est en effet plus détaillée et plus minutieuse, mais aussi beaucoup plus classique (trop?). Naomi Rapace y campe tout de même une Lisbeth Salander inoubliable et beaucoup plus animale que Rooney Mara, avec sa tête de poupon anorexique, mais dont la sensualité effarouchée et naïve fait mouche.

The Girl with the dragon tattoo sent la patte Fincher et le rythme du film est incontestablement plus soutenu, l’image plus belle et le parti pris scénique plus marqué. Mention spéciale au générique du film, montage halluciné et syncopé en image de synthèse de corps déformés et recouverts de ce qui semble être toute la boue des horreurs de ce monde, et tout ça sur la magnétique Immigrant Song de Led Zeppelin, reprise par le dieu Trent Reznor. Effet garanti.

La scène dans laquelle Lisbeth se venge sur un des hommes qui n’aimait pas les femme est toujours aussi jouissive, et rien que pour tout ça, on y retourne les yeux fermés (et un peu pour Daniel Craig, décidément très sexy en lunettes).

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Le choc des titans

Perso, je trouve Carl Jung beaucoup plus sexy que Sigmund Freud, non?

Faut dire que le pauvre Viggo a hérité d’un faux nez pour faire plus vrai,  mais c’était nécessaire.

 

Tout ça pour dire que j’ai passé un très bon moment de cinéma pour finir cette année 2011 et que je sais déjà que je vais en passer encore beaucoup d’autres en 2012…

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Grand ménage d’hiver

Hier soir, tard, j’ai été prise d’une irrépressible envie de ranger et redécorer mon (petit) appart. Et de trouver une solution pour ranger un maximum de bordel dans un minimum de place (40 m² et deux pièces).

La première idée qui vient à l’esprit, c’est bien sûr la magie Ikea, qui propose de fabuleux systèmes pour donner l’impression que vous vivez à Versailles alors que vous pouvez cuire un oeuf de vos toilettes (j’exagère à peine pour certains apparts parisiens). Voici leur clip très instructif :

Dans la réalité, les choses sont un peu plus compliquées.

Que faire quand la cave est squattée par les vieilles affaires de vos proprios qui ont eux-mêmes un appart presque trois fois comme le vôtre ? Que faire quand on est une acheteuse compulsive de bijoux, accessoires, sacs, chapeaux, chaussures (ah, ces chaussures inrangeables!), vêtements, blousons, manteaux? Que faire si votre mec adore aussi les chaussures, qu’il a peu de fringues (vous lui laissez déjà le quart de votre armoire Ikea Pax à double portes coulissantes, elle-même coiffée de plusieurs énormes boîtes de rangement couleur chocolat, chics mais un peu imposantes, pour stocker les fringues d’été), mais qu’il est musicien et qu’il faut trouver la place pour un grand clavier, un ampli guitare (ou basse, je sais plus, y’en a un qui doit traîner quelque part dans la cave de belle-maman ou beau-papa), deux guitares électriques, une guitare douze cordes (au son magnifique mais à l’encombrement maximal), et une basse, sans compter les deux enceintes énormes et le caisson de basse qui ne saurait tarder, parce que vous comprenez, on n’entend pas assez bien la musique quand il y a du monde et les gens ne dansent pas dans nos soirées s’il n’y a pas de basses…

Bref, chaque chose à sa place, et les vaches seront bien gardées. Si on commence à poser des trucs et des fringues partout dans le salon, alors que leur place est dans la chambre, l’appart va finir par ressembler à une caravane (sans vouloir offenser les propriétaires de caravanes).

– Premièrement : trier les fringues qu’on ne porte plus (non, on ne remettra jamais ce pull hideux Custo Barcelona acheté sous acide il faut croire),

C’était pas exactement celui-là, mais ça reste dans l’esprit… chargé…

les donner à l’Abbé Pierre, vendre les livres qu’on n’a jamais lu ou qu’on n’a pas aimé chez Gibert, jeter les vieilles chaussures irréparables, et ben, déjà, le gain de place et là et les étagères respirent un peu mieux. Même plus besoin de pleurer pour une pièce en plus qui ferait dressing/bureau (et qui contenterait d’un coup d’un seul les deux moitiés du couple). Parce que si je m’écoutais, je me serais bien vue me préparant le matin dans ça :

Mais comme la vie est mal faite, on va se contenter de :

– Deuxièmement, commander chez Ikea une nouvelle mini Billy pour ranger les livres et DVD qui dégueulent de le Billy du salon (les deux Billy de la chambre frôlent déjà l’overdose), une nouvelle chaise de bureau design pour remplacer l’horreur de chez Conforama complètement déglinguée, et puis pour un coin de la chambre une très haute et très étroite commode Malm un peu moche, mais que je vais vite redécorer au pochoir ou au pinceau (qui a dit « on n’espère pas comme ton Ganesh »?), avec miroir intégré, rangement pour bijoux et six tiroirs qui accueilleront avec plaisir ma lingerie fine ou tout autre objet dont je ne saurai que faire (et il y’en a beaucoup).

Et comme je suis partie sur ma lancée, je tiens à vous informer qu’en ce moment et jusqu’au 3 janvier, tous les détenteurs de la carte Monoprix ont 30% de réduc sur le linge de maison.

Je suis aussi passée me faire plaisir dans un chouette magasin de la rive gauche (pas de sarcasmes, c’est tout près de mon lieu de travail), ça s’appelle la Joie de Vivre (!), et on y trouve tout un tas d’objets déco (verres, bougeoirs, bougies, vaisselles, petits meubles) très raffinés et so cosy.

Et vous, vous faites quoi pour mettre votre nid douillet à la sauce 2012?

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Mon cadal à moi

Je n’ai pas attendu la veillée de Nawel pour m’offrir mon cadeau à moi-même. C’est déjà fait depuis un mois.

En effet, j’ai craqué pour un sac à main (à épaule en l’occurrence). Non ce n’est pas le Premier Flirt de Lancel, au tarif décidément trop indécent. Et à la réflexion, il fait trop da-dame. J’ai décidé de laisser parler la rebelle qui est en moi, et j’ai opté pour un sac de la marque Velvetine, hippy-chic en cuir camel, avec plein de longues franges comme j’aime, style « ma Harley est garée sur le trottoir d’en face ».

Mon fameux Eddie, en version chocolat.

Velvetine  a littéralement enflammé les modeuses de la blogosphère. Pour ma part, je l’ai découvert grâce à ma modeuse préférée (merci ma Flo!) et j’ai profité de quelques promotions sur le site pour me faire plaisir.

Anne-Cécile Couetil a fondée Velvetine en 2005, et ses créations sont très rock-folk, avec des clins d’œil à la haute joaillerie (elle a d’ailleurs commencé avec sa propre ligne de bijoux et de sacs du soir, comme sa pièce phare, le sac noeud).

Presque tous les sacs sont agrémentés du fameux fermoir en forme de croix, et portent le nom d’icônes du rock. Pour ma part, j’ai craqué pour le Eddie, mais le Sid, le Jarvis et le Pete sont tous aussi irrésistibles!

Le cuir des sacs est soigneusement choisi dans le Sud de l’Italie et ceux-ci sont fabriqués à Paris et au Portugal.

N’hésitez pas à commander en direct sur le site de vente en ligne Velvetine, la livraison est hyper rapide! Et même plus besoin d’attendre le prétexte de  Noël ou des soldes de janvier, à vos claviers!

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Champagne!

En cette veille de veille de Noël, il est encore temps pour moi de vous donner une idée cadeau de dernière minute, pour les retardataires que je devine nombreux.

Comme tous les ans, le champagne va couler à flots pour les fêtes et va d’ailleurs grandement aider à faire passer la pilule toujours douloureuse du Noël interminable en famille…

Mais saviez-vous que le champagne doit son apparition aux caprices de la météo ? Qu’il vaut mieux le servir dans une flûte pour préserver ses bulles et son arôme? Qu’il faut le verser en inclinant le verre? Que ce n’est pas du gaz carbonique qui s’échappe de la bouteille que l’on ouvre mais de la vapeur d’eau (comme les nuages) ? Que le nombre de bulles et leur finesse n’ont rien à voir avec la qualité du champagne? Que les bulles apparaissent grâce aux micro-poussières qui recouvrent les parois du verre? Que le rouge à lèvres accélère l’éclatement des bulles? Que c’est la bulle de champagne qui véhicule les arômes comme l’écume des vagues les embruns? Que l’on compte en moyenne deux millions de bulles par flûte, et qu’elles tourbillonnent ?

Pour tout savoir sur la vie et la mort d’une bulle de champagne, et pour le déguster intelligemment, précipitez-vous sur le magnifique Voyage au coeur d’une bulle de champagne, de Gérard Liger-Belair et Guillaume Polidori. Deux scientifiques passionnés et passionnants vous invitent à découvrir dans un beau-livre riche de superbes photographies, les secrets du breuvage le plus glamour jamais inventé (à consommer avec modération,en théorie).

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